Bruxelles frappée par des attentats, dizaines de morts

le , mis à jour à 14:25
0
 (Répétition mastic §2) 
    * L'aéroport et le métro de Bruxelles visés 
    * "Ce que nous redoutions s'est réalisé", dit le Premier 
ministre 
    * Pas encore de bilan définitif ni de revendications 
    * Renforcement de la sécurité en Europe 
 
 (Actualisé avec nouveaux éléments, changement de slug) 
    BRUXELLES, 22 mars (Reuters) - Une série d'explosions a 
frappé le métro et l'aéroport de Bruxelles mardi matin à une 
heure d'affluence, faisant entre 26 et 34 morts selon les 
bilans, et conduit à un renforcement des mesures de sécurité 
ailleurs en Europe. 
    Aux alentours de huit heures locales, deux explosions, dont 
une serait l'oeuvre d'un kamikaze selon le parquet fédéral 
belge, ont retenti à l'aéroport Bruxelles-Zaventem et, une 
demi-heure plus tard, une autre a secoué la station de métro 
Maelbeek, en plein quartier européen. 
    "Ce que nous redoutions s'est réalisé. Notre pays et nos 
concitoyens ont été frappés par deux attentats aveugles, 
violents et lâches", a déclaré le Premier ministre belge, 
Charles Michel, évoquant de "nombreux" morts. 
    Le dernier bilan des pompiers, cités par la chaîne de 
radio-télévision publique RTBF, faisait état de onze morts à 
l'aéroport et la régie des transports bruxellois, la Stib, 
parlait de 15 victimes dans le métro. 
    Un peu plus tard, la chaîne publique néerlandophone VRT a 
quant à elle avancé un bilan de 34 morts, 20 dans le métro et 14 
sur le site de Bruxelles-Zaventem. 
    "Pour le moment, il est trop tôt pour donner un nombre 
précis de victimes. La priorité a été donnée au traitement des 
blessés dont certains sont gravement blessés", a en revanche 
affirmé le procureur fédéral, Frédéric Van Leeuw. 
    Des images de l'aéroport diffusées sur les réseaux sociaux 
montraient dans la matinée des panaches de fumée au-dessus du 
terminal, des vitres brisées et des passagers en train d'évacuer 
le bâtiment par le tarmac.  
    Sur plusieurs vidéos, on pouvait voir le sol du hall jonché 
de plaques du faux plafond.  
    Le journaliste de la chaîne britannique Sky News Alex Rossi, 
qui se trouvait à l'aéroport, a dit avoir entendu deux 
"explosions très, très fortes".  
    "J'ai senti le bâtiment bouger. Il y avait de la poussière 
et de la fumée (...) Je suis allé là où avait eu lieu 
l'explosion et il y avait des gens qui sortaient, ils semblaient 
très choqués." 
    L'explosion dans le métro s'est produite non loin du siège 
de la Commission européenne, lorsqu'une rame arrivait à la 
station Maelbeek à l'heure de pointe du matin.     
     
    CONTRÔLES AUX FRONTIÈRES 
    Ces attentats, qui interviennent quelques jours après 
l'arrestation de Salah Abdeslam, soupçonné d'avoir joué un rôle 
actif dans les attaques du 13 novembre dernier à Paris et 
Saint-Denis, n'ont pas été revendiqués pour le moment. 
    Des perquisitions étaient en cours mardi en milieu de 
journée, rapporte la RTBF, citant des sources judiciaires. 
    "Des personnes suspectées d'être liées aux attentats sont 
activement recherchées, y compris par des patrouilles de police 
en rue", ajoute la chaîne publique francophone. 
    Ces attaques ont entraîné un renforcement des mesures de 
sécurité dans les transports en Belgique et dans les pays 
voisins ainsi qu'à l'annulation de certains trains et de 
certains vols en provenance et à destination de Bruxelles. 
    La compagnie ferroviaire Thalys, qui relie notamment Paris à 
Bruxelles et Amsterdam, a annoncé sur Twitter l'arrêt complet de 
la circulation. 
    Plus aucun train Eurostar ne part ou n'arrive dans la 
capitale belge, a écrit la société ferroviaire sur le site de 
réseau social. 
    L'aéroport de Bruxelles a fait savoir que tous les vols 
étaient suspendus au moins jusqu'à 06h00 (05h00 GMT) mercredi 
matin. 
    En France, le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve a 
annoncé le déploiement de 1.600 policiers et gendarmes 
supplémentaires, en particulier aux frontières et dans les 
infrastructures de transports aériens, maritimes et 
ferroviaires. 
    "La guerre contre le terrorisme doit être menée dans toute 
l'Europe et avec les moyens qui sont nécessaires, et notamment 
en matière de renseignements", a déclaré le président français, 
François Hollande.     
    La police fédérale allemande a également annoncé le 
renforcement de ses contrôles aux frontières avec la Belgique, 
la France, les Pays-Bas et le Luxembourg. 
    De même, plusieurs pays européens, comme les Pays-Bas, le 
Danemark, la Suède et la Finlande ont fait savoir qu'ils 
renforçaient les mesures de sécurité dans les aéroports et 
certains lieux publics. 
    Lundi, le ministre de l'Intérieur belge, Jan Jambon, avait 
déclaré que le pays restait en état d'alerte en raison des 
risques de représailles à la suite de l'arrestation de Salah 
Abdeslam.  
    Le niveau d'alerte a été relevé mardi matin à 4, le niveau 
le plus élevé, dans l'ensemble de la Belgique.  
 
 (Bureau de Bruxelles, avec Jean-Baptiste Vey à Paris; Pierre 
Sérisier et Simon Carraud pour le service français) 
 
Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant