Bruxelles et Pékin s'accordent sur les panneaux solaires

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ACCORD TROUVÉ ENTRE BRUXELLES ET PÉKIN SUR LES PANNEAUX SOLAIRES
ACCORD TROUVÉ ENTRE BRUXELLES ET PÉKIN SUR LES PANNEAUX SOLAIRES

par Robin Emmott et Ben Blanchard

BRUXELLES (Reuters) - La Chine et l'Union européenne sont parvenues samedi à un accord sur le contentieux commercial de plusieurs milliards de dollars qui les opposait sur la vente de panneaux solaires chinois à l'Europe.

Bruxelles estimait que Pékin tentait d'inonder le marché européen de panneaux solaires vendus à des prix inférieurs au coût de revient.

Après six semaines de tractations, les négociateurs européens et chinois sont convenus d'un prix plancher, proche de celui du marché, pour ces exportations chinoises dont le montant a atteint 21 milliards d'euros l'an passé.

L'Europe menaçait d'alourdir ses tarifs douaniers à compter du 6 août.

Mais redoutant d'offenser les dirigeants chinois et de perdre une partie de l'accès à la deuxième économie mondiale, plusieurs pays Européens, Allemagne en tête, étaient opposés à cette option.

"Nous avons trouvé une solution à l'amiable", a commenté Karel De Gucht, commissaire européen au Commerce. "Je suis satisfait de l'offre d'engagement de prix présentée par les exportateurs de panneaux solaires chinois", a-t-il ajouté.

Un porte-parole du ministère chinois du Commerce a salué l'accord comme "une issue positive et très constructive".

De source diplomatique européenne, on précise que le prix négocié est de 0,56 euro par watt, mais cela ne devrait pas être suffisant pour satisfaire les constructeurs européens de panneaux solaires.

Ces derniers estiment que ce niveau de prix demeure du dumping. La Chine a vendu des panneaux à des prix allant jusqu'à 0,38 euro par watt, rappelle la Commission européenne.

Selon les termes de l'accord, la Chine fournira la moitié des besoins de l'Europe dans ce domaine. La consommation de l'Europe était de 15 gigawatts en 2012 et les Chinois fourniraient 7 gigawatts sans être soumis aux tarifs contenus dans l'accord, précise une source européenne.

MARCHÉ EN EXPANSION

La production chinoise de panneaux solaires a quadruplé entre 2009 et 2011 pour dépasser l'ensemble de la demande mondiale espérant profiter d'un marché des énergies renouvelables en pleine expansion en raison du réchauffement climatique.

Mais la crise financière mondiale et la crise de la dette dans la zone euro ont contraint les gouvernements de l'Union à limiter les généreuses subventions accordées à l'industrie solaire.

Cette situation, combinée à une politique commerciale agressive de la part des producteurs chinois, a entraîné la faillite de plusieurs entreprises européennes dans ce secteur.

Ainsi, le groupe allemand Conergy a été placé en redressement judiciaire en juillet.

Mais cette question des panneaux solaires a été éclipsée par l'enjeu plus large des relations commerciales entre les Européens et les Chinois.

L'Union européenne est le premier partenaire commercial de la Chine et cette dernière est le deuxième partenaire pour les Européens derrière les Etats-Unis.

Les exportations chinoises vers l'Europe ont atteint 290 milliards d'euros en 2012 et les exportations européennes vers la Chine, 144 milliards d'euros.

Le contentieux sur les panneaux solaires avait incité Pékin à ouvrir une enquête officielle sur les conditions de production et de financement des vins produits dans la communauté et commercialisés en Chine.

Pesait la menace de mesures de rétorsion qui auraient affecté des pays comme la France, l'Espagne et l'Italie.

Diplomates européens et chinois s'attendent désormais à ce que cette enquête soit abandonnée en guise de geste de bonne volonté, bien qu'aucune précision n'ait été fournie à ce sujet pour l'instant.

A Paris, la ministre du Commerce extérieur, Nicole Bricq, a salué avec prudence l'accord conclu samedi.

"La France a toujours plaidé pour une résolution de ce conflit par la négociation et pour un strict respect des règles du commerce international", rappelle-t-elle dans un communiqué. "Nous attendons aujourd'hui de connaître les termes exacts de cet accord avant de nous prononcer", ajoute-t-elle. "Je souhaite qu'il permette, en retour, que les autorités chinoises mettent fin à l'enquête antidumping lancée sur le vin européen."

Robin Emmott, avec Marine Pennetier à Paris,; Pierre Sérisier pour le service français

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