Bruxelles envisagerait de reculer sur les agrocarburants

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L'UE pourrait limiter la part des agrocarburants dans le bouquet énergétique du secteur des transports à 5 % à l'horizon 2020. Un moindre mal...
L'UE pourrait limiter la part des agrocarburants dans le bouquet énergétique du secteur des transports à 5 % à l'horizon 2020. Un moindre mal...

La multiplication d'expertises à charge a semble-t-il fini par interpeller l'Union Européenne (UE), qui pourrait réviser ses objectifs initiaux.


Qu'il semble loin, le temps où les agrocarburants étaient le must de l'avis des spécialistes et des associations de protection de l'environnement. ZE alternative pour émettre vraiment moins de gaz à effet de serre au volant, rouler « propre » sans pour autant investir dans une voiture électrique ou hybride.


Et puis un nombre croissant d'études a montré que leur empreinte carbone était au bout du compte très supérieure à celle des combustibles traditionnels. C'est désormais une certitude scientifique et environnementale, même si le secteur est encore largement soutenu à l'échelle planétaire : un peu de maïs ou de betterave dans le réservoir provoque beaucoup de dommages collatéraux, en particulier des expropriations de terres en cascade sur le continent noir et un déboisement massif.


En fait de panacée, les biocarburants de première génération, dont la responsabilité dans la crise alimentaire mondiale de 2007-2008 est établie, sont une catastrophe. Ce qui explique pourquoi les essences alternatives élaborées à partir de microbes, de déchets organiques, d'huile de friture ou encore de graisse de canard ont pris le relais.


Tout n'est cependant pas réglé, loin de là, et les décideurs continuent d'allouer de généreuses subventions à la filière, notamment au Brésil, aux États-Unis et dans l'Union Européenne (UE). Cette dernière n'en est donc pas encore complètement revenue, mais elle projetterait tout de même de réviser ses desseins originels « en plafonnant l'utilisation (des essences propres ou prétendues telles) qui ont un fort impact sur l'affectation des sols à travers un projet de loi qui pourrait être publié courant octobre », rapportent nos confrères de l'AFP.



L'énergie durable, la vraie...


En d'autres termes, l'objectif initial de 10 % de la consommation d'énergie dans le secteur des transports issus de l'énergie durable pourrait avoir vécu, sachant que comme le rappelle l'Agence « cette législation n'avait pas pris en compte les conséquences néfastes du boom de certains biocarburants sur l'affectation des sols ? déforestation, pénuries de céréales etc. - qui sont aujourd'hui vivement dénoncées par les ONG environnementales et de développement ou par l'ONU ».


D'après une source européenne, Bruxelles considère désormais qu'il faut « faire évoluer le bouquet énergétique de biocarburants en faveur des plus performants » et des plus neutres au niveau de l'impact sur les sols. Pour ce faire, la part des essences issues des cultures alimentaires pourrait finalement être maintenue à 5 % à l'horizon 2020, soit à peine un demi point de plus qu'aujourd'hui.


Cité par l'AFP, Robbie Blake, membre de l'association Les Amis de la Terre, a apprécié ce probable changement de cap ? comptons néanmoins sur les pressions des acteurs du secteur pour tuer ce projet dans l'oeuf -, mais estime qu'il faudrait aller jusqu'à « supprimer le recours (auxdites essences) », ce qui ne sera très certainement pas le cas. De son côté, le directeur général de la FAO (Food and Agriculture Organization) José Graziano da Silva, dans la droite ligne d'un rapport de l'organisme onusien dénonçant les « pressions sur des ressources clef comme l'eau et les terres » que peut avoir le développement des bioénergies « lorsqu'il n'est pas bien géré », a appelé le mois dernier les États-Unis à suspendre leur production de bioéthanol à partir de maïs pour éviter une nouvelle crise alimentaire.


On aimerait qu'il soit entendu.


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