Bruxelles en alerte maximale pour le troisième jour d'affilée

le , mis à jour à 10:25
1

* La police a mené une série de perquisitions dimanche soir * Seize personnes ont été interpellées * La traque de Salah Abdeslam se poursuit * Un millier de membres des forces de sécurité mobilisés par Gabriela Baczynska et Philip Blenkinsop BRUXELLES, 23 novembre (Reuters) - Métro, écoles et musées fermés, soldats en patrouille dans les rues: la ville de Bruxelles s'est réveillée lundi matin en état d'alerte maximale pour la troisième journée d'affilée. Les autorités belges, qui redoutent des attentats similaires à ceux commis le 13 novembre dernier à Paris et Saint-Denis, ont annoncé dans la nuit que la police avait mené dans la soirée de dimanche 19 perquisitions dans la région de Bruxelles et procédé à 16 interpellations. Mais Salah Abdeslam, recherché dans le cadre de l'enquête sur les attaques du 13 novembre, est toujours en fuite, a précisé le parquet fédéral de Belgique. Lors d'une conférence de presse organisée peu après minuit, le parquet a ajouté que trois perquisitions avaient également été menées à Charleroi et que la police avait ouvert le feu à deux reprises sur un véhicule suspect à Molenbeek, la commune dont est originaire Salah Abdeslam, blessant son conducteur qui a été arrêté. "Nous pouvons indiquer qu'aucune arme ou explosif n'a été trouvé. Salah Abdeslam n'a pas été interpellé pendant les opérations", a déclaré le procureur Eric Van Der Sypt. Selon le parquet fédéral, rien ne permet à ce stade de rattacher l'incident à Molenbeek à la menace terroriste qui pèse sur la capitale belge, où le Premier ministre Charles Michel décidé de reconduire pour la journée de lundi le niveau d'alerte maximale. Les autorités ont placé Bruxelles en état d'alerte de niveau 4, qui correspond à une menace "sérieuse et imminente", dans la nuit de vendredi à samedi. "Ce que nous redoutons, c'est une attaque similaire à celle de Paris, avec plusieurs individus qui lancent des offensives à plusieurs endroits en même temps", a dit Charles Michel lors d'une conférence de presse tenue dimanche en début de soirée à l'issue d'une réunion du Conseil national de sécurité convoquée pour réévaluer le niveau de menace. Un nouveau point sera effectué dans l'après-midi par le gouvernement. Tout sera fait pour que les choses reprennent un cours normal le plus rapidement possible, a assuré le chef du gouvernement. Son ministre de l'Intérieur, Jan Jambon, a déclaré que l'agglomération de 1,2 million d'habitants n'était pas totalement à l'arrêt: de nombreuses entreprises et administrations sont ouvertes, a-t-il dit au micro de la radio RTL Belgique. Il a précisé qu'en comptant les forces de sécurité, les militaires et les policiers, un millier de personnes en tout étaient mobilisées. La présidence du Conseil de l'Union européenne a indiqué dimanche soir que la réunion de l'Eurogroupe (ministres des Finances de la zone euro) prévue dans l'après-midi de lundi à Bruxelles était maintenue. PLUSIEURS TERRORISTES RECHERCHÉS Les autorités belges craignent des attentats djihadistes comparables à ceux qui ont frappé Paris et Saint-Denis il y a dix jours, faisant 130 morts et 350 blessés. Deux des kamikazes de Paris, Brahim Abdeslam et Bilal Hadfi, ont vécu en Belgique, de même qu'Abdelhamid Abaaoud. Ce Belge d'origine marocaine, tué dans l'assaut de mercredi à Saint-Denis, est considéré comme l'un des chefs opérationnels des attentats. De son côté, Salah Abdeslam, frère de Brahim, a regagné Bruxelles au lendemain des attentats de Paris et sa trace a été perdue. (voir ID:nL8N13E29T ) Mohamed Abdeslam, frère de Brahim et de Salah, a exhorté ce dernier à se rendre aux policiers. Interrogé par la RTBF, il a déclaré que son frère, qui devait probablement faire partie des kamikazes, était encore en vie parce qu'il avait changé d'avis au dernier moment, alors qu'il était encore à Paris. Mais le dispositif de sécurité exceptionnel mis en oeuvre dans la capitale belge n'est pas lié à la seule possible présence de Salah Abdeslam. "Il s'agit de plusieurs suspects, c'est pourquoi nous avons mis en place une telle concentration de moyens", a dit le ministre de l'Intérieur. Selon Bernard Clerfayt, maire de Schaerbeek, l'une des communes de Bruxelles-Capitale, il y aurait actuellement "deux terroristes" dans la région prêts à commettre des attentats. La ville de Bruxelles, où siègent l'Otan et les institutions européennes, n'avait pas été placée en état d'alerte maximale depuis fin 2007-début 2008, pendant une période d'un mois environ, lorsque les autorités avaient éventé un complot visant à faire évader l'islamiste tunisien Nizar Trabelsi de sa prison belge. (Jean-Stéphane Brosse, Guy Kerivel, Eric Faye, Tangi Salaün et Henri-Pierre André pour le service français)

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
  • M7940311 le lundi 23 nov 2015 à 10:32

    Il fallait agir AVANT ! Maintenant, le ver est dans la pomme.