Bruxelles défend une stratégie différenciée sur les déficits

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BRUXELLES (Reuters) - Si les pays actuellement sous la pression des marchés doivent poursuivre leurs efforts de réduction des déficits, ceux disposant de marges de manoeuvre doivent au contraire laisser jouer les stabilisateurs automatiques pour contrer le ralentissement de la reprise, a estimé lundi la Commission européenne.

Dans son rapport annuel sur les finances publiques des Etats membres de l'UE, l'exécutif communautaire a par ailleurs jugé "favorables" les hypothèses liées à la réduction de la dette et des déficits publics français et a appelé Paris à se tenir prêt à prendre de nouvelles mesures d'économie si nécessaire.

"La stratégie européenne d'une consolidation budgétaire différenciée et graduelle reste valide face aux turbulences persistantes sur les marchés et aux incertitudes quant au rythme de la récupération", a dit le commissaire européen aux affaires économiques et monétaires, Olli Rehn, dans un communiqué.

"Les Etats membres actuellement sous la pression des marchés doivent continuer à remplir leurs objectifs budgétaires et prendre des mesures supplémentaires si besoin. Les Etats membres avec des marges de manoeuvre doivent laisser les stabilisateurs automatiques jouer pour contrer les effets d'un ralentissement de la reprise", a-t-il ajouté.

Selon les chiffres de la Commission, le ratio de la dette publique par rapport au PIB européen devrait continuer de grimper pour atteindre 83,3% en 2012, soit 20 points de PIB de plus qu'en 2007, lorsque la crise a débuté.

MESURES SUPPLÉMENTAIRES

Concernant la France, qui est à nouveau pointée du doigt pour ne pas avoir suffisamment fait d'efforts budgétaires en période de croissance, ce ratio devrait s'établir à 86,8% en 2012 - soit 22,9 points de plus qu'en 2007 - avant de commencer à décliner lentement.

Bruxelles juge aussi que les hypothèses sur lesquelles est basé le scénario français de réduction des déficits sont trop favorables, particulièrement en ce qui concerne les prévisions de croissance.

La France s'est engagée auprès de la Commission a faire repasser son déficit sous la barre des 3% de PIB, fixée par le Pacte de stabilité et de croissance, d'ici à 2013.

"Il n'est pas certain que les déficits excessifs seront corrigés d'ici 2013 sauf si des mesures supplémentaires sont prises", estime la Commission dans son rapport.

Elle invite donc les autorités françaises à "spécifier les mesures pour 2012 et au delà, à prendre des mesures supplémentaires si besoin et à utiliser tout surplus de revenus pour accélérer la réduction du déficit et de la dette".

Elle demande enfin de s'assurer de la soutenabilité du système de retraites et d'améliorer l'efficacité du système fiscal français, via une réduction des charges sociales au profit des taxes sur l'environnement et la consommation et via la réduction des niches fiscales.

Julien Toyer, édité par Gregory Schwartz

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