Bruxelles appelle l'Allemagne et les Pays-Bas à investir plus

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    BRUXELLES, 26 novembre (Reuters) - L'Allemagne et les 
Pays-Bas, qui ont de gros excédents de leurs balances des 
comptes courants, devraient investir davantage pour contribuer à 
relancer la croissance économique dans l'ensemble de la zone 
euro, a déclaré jeudi la Commission européenne. 
    L'exécutif européen a analysé les économies des 28 pays de 
l'Union européenne dans le cadre d'un exercice annuel appelé 
procédure concernant les déséquilibres macro-économiques (PDM) 
qui vise à identifier les problèmes et tenter de les régler 
avant qu'ils ne prennent de l'ampleur. 
    Dans son rapport, la Commission souligne qu'afin de soutenir 
la reprise modérée de la zone euro et l'inflation qui y est 
durablement faible, les Etats européens devraient se concentrer 
l'an prochain sur l'investissement, les réformes structurelles 
et l'assainissement de leurs finances publiques.  
    La responsabilité des investissements revient avant tout aux 
pays comme l'Allemagne et les Pays-Bas qui en ont les moyens, 
dit-elle.  
    "Le risque d'une période prolongée de croissance faible et 
d'inflation faible au niveau de la zone euro devrait être 
atténué notamment par les pays qui sont les mieux placés pour 
augmenter leurs investissements", écrit la Commission.  
    "C'est la cas de l'Allemagne et des Pays-Bas dont les 
excédents de comptes courants devraient rester élevés dans les 
années à venir", ajoute-t-elle tout en notant que la persistance 
d'excédents reflète le manque d'impulsion de la demande 
intérieure pour soutenir la croissance de ces pays.  
    Elle juge qu'un excédent supérieur à 7% du PIB est excessif 
alors que celui de l'Allemagne a atteint 7,8% l'an dernier. 
    L'excédent allemand devrait être de 8,7% cette année, 8,6% 
en 2016 et 8,4% en 2017, précise la Commission.   
    L'excédent des Pays-Bas devrait être encore plus élevé. Il 
est largement supérieur à 10% du PIB depuis 2012 et ne devrait 
retomber à 9,6% qu'en 2017. 
    La Commission a également averti, dans un rapport sur la 
France, l'Italie et la Belgique, que le niveau élevé des dettes 
publiques de ces trois pays et à la faiblesse de leur potentiel 
de croissance, les rendaient vulnérables aux chocs économiques. 
    La situation économique des trois pays "augmente la 
probabilité de trajectoires instables en matière de ratio 
dette-sur-PIB et de vulnérabilité aux chocs négatifs", selon le 
rapport annuel sur le Mécanisme d'Alerte. 
    Le tableau de bord de la PDM fournit le socle statistique au 
rapport annuel sur le Mécanisme d'Alerte de la Commission, 
publié chaque année. Les pays qui ont des déséquilibres 
persistants sans prendre en compte les avertissements de la 
Commission peuvent éventuellement se voir imposer une amende.  
    La dette publique de la France devrait continuer à croître, 
pour atteindre 97,4% du PIB du pays en 2017, estime la 
Commission, tandis que la Belgique devrait voir son ratio 
dette/PIB atteindre un pic de 107,1% en 2016, avant de 
décroître. 
    La dette publique de l'Italie devrait augmenter cette année 
à 133% du PIB, ce qui en fera le pays de l'Union européenne le 
plus endetté après la Grèce, selon les prévisions du 5 novembre 
de la Commission. Elle devrait diminuer en 2016 et 2017. 
    Le potentiel de croissance -- taux auquel une économie peut 
croître sans relancer l'inflation -- se situe autour ou juste 
au-dessus de 1% pour la France et la Belgique, un niveau qui se 
situe dans la moyenne de la zone euro. Mais pour l'Italie, il 
est négatif cette année et devrait être nul l'an prochain. 
 
 (Jan Strupczewski et Francesco Guarascio; Juliette Rouillon 
pour le service français, édité par Patrick Vignal) 
 
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