Bruno Le Roux admet une erreur de communication sur Florange

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LE PATRON DES DÉPUTÉS PS ADMET UNE ERREUR DE COMMUNICATION DU GOUVERNEMENT SUR FLORANGE
LE PATRON DES DÉPUTÉS PS ADMET UNE ERREUR DE COMMUNICATION DU GOUVERNEMENT SUR FLORANGE

PARIS (Reuters) - Le patron des députés socialistes a estimé vendredi que le gouvernement avait pu faire une "erreur de communication" dans la gestion du dossier de l'usine ArcelorMittal de Florange, en laissant penser qu'une nationalisation pouvait être la solution.

"L'erreur, ça a pu être à un moment donné de faire que ce qui nous apparaissait comme un moyen de pression soit vécu comme l'unique solution", a déclaré Bruno Le Roux à Reuters.

"C'est pour ça que (le Premier ministre) Jean-Marc Ayrault a repris vendredi soir, de façon peut-être même un peu brutale, la main sur ce dossier", a-t-il ajouté. "Son souci est qu'il voyait bien les salariés en train de basculer dans cette solution, qui n'était pas viable et impossible à mettre en oeuvre."

Le ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg, avait évoqué une nationalisation temporaire, le temps de trouver un repreneur pour l'ensemble du site de Florange. La présidence de la République avait fait savoir que c'était effectivement sur la table des négociations avec ArcelorMittal.

L'accord finalement conclu avec le numéro un mondial de l'acier vendredi a été non seulement une "déception terrible" pour les salariés de Florange mais aussi pour une partie des députés socialistes, souligne Bruno Le Roux.

Pour lui, comme pour Jean-Marc Ayrault, il n'y avait pas d'autre solution que l'accord de vendredi, qui a permis de sauver plus de 600 emplois mais laisse la question industrielle ouverte et suspendue au projet européen d'expérimentation du procédé Ulcos de production d'acier à faible émission de CO2.

Une nationalisation temporaire aurait nécessité l'accord de Mittal, faute de quoi "on entrait dans une procédure longue, contentieuse, avec des dommages collatéraux possibles sur d'autres sites", explique-t-il.

"NI NAÏVETÉ, NI MENSONGE"

"On a besoin de pédagogie sur ce dossier", a poursuivi Bruno Le Roux, pour qui le gouvernement n'a pas non plus été assez loin dans l'explication concernant le projet Ulcos.

L'annonce du retrait de la candidature d'ArcelorMittal d'un premier appel d'offres pour ce projet a provoqué jeudi la colère des salariés et des syndicats de l'usine de Florange et l'incompréhension de nombre de responsables politiques.

Pour le patron des députés PS, il y a eu là aussi une communication insuffisante. "Nous étions nous-mêmes sceptique sur Ulcos 1 et nous savions qu'il fallait passer à un nouveau projet Ulcos", explique-t-il. "On a peut-être manqué d'anticipation."

"Je ne suis pas sûr qu'avec le groupe Mittal nous partagions exactement au même niveau la même envie d'avoir le démonstrateur Ulcos à Florange", ajoute-t-il. "Il y a un travail de conviction à faire, il faut l'entraîner avec nous."

Interrogé par BFM-TV et RMC, le ministre de l'Economie a pour sa part assuré qu'il n'y avait eu "ni naïveté ni mensonge" dans la gestion par le gouvernement du dossier Florange.

Manier "l'arme" de la nationalisation temporaire "pour créer un rapport de force avec Mittal était juste", a déclaré Pierre Moscovici, qui a promis que le gouvernement se battrait pour que le projet Ulcos voie le jour.

De façon plus générale, Bruno Le Roux estime quant à lui que le gouvernement doit encore préciser sa doctrine sur la façon dont l'Etat peut retrouver une capacité d'intervention dans les domaines industriel et économique.

Emmanuel Jarry, édité par Yves Clarisse

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