Bruno Cholet se présente en victime à son procès

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BRUNO CHOLET, ACCUSÉ DU MEURTRE D'UNE ÉTUDIANTE SUÉDOISE, REVIENT À SON PROCÈS
BRUNO CHOLET, ACCUSÉ DU MEURTRE D'UNE ÉTUDIANTE SUÉDOISE, REVIENT À SON PROCÈS

PARIS (Reuters) - Bruno Cholet, un délinquant sexuel multirécidiviste accusé de l'assassinat en 2008 d'une étudiante suédoise de 19 ans, Susanna Zetterberg, s'est dit mercredi victime d'une enfance difficile au premier jour de son procès à Paris, tout en niant le crime.

Cet homme de 55 ans, déjà condamné onze fois, dont deux fois pour viol, et qui a passé le plus clair de sa vie en prison, s'est expliqué devant la cour sur une lettre envoyée en 1984 au ministre de la Justice de l'époque, Robert Badinter, et où il promettait de devenir "un ennemi public n°1".

Il s'agissait d'une erreur de jeunesse, a-t-il dit.

"En vieillissant, on se bonifie comme le vin". Il nie l'assassinat et parle de machination policière à son encontre. Il encourt la réclusion à perpétuité avec 22 ans de sûreté. Le verdict est prévu mi-septembre.

C'est en montant dans un faux taxi à la sortie d'une boîte de nuit parisienne que Susanna Zetterberg avait été enlevée.

Le corps de la jeune fille, qui étudiait le français à la Sorbonne, avait été retrouvé le lendemain dans le bois de Chantilly. Elle était menottée les mains dans le dos, avait été poignardée et atteinte de quatre balles dans la tête. Son corps avait été partiellement calciné avec de l'essence.

La police était remontée jusqu'à Bruno Cholet en quelques jours, en raison du fait qu'il avait déjà été contrôlé pour exercice illégal de la profession de taxi.

ÉLÉMENTS À CHARGE

Une arme avec silencieux de même calibre que celle qui a servi à tuer la jeune fille, portant trace de faibles quantités d'ADN semblable à celui de la victime, ainsi qu'une boîte de cartouches et des menottes ont été retrouvées en possession de Bruno Cholet lors de son arrestation.

Les menottes, l'arme et les munitions étaient contenues dans un sac portant l'inscription au feutre "Susanna 377", que le suspect avait un temps enterré dans le bois de Boulogne.

Bruno Cholet, abandonné par sa mère, a été placé dès son plus jeune âge. Elevé dans un institut médico-pédagogique à partir de 11 ans, il est devenu dès sa sortie de ces structures délinquant et a commis un viol à l'âge de 19 ans.

"J'ai toujours été placé. Après, j'ai été incarcéré", a-t-il dit à la cour.

Les psychiatres et psychologues le décrivent aujourd'hui comme un pervers psychopathe et le jugent très dangereux.

Le dossier pourrait relancer une énième fois l'éternel débat sur la récidive car Bruno Cholet, qui était sorti de prison en octobre 2007, ne semble avoir jamais avoir fait l'objet d'une véritable thérapie en prison, malgré une condamnation en 1989 à 18 ans de réclusion avec 12 ans de sûreté pour le viol d'une fillette de douze ans et celui d'une auto-stoppeuse en 1983.

Lorsque la police l'a arrêté pour le meurtre de la jeune Suédoise, deux failles ont été découvertes dans son suivi.

Son empreinte génétique ne figurait pas au fichier national pourtant créé notamment pour retrouver après leur libération d'éventuels récidivistes. Son adresse ne figurait pas non plus à l'autre fichier des délinquants sexuels, créé pour le suivi géographique de ce type de criminels.

Ces questions reviennent régulièrement dans les procès français, les prisons surpeuplées et vétustes n'offrant quasiment aucune possibilité de soigner les pervers sexuels.

Les agents de probation censés les suivre, qui ont de l'ordre de 200 dossiers chacun à suivre, sont dans l'incapacité matérielle de convoquer les ex-détenus à échéances rapprochées, ce qui rend très théorique leur mise sous tutelle.

Thierry Lévêque, édité par Yves Clarisse

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  • london le mercredi 5 sept 2012 à 11:37

    La corde, pas la prison !!! A mort !!! Vive la peine de mort pour ce genre de monstre !!!