British Airways bat Virgin dans la course pour bmi

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par Myles Neligan

LONDRES (Reuters) - IAG, maison mère de British Airways et d'Iberia, a annoncé jeudi le rachat à la Lufthansa de la compagnie britannique déficitaire bmi pour 172,5 millions de livres (206,5 millions d'euros), reprenant ainsi de précieux créneaux d'atterrissage et de décollage qui étaient également convoités par Virgin.

Cette cession, qui doit encore obtenir le feu vert des autorités compétentes, donne au transporteur IAG 56 créneaux quotidiens d'atterrissage et de décollage supplémentaires à Londres Heathrow, principal aéroport en Europe par le trafic.

IAG se retrouve ainsi avec plus de la moitié des créneaux quotidiens à Heathrow. L'aéroport est à sa capacité maximum après l'annulation du projet de création d'un troisième module.

Virgin Atlantic , la compagnie de l'homme d'affaires Richard Branson, qui souhaitait elle aussi acquérir bmi, a annoncé son intention de demander aux autorités antitrust de bloquer l'opération pour atteinte à la concurrence.

"Nous combattrons ce monopole pied à pied, parce que nous pensons qu'il est mauvais pour le consommateur, mauvais pour le secteur et mauvais pour la Grande-Bretagne", a déclaré Richard Branson.

IAG, qui détient pour l'instant 43,1% des créneaux à Heathrow, en détiendra autour de 52% si le rachat de bmi est accepté par les autorités de la concurrence.

Le directeur général d'IAG Willie Walsh a évoqué une "occasion unique" de croissance, dans un communiqué. "Utiliser le portefeuille de créneaux plus efficacement fournit l'occasion de lancer de nouvelles destinations long-courriers vers d'importants pays", a déclaré Willie Walsh.

Il a précisé qu'il y aurait des suppressions d'emplois, sans donner de chiffre. Les pertes de bmi se sont élevées à 153 millions de livres avant impôt l'an dernier.

"Compte tenu de l'ampleur des pertes de bmi, il y a un besoin urgent de restructurer l'entreprise", explique le directeur général d'IAG Willie Walsh dans un communiqué. "Malheureusement, cela veut dire des pertes d'emplois mais nous préserverons un nombre important d'emplois de haut niveau au Royaume-Uni".

Pour Lufthansa, la cession de bmi se traduira par une moins-value sur la vente, mais la compagnie allemande aura pour avantage de ne plus avoir à consolider une filiale "structurellement déficitaire", comme le souligne Stefan Kick, analyste chez Silvia Quandt à Francfort.

En Bourse, IAG gagne 2% à 148,06 pence et Lufthansa 1,65%.

IAG espère obtenir le feu vert pour cette reprise fin mars.

Lufthansa a la possibilité de vendre les filiales "bmi regional" et "bmibaby" avant la conclusion de la transaction.

Danielle Rouquié pour le service français, édité par Wilfrid Exbrayat

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