"Briser les tabous" face au chômage, dit le gouverneur de la BdF

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IL FAUT "BRISER LES TABOUS" FACE AU CHÔMAGE, DIT CHRISTIAN NOYER
IL FAUT "BRISER LES TABOUS" FACE AU CHÔMAGE, DIT CHRISTIAN NOYER

PARIS (Reuters) - Il faut "briser les tabous" pour faire reculer le chômage, a déclaré mardi le gouverneur de la Banque de France, au lendemain de l'annonce d'une nouvelle hausse du nombre de demandeurs d'emploi.

Grâce aux réformes engagées par le gouvernement et à un environnement international porteur, la croissance économique de la France pourrait dépasser 1,5% l'an prochain, a estimé Christian Noyer, selon qui le chômage pourrait reculer à cet horizon, à condition de poursuivre les réformes.

"Si on veut faire des réformes, c'est maintenant, c'est tout de suite, c'est urgent et c'est ça qui permettra d'avoir enfin une baisse du chômage significative en 2016", a-t-il dit sur Europe 1. "Il faut briser les tabous dans le domaine du marché du travail."

"Est-ce qu'on veut vraiment s'attaquer aux rigidités dont on sait qu'elles créent du chômage ?" s'est-il interrogé, en citant les seuils sociaux et le contrat de travail : "Pourquoi on ne veut pas progresser dans l'unification du contrat de travail ?".

Quant au salaire minimum, "est-ce que sur le smic on veut continuer d'avoir quelque chose d'aussi rigide ?"

Autant de domaines où les velléités de réforme se heurtent à de fortes résistances dans la majorité, notamment des élus socialistes "frondeurs" et de l'aile gauche du PS, et de la part des organisations syndicales.

Le président du Medef, Pierre Gattaz, préconise une généralisation des contrats dits de professionnalisation, qui permettrait aux entreprises d'embaucher des salariés payés à 80% du smic 18 à 24 mois en échange d'une formation.

Mais cette proposition fait hurler les syndicats et n'a eu jusqu'ici aucun écho du côté du gouvernement.

PRÈS DE 5,6 MILLIONS DE CHÔMEURS

Le Premier ministre, Manuel Valls, et son ministre de l'Economie, Emmanuel Macron, ont évoqué plusieurs fois une réforme du contrat de travail, également souhaité par le patronat, pour remédier à "la peur d'embaucher". Mais là aussi, la porte, à peine entrouverte, a été refermée.

Le gouvernement a accordé 41 milliards d'euros de baisses de charges et de fiscalité aux entreprises sur cinq ans dans le cadre du crédit d'impôt compétitivité-emploi et du pacte de responsabilité, pour rétablir leurs marges.

Il s'impatiente aujourd'hui face au peu d'empressement de certaines branches à embaucher.

Il redoute une reprise de l'activité sans réelle relance de l'emploi et mise sur l'amélioration du dialogue social dans les entreprises pour contourner les rigidités du code du travail.

Mais le projet de loi sur la modernisation du dialogue social, présenté le 22 avril en conseil des ministres et censé simplifier la vie des entreprises, reste loin des ambitions initiales.

Le nombre de demandeurs d'emploi de catégorie A (sans aucune activité) a augmenté de 0,4% en mars, soit 15.400 chômeurs de plus, portant le total à 3.509.800. En ajoutant les personnes ayant exercé une activité réduite, il a progressé de 0,5%, pour atteindre 5.290.500 en métropole et 5.590.600 avec les départements d'outre-mer.

Le secrétaire d'Etat chargé des relations avec le Parlement, Jean-Marie Le Guen, a néanmoins estimé mardi que la courbe du chômage finirait par s'inverser : "Notre politique économique portera ses fruits et François Hollande sera notre candidat" à l'élection présidentielle, a-t-il dit sur RTL.

DÉPARTS MASSIFS EN RETRAITE

Le chef de l'Etat a confié à plusieurs reprises qu'il lui serait difficile d'être candidat en 2017 ou d'avoir la moindre chance d'être réélu si le chômage ne reculait pas d'ici là.

"Nous avons tous les éléments qui nous laissent à penser qu'à la fin de l'été, au début de l'automne, il y aura un retour de croissance relativement important dans notre pays, ceci viendra et entraînera indiscutablement des créations d'emploi d'une façon importante", a ajouté Jean-Marie Le Guen.

Les auteurs d'un rapport sur "les métiers en 2022", publié mardi par France Stratégie, "think tank" placé auprès du Premier ministre, et la direction des études du ministère du Travail misent pour leur part sur l'accélération des départs à la retraite de la génération du "baby boom" de l'après Seconde Guerre mondiale.

La population active française devrait croître de 1,2 million de personnes entre 2012 et 2022 pour atteindre 29,5 millions d'actifs en fin de période, estiment-ils.

Mais 735.000 à 830.000 postes seront à pourvoir chaque année durant cette décennie, grâce à 620.000 départs en retraite par an en moyenne, ajouté à des créations annuelles nettes d'emplois oscillant entre 115.000 et 212.000 selon les scénarios.

(Jean-Baptiste Vey, Marine Pennetier et Emmanuel Jarry, édité par Yann Le Guernigou)

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  • miez1804 le mardi 28 avr 2015 à 16:32

    Et si on commoncer par Liquider la Banque de France, avec la BCE elle ne sert pas a grand chose!

  • V.BENACE le mardi 28 avr 2015 à 13:24

    Les rigidités sont dans la sphère privée pour l'essentiel. La position des syndicats ouvriers deviendra, je l'espère intenable, face à une opinion publique qui évolue.

  • M7097610 le mardi 28 avr 2015 à 12:15

    unifier le contrat de travail des fonctionnaires... d'accord ! Quand cesseront ils de taper sur le privé alors que le mal français provient de l'hypertrophie du secteur public ? REFORMEZ DONC LA FONCTION PUBLIQUE, ce sera le plus efficace et le plus immédiat !