Brice Dulin : " Je postule en premier lieu au poste de numéro 15 "

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Brice Dulin : " Je postule en premier lieu au poste de numéro 15 "
Brice Dulin : " Je postule en premier lieu au poste de numéro 15 "

Alors que le XV de France prépare son match face au Canada jeudi prochain, Brice Dulin avoue avoir pris du plaisir à jouer face à la Roumanie et se battre pour gagner du temps de jeu. Il est conscient que tout dépend des choix du staff tricolore et qu'il lui faudra être à son meilleur niveau

Brice Dulin, qu’avez-vous pensé du match Angleterre - Pays de Galles ?
On a vu un énorme match des Gallois qui, malgré de nombreuses blessures, ont été capables d’aller chercher la victoire. C’est assez impressionnant. Ils ne se sont pas démobilisés, ils sont revenus petit à petit avec Dan Biggar qui fait un gros match, notamment au pied, qui leur a permis de rester toujours au contact des Anglais et, au bout du compte, de marquer cet essai qui leur donne la victoire.

Est-ce que ce match vous a fait vibrer ?
Non, car nous ne sommes pas supporter du pays de Galles. Mais c’est toujours agréable de voir un beau match comme celui-là. Mais on est servi depuis le début de cette Coupe du monde, on n’a pas attendu ce match pour voir de belles actions et un peu de suspense sur les fins de rencontre. Mais, oui, c’était un match assez agréable à regarder. On n’a pas plus vibré que lors de la victoire des Japonais contre l’Afrique du Sud.

Quelle est votre réaction quand vous voyez les Anglais ne pas prendre la pénalité en fin de match ?
Si les Anglais marquent sur la pénaltouche, tout le monde applaudit. C’est un petit peu le même scénario que le match des Japonais face aux Sud-Africains. Les Anglais sont ambitieux, ils étaient chez eux à Twickenham, ils avaient décidé d’aller chercher la victoire. On ne va pas leur reprocher cela. Après, c’est un choix de match, de capitaine. Je pense que toute l’équipe était d’accord sur ce choix. Après, ça s’est mal goupillé pour eux. Mais peut-être le fait d’avoir été ambitieux sur ce coup-là leur servira plus tard dans la compétition. Ce sont des aléas qu’on ne maîtrise pas toujours. Cela prouve que les Anglais sont toujours ambitieux. Mais cette fois-là, cela ne leur a pas souri.

Du plaisir à jouer

Pour revenir à l’équipe de France, comment cela se passe-t-il depuis le match contre la Roumanie ? On a l’impression que vous avez pris du plaisir, vous avez fait une belle partie...
Il y a déjà le plaisir de rejouer, je l’ai déjà dit. Et c’est vrai qu’il y a eu pas mal de bonnes choses, même si cela a été un petit peu brouillon. Mais on a pris du plaisir. Après, lors des entraînements, de suite les automatismes reviennent, on est un petit peu plus libéré. Donc c’est plutôt agréable. Personnellement, pour le moment, je prends énormément de plaisir et la suite viendra, j’espère, avec de bonnes nouvelles.

Avez-vous des informations sur l’équipe qui pourrait jouer contre le Canada ?
Non, on ne sait rien du tout, on attend.

Lors de l’entrainement de samedi et du travail sur les rucks, les liaisons n’ont pas toujours bien fonctionné. Pour vous, les trois-quarts, ce laps de temps vous permet de retravailler les lancements de jeu, d’être plus précis sur certaines choses voire de mettre de nouvelles choses en place ?
Sur les deux premiers matchs, on peut déjà commencer à tirer des enseignements. C’est vrai qu’il y a des choses qui ont été bien réalisées et d’autres un peu moins. Cela nous permet donc d’évoluer et de tendre vers des meilleurs timings ou des meilleurs choix. Cela nous permet de travailler tous ces aspects-là vu qu’on a un peu plus de temps pour préparer les deux prochains matchs et notamment celui face au Canada.

Convaincre le staff, un objectif

Est-ce que, malgré le temps de jeu, on peut avoir un peu peur, un moment, de se dire que si je ne suis pas bien dans le « truc », il reste quatre ou cinq semaines, et que la Coupe du monde peut être longue ?
De toute façon, il n’y aura que 23 joueurs sur la feuille de match. On est donc tous conscients qu’à un moment donné, en fonction des choix, on risque ou pas de jouer. C’est sûr que maintenant que les deux premiers matchs ont été joués, on a chacun a eu l’opportunité de montrer qu’on était en forme ou pas. Après, on sera dépendant des choix du sélectionneur et des entraîneurs. On a tous envie d’être sur le terrain pour le prochain match, pour évacuer tout ce qu’on met en place. Les entraînements, c’est bien, mais s’il n’y a pas le terrain pour se défouler un minimum, çà risque d’être un peu long. Après, que ce soit moi ou les autres, on a tous la même ambition, c’est de jouer. Malheureusement, il y en aura quelques-uns qui seront dans la tribune encore une fois.

On vous a vu jouer un petit peu à l’aile. Est-ce un poste auquel vous êtes prêt à rejouer ?
Je postule en premier lieu au poste de numéro 15. Mais après, et je l’ai déjà dit, s’il faut dépanner sur une fin de match ou même y jouer, je le ferai. Je ne suis pas sûr de faire une autre Coupe du monde. Donc, le moindre temps de jeu qu’on peut me proposer, je vais le donner. Mais c’est vrai que j’ai l’ambition et le plaisir de jouer en 15. Après, ce sera dépendant du choix du sélectionneur.

Comment compensez-vous ce manque de rythme et de continuité dans le travail et dans le temps de jeu ?
Quand on n’a pas la chance de jouer autant, il faut se donner deux fois plus aux entraînements pour essayer de combler ce vide, même si le vide n’est jamais comblé quand on n’est pas sur le terrain. Après, ce n’est jamais facile. Mais là, il faut se tenir prêt et être assez fort mentalement pour rester toujours au niveau et ne pas avoir de faiblesse car à tout moment on peut réintégrer l’équipe et jouer comme ce fut le cas contre la Roumanie. Il faut donc être prêt et ne pas se trouer.

Propos recueillis par notre envoyé spécial en Angleterre, Jean-François PATURAUD

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