Brexit: une "impasse préoccupante" mais des avancées possibles

le , mis à jour à 21:20
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Le négociateur en chef de l'UE sur le Brexit Michel Barnier, à Strasbourg (Est), le 3 octobre 2017 ( AFP/Archives / PATRICK HERTZOG )
Le négociateur en chef de l'UE sur le Brexit Michel Barnier, à Strasbourg (Est), le 3 octobre 2017 ( AFP/Archives / PATRICK HERTZOG )

Confronté à une "impasse préoccupante" dans les discussions avec le Royaume-Uni, le négociateur en chef de l'UE, Michel Barnier, a toutefois estimé jeudi que des "avancées décisives" étaient possibles dans les deux prochains mois.

"Je reste persuadé (...) qu'avec une volonté politique, des avancées décisives sont à notre portée dans les deux mois qui viennent", a assuré M. Barnier lors d'une conférence de presse à Bruxelles après trois journées de négociations sur les conditions du divorce.

Ce cinquième cycle de discussions entre Londres et l'UE s'est terminé sans avancée majeure.

"Cette semaine, nous avons travaillé dans un esprit constructif, nous avons clarifié certains points, pour autant nous n'avons pas fait de grands pas en avant", a constaté Michel Barnier.

La Première ministre britannique Theresa May, le 8 octobre 2017 à Reading, dans le sud de l'Angleterre
La Première ministre britannique Theresa May, le 8 octobre 2017 à Reading, dans le sud de l'Angleterre ( AFP / Tolga AKMEN )

De son côté, la Première ministre Theresa May, en déplacement dans le nord-ouest de l'Angleterre, a salué "tout le travail" investi dans les tractations, en particulier "sur les sujets où nous sommes très proches d'un accord, comme le droit des citoyens".

La question du règlement financier, c'est-à-dire le paiement par le Royaume-Uni de ses engagements financiers dans l'UE, s'est révélée particulièrement problématique au cours de ce cycle de négociations, selon Michel Barnier.

"Nous sommes sur cette question dans une impasse qui est extrêmement préoccupante", a-t-il expliqué.

Le solde que devra verser le Royaume-Uni est officieusement évalué côté européen entre 60 et 100 milliards d'euros, selon les sources.

Les négociateurs européens ne demandent pour l'instant pas d'engagement chiffré à Londres, mais un accord de principe sur une méthode de calcul, encore loin d'être atteint.

Conséquence de cette impasse, Michel Barnier a d'ores et déjà annoncé qu'il ne serait "pas en mesure" de recommander aux dirigeants des 27 pays restant dans l'UE de passer à la phase suivante des discussions, lors du prochain sommet européen les 19 et 20 octobre.

Brexit : divergences sur le coût du divorce
Brexit : divergences sur le coût du divorce ( AFP / Gillian HANDYSIDE )

Un projet d'accord entre les 27 à cette occasion souligne que l'absence de progrès suffisants à ce stade empêche d'envisager des discussions officielles sur le futur partenariat commercial entre les deux parties avant décembre au plus tôt.

L'état d'avancement des négociations sera "réexaminé" au sommet européen de décembre. Et en attendant cette échéance, le sommet prévu la semaine prochaine décidera d'"entamer les discussions préparatoires internes" sur la future relation, précise le texte dont l'AFP a obtenu copie jeudi.

Cette nouvelle étape est réclamée impatiemment par le Royaume-Uni.

- Faire 'un pas en avant' -

La frontière irlandaise, enjeu du Brexit
La frontière irlandaise, enjeu du Brexit ( AFP / Gillian HANDYSIDE )

"Alors que les regards se tournent vers le sommet européen d'octobre la semaine prochaine, j'espère que les Etats membres vont reconnaître les progrès que nous avons faits, et faire un pas en avant" afin d'ouvrir des discussions sur la nature du futur partenariat entre Londres et l'UE, a déclaré jeudi le ministre britannique en charge du Brexit David Davis.

"Nous serons prêts, nous le souhaitons, le plus vite possible", a répondu M. Barnier.

Mais cela se fera "dès que nous aurons pu franchir la première étape qui n'a rien à voir avec la relation future", a-t-il ajouté, en allusion à la volonté de finaliser d'abord un "retrait ordonné".

L'UE exige, avant de passer à toute discussion approfondie, d'avoir enregistré des "progrès suffisants" dans trois dossiers prioritaires: le règlement financier du divorce, le sort des expatriés et les conséquences du Brexit pour l'Irlande.

Mais pour David Davis, par exemple, le cas de l'Irlande et de la frontière avec la province britannique d'Irlande du Nord ne peut être séparé de la nature de la future relation.

"C'est l'une des raisons pour laquelle nous ne pouvons encore résoudre toutes les questions, jusqu'à ce que l'on sache exactement ce que seront les arrangements finaux sur la situation douanière et le marché unique", a-t-il avancé en conférence de presse.

Les dirigeants européens ont multiplié ces dernières semaines les déclarations laissant entendre que le calendrier idéalement envisagé - faire un point sur les avancées lors du sommet d'octobre - ne pourrait pas être tenu.

Mardi, Donald Tusk, qui préside le Conseil européen --instance représentant les 28-- avait dit espérer pouvoir le faire en décembre, lors du sommet suivant.

En y apportant, toutefois, une nuance.

"S'il s'avère que les discussions continuent à un rythme lent et que des progrès suffisants ne sont pas enregistrés, alors, avec nos amis britanniques, nous devrons réfléchir à la direction que nous prenons", avait lancé M. Tusk.

Il a indiqué jeudi soir avoir échangé au téléphone avec Theresa May pour évoquer le sommet des 19 et 20 octobre.

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  • M1945416 il y a 5 jours

    sans oublier le cout de UE , c'est combien de milliards? 8 -9 ?? avec cette somme , on pourrait faire bien autre chose, que d'engraisser des technocrates UE ..

  • M1945416 il y a 5 jours

    quand aun cout élevé, le dmic en Suisse est de 3000 € et ils font le protectionnisme , ils se portent pas si mal les Suisses , non??

  • M1945416 il y a 5 jours

    nos politiciens sont des nuls depuis belle lurette , mais UE amplifie le phénomène, c'est comme avoir une superbe villa , dans un village de 28 , dont les autres ont en grande majorité des cages à lapins, et être obliger de laisser sa porte ouverte , pour la libre circulation et chacun peu se servir chez le voisin , deviné qui va perdre le plus ??

  • m1234592 il y a 5 jours

    La stratégie de T. May est claire : freiner des 4 fers et faire trainer les choses en longueur pour soit démontrer que c'est l'UE qui refuse le Brexit soit démontrer que le Brexit est mauvais pour GB. Barnier et Tusk ont bien compris la manoeuvre. Il faut mettre GB au pied du mur et renégocier son appartenance. Fini tous les avantages indus. Il faut que commercialement GB choisisse : les US et le Commonwealth ou l'UE.

  • m1234592 il y a 5 jours

    M194 avec ou sans l'UE notre système français avait atteint ses limites. Il ne faut pas accuser l'UE de nous avoir montrer que notre système fiscal et de taxation nous conduit à la ruine.

  • lukefr il y a 5 jours

    C'est sans doute à cause de l'Europe que le groupe Norbert Dentressangle s'est vendu à une société américaine?

  • lukefr il y a 5 jours

    m1945416, certes l'UE n'est pas rose, mais elle n'est pas responsable de tous nos maux. vous semblez proner un protectionnisme économique qui consisterait a privilegier les entreprises nationales, en dépit des couts plus élevés que dans beaucoup de pays non seulement européens, mais aussi mondiaux.

  • M1945416 il y a 6 jours

    regarder les boites de transports, il nous en reste combien face au travail détaché ? Macron a obtenu quoi face au président polonais ? rien , que dalle , dans qqs années on aura plus de transporteur français, c'est ça la réalité de UE , mais les gens sont tellement endoctriner par UE , qu'ils se croient protégé , et voient pas qu'au contraire ils se font plumer

  • M1945416 il y a 6 jours

    on était un pays riche d'entreprises , de brevet , de niveau de vie, chaque an qui passe , on se retrouve de plus en plus pauvre …

  • M1945416 il y a 6 jours

    certes, nos politiciens on un rôle dans l'appauvrissement du pays, ils savent que taxer , mais c'est UE qui permet la concurrence déloyale , pas d'harmonisation des lois sociales, donc les pays les moins disants sont ceux ou vont les entreprises --> pays de l'est , pas d'harmonisation fiscale donc le Luxembourg , l'Irlande récupère les sièges sociaux (merci Juncker) , et nous il nous restera nos yeux pour pleurer