Brexit-Patronat français et allemand pour un rebond de l'UE

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    PARIS, 26 juin (Reuters) - Les patronats français et 
allemand ont lancé dans une déclaration commune, publiée par le 
Journal du Dimanche, un appel au renforcement du marché unique 
et de la gouvernance de la zone euro, afin de permettre à 
l'Union européenne de se relancer après le départ du 
Royaume-Uni.           
    Alors qu'un sommet des chefs d'Etat de l'UE post-"Brexit" se 
tient mardi et mercredi à Bruxelles, le Medef, principale 
organisation patronale française et ses homologues allemands BDI 
(fédération patronale de l'industrie) et BDA (fédération des 
employeurs) affichent leur volonté de "faire tout ce qui est 
possible pour mobiliser l'énergie européenne". 
    Ils adressent leurs propositions au président français 
François Hollande et à la chancelière allemande Angela Merkel, 
qui ont rendez-vous lundi à Berlin.      
    Les présidents des trois organisations - Pierre Gattaz pour 
le Medef, Ulrich Grillo pour le BDI et Ingo Krame pour le BDA - 
estiment que "l'Europe doit se ressouder, retrouver confiance et 
passer à l'offensive", ce qui impose au "moteur franco-allemand 
(...) de retrouver sa vigueur".  
    Ils réclament des "mesures immédiates, crédibles et visibles 
pour renforcer (la) gouvernance (de l'euro) et parvenir à une 
véritable convergence entre les Etats membres", ainsi qu'un 
renforcement du marché unique, deuxième "pilier économique" du 
projet européen reposant sur la liberté de circulation des 
marchandises, des services, des capitaux et des hommes.  
    Prenant acte du choix des Britanniques, "qui place l'Europe 
dans une zone de fortes turbulences", Medef, BDI et BDA invitent 
les dirigeants européens à définir les nouvelles modalités de 
coopération avec le Royaume-Uni, en soulignant que son retrait 
le privera notamment du "passeport financier européen". 
    Le "passeport européen" permet aux banques implantées dans 
n'importe quel pays de l'Union européenne (UE) d'opérer dans 
tous les autres. 
    Les dirigeants des trois instances patronales plaident 
également pour que Paris et Berlin poursuivent les réformes 
nationales "pour rendre notre économie plus forte et plus 
compétitive afin d'assurer la pérennité de notre modèle social." 
    Sur le plan politique, ils recommandent que les décisions du 
Conseil européen des chefs d'État ou de gouvernement répondent 
désormais à la règle de la majorité et non de l'unanimité pour 
les relations extérieures, la politique de sécurité et la lutte 
contre le terrorisme, afin "d'adopter une position commune".  
    Pour les trois organisations, c'est au couple 
franco-allemand qu'il incombe de "déterminer les bonnes 
priorités pour une intégration européenne plus poussée dans les 
domaines-clés et pour moins d'intervention sur les autres sujets 
partout où ceux-ci peuvent être traités au niveau national".     
 
 (Myriam Rivet, édité par Emmanuel Jarry) 
 
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