"Brexit" ou pas, Paris veut se poser en alternative à la City

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PARIS VEUT SE POSER EN ALTERNATIVE À LA CITY, "BREXIT" OU PAS
PARIS VEUT SE POSER EN ALTERNATIVE À LA CITY, "BREXIT" OU PAS

par Julien Ponthus

PARIS (Reuters) - "Brexit" ou pas, la place financière de Paris doit se mettre en ordre de bataille pour concurrencer la City, qui sortira affaiblie du référendum sur le maintien du Royaume-uni dans l'Union européenne, estiment financiers, dirigeants d'entreprise et responsables politiques français.

"Ce référendum conduit aujourd'hui les grandes entreprises internationales à Londres, à New York, à s'interroger sur le possible rééquilibrage de leurs activités et de leurs implantations vers l'Europe continentale, et cela, quel que soit le résultat (du référendum)", a déclaré Gérard Mestrallet, président de l'énergéticien Engie et de Paris Europlace, l'organe de promotion de la place financière de Paris.

Réunis mercredi au siège de l'opérateur boursier Euronext dans le quartier des affaires de la Défense, de nombreux acteurs publics et privés du secteur financier français ont lancé une opération de promotion de la place de Paris à deux semaines du référendum britannique.

Si tous les orateurs, sans exception, ont appelé de leurs voeux le maintien du Royaume-uni dans l'UE, ils ont aussi souvent estimé que le statu-quo, très favorable à la City en termes de répartition des activités financières dans l'UE, ne pourrait plus durer, "Brexit" ou pas.

"Le 23 juin va changer de toutes façons l'Histoire de l'Europe", a ainsi prévenu l'ancien président du conseil italien Enrico Letta.

Pour ce dernier, enseignant à Sciences Po Paris et doyen de l'Ecole des affaires internationales, la construction européenne devra évoluer vers un noyau dur renforcé autour de la zone euro et un deuxième cercle de pays, ayant renoncé à l'objectif d'une "union sans cesse plus étroite."

"CHANGEMENT RADICAL"

"C'est un changement radical et c'est très important, je pense, que la place de Paris se prépare à ce changement", a-t-il dit, notant que Dublin, Amsterdam, Luxembourg ou encore Francfort ont aussi engagé des réflexions pour renforcer leur attractivité.

"La Grande-Bretagne ne peut pas faire chanter l'Europe éternellement sans qu'il n'y ait, à un moment ou à un autre, une réponse", a fait valoir Patrick Devedjian, le président du département des Hauts-de-Seine.

Pour le directeur général d'Euronext, Londres ne doit en aucun cas rester le centre financier de l'économie du continent européen en cas de sortie du Royaume-Uni.

"Cette sorte d'anomalie offshore ne peut pas résister" à un "Brexit" a fait valoir Stéphane Boujnah, ajoutant qu'il souhaitait ardemment le maintien du pays dans l'UE et qu'un scénario inverse constituerait "un cataclysme".

La concurrence des autres places financières européennes, dotées de législations fiscales et sociales plus accommodantes que celles de la France, fait douter de nombreux banquiers français de la capacité de Paris à remplacer la City.

Certains financiers jugent que la taxe à 75% de François Hollande et le "tapis rouge" déroulé par le Premier ministre britannique, David Cameron, aux Français souhaitant la fuir ont durablement terni l'image de la place.

"Il faut être totalement lucide, nous sommes en position de challenger", a admis le directeur général de la Société générale, Frédéric Oudéa, qui a notamment plaidé pour un cadre fiscal plus attractif.

Deux sondages ont placé mardi le camp du maintien du Royaume-uni dans l'Union européenne légèrement en tête en vue du référendum du 23 juin. Trois enquêtes donnaient la veille le camp du "Brexit" aux avant-postes.

(Edité par Marc Joanny)

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  • pcostepl il y a 6 mois

    tu parles !!! ils vont partir au Luxembourg ou en Allemagne !!!! vu le contexte français :impots ,taxe ,greves ect!!!!!

  • M7403983 il y a 6 mois

    Avec mon ennemi1er c'est la finance, il ferait même fuir un putois !!!

  • SuRaCtA il y a 6 mois

    Quelle blague, surtout avec la taxe sur les transactions financières...

  • dotcom1 il y a 6 mois

    Hollande ne l'autorisera pas. N'oubliez pas que son ennemi, c'est la finance.

  • Pienegro il y a 6 mois

    oui pourquoi pas, ce pourrait être une bonne blague pour le 1er avril!

  • npi6711 il y a 6 mois

    il faut un minimum d'ambition c'est clair

  • M4007229 il y a 6 mois

    Paris en alternative à la City? Sérieusement?Qui aurait envie d'investir dans un enfer fiscal comme la France?