Brexit-Nigel Farage démissionne de la présidence de l'UKIP

le , mis à jour à 18:42
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 (Actualisé avec contexte) 
    par Kylie MacLellan et Elizabeth Piper 
    LONDRES, 4 juillet (Reuters) - Le chef de file de l'UKIP, 
Nigel Farage, a annoncé lundi qu'il allait démissionner de ses 
fonctions de président du mouvement britannique eurosceptique, 
jugeant "avoir fait sa part" après le succès des partisans du 
"Brexit" au référendum du 23 juin. 
    "Je n'ai jamais été et je n'ai voulu être un politicien de 
carrière. En faisant de la politique, mon objectif était de 
sortir la Grande-Bretagne de l'Union européenne", a-t-il dit. 
    "Durant ma campagne, j'ai dit 'je veux récupérer mon pays'. 
Ce que je dis aujourd'hui, c'est 'je veux récupérer ma vie', et 
cela commence maintenant", a-t-il lancé. 
    Nigel Farage souhaite malgré tout continuer à soutenir la 
formation politique qu'il a créée en 1993 et à se rendre à 
Bruxelles pour surveiller "comme un faucon" les négociations sur 
la sortie du Royaume-Uni de l'UE. 
    Après la victoire du Brexit, l'UKIP pourrait demeurer une 
menace pour les partis traditionnels, travaillistes et 
conservateurs, dont il a capté une partie de l'électorat ces 
dernières années. 
    Lors des élections législatives de 2015, le parti de Nigel 
Farage a inquiété les conservateurs dans le sud du pays et 
récupéré une partie des voix de la classe ouvrière dans le nord, 
bastion traditionnel des travaillistes. 
    Le système majoritaire à un tour n'a permis à l'UKIP 
d'envoyer qu'un seul député au Parlement, Douglas Carswell, 
pressenti comme un possible successeur de Farage dont il 
apparaît comme un rival.  
    Mais Douglas Carswell a déclaré lundi à la BBC qu'il ne 
briguait pas la tête du parti. 
    La démission de Nigel Farage fait sortir du débat sur les 
conditions de divorce entre la Grande-Bretagne et l'UE une 
figure emblématique des eurosceptiques et un grand pourfendeur 
des institutions européennes. 
    Sa démission pourrait ouvrir la porte à une personnalité 
moins clivante, capable malgré tout de continuer à séduire des 
électeurs déçus par les travaillistes et les conservateurs, 
ébranlés par le Brexit. 
    Le Labour traverse une passe difficile depuis que son chef 
de file, Jeremy Corbyn, a fait l'objet mardi d'une motion de 
défiance adoptée par une large majorité des députés de son 
parti, tandis que les Tories se lancent dans une bataille 
fratricide pour la succession de David Cameron, qui doit 
démissionner à l'automne. 
    Sans soutenir aucun des candidats à la présidence du Parti 
conservateur, Nigel Farage a répété que le prochain Premier 
ministre devrait être issu des rangs des partisans du Brexit. 
Sur les cinq postulants, Andrea Leadsom, Michael Gove et Liam 
Fox ont fait campagne dans le camp de la sortie de l'UE, 
contrairement à Theresa May, favorite de sondage. 
     
    AUCUN PLAN DE SORTIE 
    Pour le moment, la Grande-Bretagne n'a pas de calendrier de 
sortie arrêté. De nombreux leaders européens ont prévenu que, si 
le pays voulait conserver l'accès au marché unique, il devait 
accepter la liberté de circulation.   
    L'article 50 du traité de Lisbonne, qui déclenche 
formellement le processus de négociations, n'a pas encore été 
invoqué. David Cameron a affirmé qu'il laisserait à son 
successeur le choix de la procédure de sortie.  
    Les deux principales candidates à la succession de David 
Cameron, Theresa May et Andrea Leadsom, ont affiché dimanche 
leur désaccord sur le calendrier de déclenchement de l'article 
50. 
    La ministre de l'Intérieur Theresa May a indiqué qu'elle ne 
se précipiterait pas, alors que la secrétaire à l'Energie Andrea 
Leadsom a au contraire préconisé d'aller vite.   
    De son côté, Liam Fox, ancien secrétaire à la Défense de 
David Cameron, a déclaré lundi que l'article 50 devrait être 
activé avant la fin de l'année, sans forcément avoir recours à 
un vote du Parlement britannique. Il a ajouté que remettre la 
liberté de circulation sur la table des négociations serait 
vécue comme une "trahison" par les Britanniques. 
    Chacun des candidats s'accordent à dire qu'un retour en 
arrière n'est pas envisageable, mais beaucoup de membres de la 
classe politique et d'électeurs opposés au Brexit ne 
s'attendaient pas à ce résultat.  
    Mishcon de Reya, un cabinet d'avocats londonien, a annoncé 
lundi avoir lancé une procédure exigeant que le Parlement, en 
majorité opposé au Brexit, se prononce sur la sortie britannique 
de l'Union européenne avant que ne soit formellement enclenché 
le mécanisme de sortie.    
     
 
 (Paul Sandle et Alistair Smout,; Nicolas Delame pour le service 
français) 
 
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