Brexit-Mobilisation française pour la place de Paris

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    * "Welcome in Paris", dit Manuel Valls 
    * Euronext et la fédération des banques se montrent 
optimistes 
    * Ghosn (Renault-Nissan) et Pouyanné (Total) inquiets 
 
 (Actualisé avec Euronext, FBF, Ghosn et Pouyanné) 
    par Michel Rose 
    AIX-EN-PROVENCE, Bouches-du-Rhône, 2 juillet (Reuters) - Le 
gouvernement et les institutions financières de France se sont 
déclarés samedi persuadés que la place de Paris pourrait tirer 
profit de la sortie progammée du Royaume-Uni de l'Union 
européenne si des mesures incitatives sont prises. 
    "Aux grandes entreprises internationales je dis donc : ' 
Welcome in Paris! Venez investir en France! '", déclare le 
Premier ministre Manuel Valls dans une interview publiée samedi 
dans Le Parisien, 10 jours après le référendum britannique. 
    "Nous savons que des groupes installés à la City envisagent 
de la quitter pour Dublin, Amsterdam, Francfort et Paris", 
a-t-il ajouté. "Nous travaillons à des dispositifs qui 
pourraient permettre de renforcer notre attractivité. Je pense 
notamment à la fiscalité ou au statut des expatriés." 
    Dans un entretien publié jeudi dernier dans Les Échos, 
François Hollande annonçait déjà sa volonté d'adapter les règles 
pour rendre la place de Paris "plus attractive". 
    Pour le président français, le Royaume-Uni perdra le 
"passeport" européen de ses établissements financiers s'il 
refuse les règles de libre circulation et les opérations de 
compensation en euros ne devront plus se faire à Londres après 
le Brexit, et pourront donc aller à Paris.   
    Stéphane Boujnah, directeur général d'Euronext, a dit samedi 
que les opérateurs travailleraient sur la base selon laquelle 
Londres perdra le passeport européen, qui permet à la City 
d'avoir accès au marché unique sans devoir négocier des accords 
avec chacun des 27 autres pays. 
    "Je pense qu'il y aura plusieurs gagnants à travers 
l'Europe, des grandes places comme Amsterdam, comme Paris", 
a-t-il expliqué lors des Rencontres économiques 
d'Aix-en-Provence. 
    "Je ne suis pas en train de dire qu'il faut détruire ce qui 
existe à Londres, je suis en train de dire que les nations aussi 
se suicident et que si les gens à Londres ont décidé d'être 
moins efficaces, moins performants, moins arrimés au projet 
européen, nous n'allons pas attendre qu'ils aient fini leurs 
soins palliatifs à la City à Londres", a-t-il ajouté. 
     
    "PARIS VA GAGNER" 
    "Il faut que nous nous organisions pour offrir précisément 
des services adaptés dans la zone euro", a-t-il conclu en 
estimant que "les plateformes européennes existent et 
 qu'une une plateforme comme Euronext a démontré sa 
rentabilité".  
    Pour Marie-Anne Barbat-Layani, directrice générale de la 
Fédération bancaire française (FBF), "Paris va gagner", à cause 
des jeunes bien formés qui sont "un des principaux atouts de la 
place de Paris" et de la taille des banques françaises. 
    "La question centrale, c'est celle du passeport européen : 
ceux qui ont un seul pied à Londres aujourd'hui pour rayonner 
sur l'ensemble de l'Union européenne vont avoir besoin d'avoir 
un deuxième pied quelque part, alors tant qu'à faire essayons de 
faire en sorte que ce deuxième pied soit à Paris", a-t-elle dit. 
    "Il faut agir. Ça a commencé. Les collectivités 
territoriales sont mobilisées. L'Etat aussi et j'espère qu'il va 
l'être un tout petit plus. Il y a une activité fondamentale qui 
va devenir plus multipolaire, essayons de pas être trop bête, et 
de faire en sorte que ce soit chez nous."  
    Si les institutions financières voient dans le Brexit une 
opportunité, les industriels, eux, se montrent inquiets. 
    Pour le PDG de Renault-Nissan, Carlos Ghosn, "la 
dépréciation de la livre, c'est une mauvaise nouvelle" pour les 
constructeurs sans usines sur place comme Renault, mais Nissan 
dispose au Royaume-Uni d'une très grosse unité d'assemblage. 
    "L'inquiétude est due au fait qu'il y a incertitude parce 
que personne n'est capable de dire  s'ils  sont vraiment sortis, 
combien de temps ça va durer, et surtout quel est le nouveau 
statut que l'Angleterre va avoir", a-t-il déclaré lors des 
Rencontre économiques d'Aix-en-Provence. 
    Même tonalité chez Patrick Pouyanné, le PDG de Total. 
    "C'est un élément de plus d'instabilité, d'incertitude. On 
est dans un monde qui fait face à pleins de difficultés, 
géopolitiques, on a Daech, l'Ukraine, des crises financières à 
répétition, on rajoute le Brexit", a-t-il dit. 
    "Le seul message que je voudrais passer c'est : il faut 
aller vite", a-t-il conclu.  
 
 (Edité par Yves Clarisse) 
 

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  • wanda6 il y a 5 mois

    phili646 :Où sont passées les catastrophes attendues ? Ce sont les discours de propagande tenus par les adversaires du « Brexit ».

  • phili646 il y a 5 mois

    Les British se sont tirés une balle dans le pied, c'est bien la raison pour laquelle ils se hâterons lentement pour activé la clause définie par l'article 50. D'un autre côté la période d'incertitude qui s'ouvre va aussi leur être préjudiciable.

  • M940878 il y a 5 mois

    impôt IS en France 33% , Grande-Bretagne 20% , quelle entreprise est prête à perde 13% de ses benefs ? , aucune , sans parler des charges salariales et des syndicats dont la spécialité (CGT) est de couler les entreprises