Brexit-May et Leadsom en désaccord sur le calendrier de sortie

le
0
 (Ajoute déclarations, contexte) 
    par Estelle Shirbon et Paul Sandle 
    LONDRES, 3 juillet (Reuters) - Les deux principales 
candidates à la succession de David Cameron ont affiché dimanche 
leur désaccord sur le calendrier de déclenchement de l'article 
50 du traité de Lisbonne, étape formelle qui engagera le 
processus de négociation sur les termes d'une sortie du 
Royaume-Uni de l'Union européenne.  
    La ministre de l'Intérieur Theresa May, donnée favorite pour 
remplacer le Premier ministre britannique démissionnaire, a 
souligné qu'elle ne se précipiterait pas et attendrait qu'une 
position claire se dégage sur l'accord post-Brexit demandé par 
Londres. 
    "Ce qui est important est que nous fassions cela avec le bon 
calendrier et que nous le fassions pour obtenir le bon accord 
pour le Royaume-Uni", a dit sur l'antenne d'ITV Theresa May, qui 
a fait campagne pour le maintien du Royaume-Uni dans l'UE.     
    La secrétaire à l'Energie Andrea Leadsom, qui a milité pour 
le Brexit et fait figure depuis quelques jours de plus sérieuse 
rivale du camp du "Leave" face à Theresa May, a au contraire 
préconisé d'aller vite. "Nous devons aller de l'avant et saisir 
l'occasion", a-t-elle déclaré à la BBC.  
    "Il s'agit de donner de la certitude aux entreprises, il 
s'agit de dire au monde : 'nous sommes ouverts aux entreprises'. 
Commençons par obtenir des accords de libre-échange aussi vite 
que nous le pourrons", a-t-elle ajouté. 
     
    COMPÉTITION 
    Les Britanniques ont voté par 52% contre 48% pour la sortie 
du Royaume-Uni de l'Union européenne lors du référendum du 23 
juin, conduisant David Cameron, partisan du maintien, à annoncer 
sa démission d'ici au 9 septembre, date à laquelle le Parti 
conservateur devra lui avoir choisi un successeur, qui aura la 
tâche de déclencher l'article 50.   
    Cinq candidats sont en lice pour prendre sa place. Les 
députés tories retiendront deux noms au cours de l'été qui 
seront soumis au vote des membres du parti.  
    Plusieurs journaux dominicaux britanniques ont rapporté que 
des élus consevateurs pro-May essayaient de persuader Leadsom et 
les autres candidats de renoncer afin que la ministre de 
l'Intérieur puisse s'installer rapidement au 10, Downing Street 
afin de ramener de la stabilité et réduire l'incertitude ouverte 
par le vote en faveur d'un Brexit.  
    Theresa May s'est cependant déclarée elle-même hostile à un 
tel scénario sur ITV.  
    "Il doit y avoir une compétition. Je pense qu'il est 
important que les membres (du parti) puissent avoir leur mot à 
dire et entendre les arguments des uns et des autres." 
    Sur la question d'une restriction de l'immigration, l'un des 
principaux arguments invoqués par les partisans d'une sortie du 
Royaume-Uni, Theresa May a semblé prendre ses distances avec 
l'objectif depuis longtemps affiché par le Parti conservateur de 
ramener l'immigration à quelques dizaines de milliers 
d'individus par an, contre 300.000 aujourd'hui.  
    "Nous pouvons ramener l'immigration à des niveaux viables", 
a-t-elle déclaré tout en ajoutant: "Il y a des facteurs qu'on ne 
peut pas toujours prévoir, en termes de période ou de nombre." 
 
 (Danielle Rouquié et Jean-Stéphane Brosse pour le service 
français) 
 
Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant