Brexit-Londres voudrait régler rapidement la question migratoire

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 (Actualisé avec déclarations, contexte) 
    par Costas Pitas 
    LONDRES, 1er décembre (Reuters) - Le gouvernement 
britannique est favorable à un règlement rapide de la question 
des droits des ressortissants européens résidant en 
Grande-Bretagne mais cette question nécessite un accord sur les 
droits des Britanniques résidant dans les pays de l'UE, a estimé 
le ministre du Brexit, David Davis, jeudi. 
    Les Vingt-Sept ont rejeté cette semaine une demande de 
députés britanniques favorables au Brexit pour un accord rapide 
sur les droits réciproques de résidence des expatriés 
britanniques et européens.  
    Bruxelles estime qu'aucune négociation ne peut débuter tant 
que la Première ministre Theresa May n'a pas officiellement 
invoqué l'article 50 du Traité de Lisbonne, ce qu'elle a promis 
de faire avant la fin du mois de mars. 
    "Si cela dépendait de nous, nous aurions réglé cela en 
quelques mois mais nous devons également avoir l'accord de 
l'Union européenne", a commenté David Davis. 
    Le ministre a précisé que le gouvernement britannique avait 
la responsabilité de protéger les droits de ses ressortissants 
en refusant tout accord qui ne serait pas fondé sur la 
réciprocité. 
    Les entrées de ressortissants européens en Grande-Bretagne 
ont atteint un record de 189.000 au cours des douze mois à fin 
juin 2016, soit 9.000 de plus qu'au cours de l'année précédente, 
montrent des chiffres officiels publiés jeudi. 
    Ce total est le plus élevé jamais atteint depuis la création 
de la statistique, annonce l'Office national de la statistique.  
  L'ONS précise que la Grande-Bretagne a enregistré 335.000 
entrées nettes au cours de la même période, 1.000 de moins que 
sur l'année précédente. 
     
    PROMESSES NON TENUES 
    Les conservateurs ont promis de ramener ce nombre à 100.000 
par an mais pour l'instant, l'afflux croissant d'Européens 
attirés notamment par la perspective de meilleurs emplois en 
Grande-Bretagne contrarie cet engagement. 
    "Le Brexit nous donne l'opportunité de contrôler le nombre 
de ceux qui viennent d'Europe", a commenté le ministre de 
l'Immigration Robert Goodwill sur Sky News jeudi. 
    "Nous voulons revenir à des niveaux supportables. L'enjeu 
est la pression que cela fait peser sur les services de santé, 
la pression que cela fait peser sur l'éducation, la pression que 
cela fait peser sur le logement et cela était très clair pendant 
le référendum", a-t-il ajouté. 
    L'ONS note que les ressortissants roumains constituent 
désormais 10% des arrivants en Grande-Bretagne, formant le plus 
gros contingent des nouveaux entrants pour l'année 2015. 
    Cette évolution s'explique par la fin des restrictions 
imposées jusqu'en 2013 aux Roumains et aux Bulgares quant aux 
emplois auxquels ils étaient autorisés à postuler. 
    Une porte-parole de Theresa May a répété jeudi que 
l'objectif du gouvernement britannique était de reprendre le 
contrôle des flux migratoires tout en obtenant le meilleur accès 
possible au marché unique. 
    Ce dossier est l'un des principaux sujets de discorde entre 
Londres et Bruxelles, les autorités de l'UE exigeant que la 
Grande-Bretagne garantisse le respect de la libre circulation 
des personnes si elle veut conserver son accès au marché unique 
européen. 
 
 (Costas Pitas, Nicolas Delame et Pierre Sérisier pour le 
service français) 
 
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