Brexit: Londres ne restera pas le centre financier sans se plier aux règles

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Le président de l'Eurogroupe Jeroen Dijsselbloem lors d'une réunion des ministres des Finances européens à Bruxelles le 7 novembre 2016 ( AFP/Archives / EMMANUEL DUNAND )
Le président de l'Eurogroupe Jeroen Dijsselbloem lors d'une réunion des ministres des Finances européens à Bruxelles le 7 novembre 2016 ( AFP/Archives / EMMANUEL DUNAND )

Le président de l'Eurogroupe Jeroen Dijsselbloem a affirmé mardi qu'il n'imaginait pas Londres rester le centre financier de l'Union européenne si les Britanniques, qui ont décidé de quitter l'UE, refusent de se plier aux règles européennes en matière financière.

"Pour être complètement honnête, nous ne pouvons pas permettre que le centre financier de l'Europe et de la zone euro soit situé en dehors de l'Europe et de la zone euro et suive sa propre voie en matière de régulation", a-t-il affirmé lors d'une audition à Bruxelles face à des eurodéputés.

"Nous devons rester fermes là-dessus. Il n'y a pas d'alternative ici", a insisté le ministre des Finances néerlandais.

La décision fin juin des Britanniques de quitter l'UE, le Brexit, a sonné comme un coup de tonnerre dans le ciel de la City, le quartier financier de Londres, qui craint de perdre son statut de principal centre financier mondial avec New York.

Des manifestants hostiles à l'Union européenne défilent devant le siège des deux chambres du
Des manifestants hostiles à l'Union européenne défilent devant le siège des deux chambres du Parlement à Londres le 23 novembre 2016 ( AFP/Archives / BEN STANSALL )

Parmi les inquiétudes, la perte du "passeport" européen, un dispositif qui permet de vendre un produit financier dans l'ensemble de l'UE après l'approbation d'un seul des 28 régulateurs nationaux, ce qui pourrait pousser certains groupes à déménager ou relocaliser une partie de leurs activités sur le continent.

La City est également inquiète de perdre les activités de compensation en euros, c'est-à-dire le rôle d'intermédiaire entre le vendeur et l'acheteur de produits financiers libellés dans la monnaie de la zone euro.

Dans le même temps, Francfort, Paris, Amsterdam ou Luxembourg aimeraient --plus ou moins ouvertement-- récupérer une part du gâteau financier.

Selon M. Dijsselbloem, l'option privilégiée par le secteur financier serait que "les Britanniques acceptent la totalité des normes et des exigences" actuelles.

Mais "sur certains sujets", ils ont "déjà des possibilités de s'écarter des standards de l'Union bancaire", a-t-il ajouté.

"Nous ne pouvons pas laisser un pays tiers garder l'accès (...) au marché des services financiers en Europe si dans le même temps nous les laissons s'écarter des standards sur les besoins (des banques) en capitaux, la protection des consommateurs, etc", a-t-il poursuivi.

Le gouvernement britannique refuse de donner le moindre indice sur la manière dont il entrevoit la future relation du Royaume-Uni avec l'UE. Le Premier ministre conservateur Theresa May a uniquement promis que les négociations de sortie démarreraient avant la fin mars 2017.

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  • M2286010 il y a une semaine

    Paris en concurrence avec le Luxembourg pour récupérer une part du gâteau ! Dur, dur, la fiscalité n'est pas tout à fait identique...

  • fquiroga il y a une semaine

    Brexit means BREXIT....NOW

  • jmlhomme il y a une semaine

    Il est evident que le centre financier Europe ne sera pas dans un pays Hors Europe.... L'acces au premier marché occidental ne se negocie pas à perte.... Mieux vaut aucun accord Europe - RU qu'un accord non favorable à l'Europe. Nous n'avons rien à perdre.... Laissons les avec le Commonwealth. Ils n'auront jamais les avantages qu'ils avaient reussis à forcer sans être Intégrés. Evidemment... Aucune raison ne sera bonne.... Et apparemment l'Europe se consolide sur ce point.

  • Neova il y a une semaine

    "Une grande place financière n'a pas sa place dans un enfer fiscal et bureaucratique"... se servir de la Finance pour faire du french bashing, c'est très drôle. Qu'à cela ne tienne, il y a 19 pays en zone euro et il reste 27 pays dans l'UE sans le RU. Le sujet, c'est que le centre financier de l'Union Européenne ne reste pas à Londres puisque le RU ne fait plus partie de l'UE

  • luc00115 il y a une semaine

    Londres était, Londres est et Londres sera toujours un grand centre financier et ce n'est certainement pas Paris qui la remplacera. Une grande place financière n'a pas sa place dans un enfer fiscal et bureaucratique.

  • Neova il y a une semaine

    George Osborne avait déclaré avoir remporté une victoire majeure pour la Grande-Bretagne et le marché commun. Maintenant que les anglais ont décidé de quitter l'UE, il va de soi que les chambres de compensation ne peuvent rester à Londres.

  • Neova il y a une semaine

    Le Royaume-Uni avait gagné contre la BCE à la Cour de Justice européenne pour que les chambres de compensation puissent se situer à Londres. Bien que ces chambres de compensation traitent d'énormes transactions en euros, le RU avait gagné contre la BCE. George Osborne avait déclaré avoir remporté une victoire majeure.

  • mk1 il y a une semaine

    Ce raisonnement me parait un signe de faiblesse!L'Angleterre en dehors de l'Europe sous peu, le centre financier de l'Europe DOIT SE TROUVER EN EUROPE et les préparatifs de transfert devraient deja etre en cours et actés.

  • TURBOLT il y a une semaine

    pas de pitie pour les anglais ce sont des girouettes

  • laurus il y a une semaine

    Si Londres garde les avantages de l'UE sans les contraintes, c'est la fin de l'UE. À vous de voir, les "messieurs de Bruxelles".