Brexit-La place de Paris ne s'avoue pas vaincue sur la TTF

le
0
    par Julien Ponthus et Maya Nikolaeva 
    PARIS, 21 octobre (Reuters) - La place de Paris a bon espoir 
de voir les parlementaires revenir sur le durcissement de la 
taxe sur les transactions financières (TTF), une mesure qui 
nuit, selon elle, à l'intense campagne menée pour faire de Paris 
une alternative à la City de Londres après la sortie des 
Britanniques de l'Union européenne. 
    "Le dialogue est mené entre la place et les parlementaires 
pour permettre de faire prendre en compte les enjeux du moment", 
 a déclaré vendredi à Reuters Arnaud de Bresson, délégué général 
de Paris Europlace, l'organisme chargé de défendre les intérêts 
de la place financière.  
    Dans le cadre de l'examen en première lecture du projet de 
loi de finances (PLF) pour 2017, les députés ont voté dans la 
nuit de mercredi à jeudi l'élargissement du champ de la TTF aux 
transactions intrajournalières (dites "intra-day") - parmi 
lesquelles figurent les transactions à haute fréquence - et de 
relever le taux de ce prélèvement à 0,3% contre 0,2% 
actuellement. 
    "Nous comptons bien évidemment revenir sur ce sujet, dans 
les prochaines étapes de la discussion au Sénat puis à 
l'Assemblée nationale et à travers nos contact avec le 
gouvernement", a assuré Arnaud de Bresson pour qui un 
durcissement de la taxe constituerait "un mauvais message" 
envoyé par la France aux milieux financiers internationaux.   
    La possible perte du "passeport européen", qui assure 
l'accès aux marchés de l'Union européenne, obligerait les 
sociétés régulées à Londres à obtenir un agrément dans un pays 
de l'UE, ce qui a suscité la convoitise et la concurrence de 
nombreuses places financières comme Paris, Francfort, Milan, 
Amsterdam ou Dublin. 
    Le gouvernement, la ville de Paris, la région Île-de-France 
et le secteur financier français ont annoncé de nombreuses 
initiatives et un paquet de mesures, notamment fiscales pour 
renforcer l'attractivité de la France. 
    Dans ce contexte, le durcissement de la TTF est vu par les 
milieux financiers français comme une mesure contre-productive.  
    "Ces dispositions vont renchérir le coût du financement des 
entreprises françaises, et vont annihiler les efforts collectifs 
pour la compétitivité de la Place de Paris", estime pour sa part 
la Fédération bancaire française, qui évoque "un jour sombre 
pour l'attractivité de la France". 
    "C'est ce qu'on appelle le génie français", a commenté 
ironiquement un administrateur d'une grande banque commerciale 
française.  
    En privé, certains banquiers estiment que la France a de 
toute façon peu de chances de profiter du Brexit en raison de sa 
fiscalité et de son droit du travail, souvent jugés trop lourds 
en comparaison avec d'autres pays.  
    Certains financiers jugent également que l'épisode de la 
taxe à 75% de François Hollande a durablement terni l'image de 
la place. 
     
    Voir aussi :  
    La France déroule le "tapis rouge" pour les déçus du Brexit 
     
 
 (Avec Jean-Baptiste Vey et Myriam Rivet, édité par Jean-Michel 
Bélot) 
 
Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant