Brexit-La France fixe ses lignes rouges en réponse à Tusk

le , mis à jour à 20:25
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 (Actualisé avec Hollande) 
    PARIS, 3 février (Reuters) - La France a fait mercredi du 
respect des traités européens actuels et de la non interférence 
de la Grande-Bretagne dans la zone euro ses lignes rouges dans 
les discussions avec Londres pour éviter un "Brexit". 
    Lors du Conseil européen des 18 et 19 février, il ne pourra 
y avoir ni ajustement ni négociation sur les demandes 
britanniques liées au référendum sur la sortie de l'Union 
européenne, a estimé François Hollande, qui a aussi repoussé 
toute idée d'un "veto" des pays hors zone euro à l'égard de ceux 
ayant adopté la monnaie unique. 
    "Il y aura des rectifications si c'est nécessaire (mais) il 
ne peut pas y avoir de nouvelles négociations. Nous sommes 
arrivés à un point qui doit permettre de donner aux Britanniques 
les assurances nécessaires dans le respect des principes 
européens",  a dit le président français dans une déclaration à 
l'Elysée aux côtés de la Première ministre polonaise.  
    "Nous sommes attachés à la libre circulation, à ce que les 
pays qui ne sont pas membres de la zone euro soient (...) 
informés de tout ce qui se décide dans la zone euro mais il ne 
peut pas y avoir de veto de pays hors zone euro à l'égard de ce 
que nous avons à faire dans la zone euro", a-t-il insisté. 
    Le président du Conseil européen, Donald Tusk, a présenté 
mardi des propositions de réforme de l'Union européenne pour 
tenter de convaincre les Britanniques, qui doivent bientôt être 
consultés par référendum, de rester dans l'UE. 
    La France considère qu'une discussion "peut tout à fait 
s'engager" sur ces propositions, a déclaré le porte-parole du 
gouvernement français, Stéphane Le Foll, à l'issue du conseil 
des ministres. Mais "les limites sont fixées". 
     
    "DANS LE CADRE DES TRAITÉS ACTUELS" 
    Ces lignes rouges ont été rappelées au conseil par le chef 
de la diplomatie et confirmées par le chef de l'Etat. 
    "Deux points pour la France sont extrêmement importants", a 
déclaré Laurent Fabius, cité par Stéphane Le Foll. "On doit 
rester dans le cadre des traités actuels au niveau européen et 
il ne peut pas y avoir d'interférence des pays hors zone euro 
sur des pays dans la zone euro." 
    Paris est "pour que des solutions soient trouvées" mais sur 
ces deux points, c'est "la ligne que (fixe) la France dans ces 
discussions entre l'Europe et la Grande-Bretagne", a renchéri 
François Hollande, selon le porte-parole du gouvernement. 
    Autrement dit, a expliqué Stéphane Le Foll, la France n'ira 
pas au-delà de ce qui remettrait en cause les traités actuels, 
en particulier concernant les droits sociaux, et n'acceptera pas 
une modification des règles régissant les rapports entre pays de 
la zone euro et hors zone euro. 
    Or, le Premier ministre britannique, David Cameron, demande 
des réformes dans quatre domaines, dont précisément ceux-là. 
    Les propositions Tusk, qui doivent être discutées par le 
Conseil européen des 18-19 février, prévoient notamment que 
Londres pourra suspendre le versement de prestations sociales 
aux ressortissants de l'UE arrivés depuis peu dans le 
Royaume-Uni pour y travailler.   
 
 (Emmanuel Jarry et Elizabeth Pineau, édité par Yann 
Leguernigou) 
 
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