Brexit-La Défense française craint de perdre un allié de poids

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    * Au ministère de la Défense, on déplore le Brexit 
    * Mais le Royaume-Uni doit garder son rang, dit-on 
 
    PARIS, 24 juin (Reuters) - La France craint de voir le 
Royaume-Uni réviser à la baisse ses ambitions militaires à la 
suite du "Brexit" et abandonner à son voisin le rôle de seule 
puissance européenne dans ce domaine, dit-on dans l'entourage du 
ministre français de la Défense. 
    Jean-Yves Le Drian avait publié mercredi une tribune dans le 
quotidien britannique The Telegraph pour expliquer que le 
Royaume-Uni était plus puissant dans l'Union européenne et, sans 
le dire explicitement, exhorter les électeurs à y rester. 
    "Le résultat du vote n'est évidemment pas celui qu'on aurait 
pu souhaiter", a-t-on déclaré dans l'entourage du ministre 
vendredi, au lendemain du scrutin qui s'est soldé par un "non" à 
l'Union. 
    "Nous avons en Europe un partenaire principal en matière de 
Défense, le Royaume-Uni. Il est celui qui est le plus à même de 
se déployer à l'étranger lorsque c'est nécessaire ou de 
développer des coopérations industrielles de très haut niveau 
(...). Tout ceci, parce que c'est notre intérêt, doit se 
poursuivre", ajoute-t-on. 
    "On a énormément de raisons de continuer à travailler 
ensemble pour éviter le repli stratégique qu'on peut craindre à 
l'issue de ce vote", poursuit-on. 
    "Nous avons là un des seuls partenaires, et peut-être même 
le seul qui ait à la fois la capacité et la volonté de maintenir 
un appareil de défense crédible et actif à l'échelle 
internationale", dit-on encore. 
    Dans l'entourage du ministre, on insiste donc sur l'idée que 
la France fera en sorte que le pays demeure un acteur de premier 
plan sur la scène internationale, à défaut d'en être un au sein 
de la construction européenne. 
    "L'Union européenne a perdu un pays qui, certes, pouvait 
être bloquant sur un certain nombre de projets mais qui était 
aussi moteur dans d'autres", souligne-t-on de même source. 
    "Je prends un exemple très précis: quand nous avons négocié 
le mandat de l'opération européenne Sophia dans la lutte contre 
les flux d'armements en Méditerranée, on n'a pas eu 36 
partenaires pour le faire: on l'a fait avec les Britanniques et 
les Allemands", précise-t-on. 
    "Au sein de l'Union européenne, les Américains n'auront 
plus, comme partenaire de référence en matière de Défense, que 
les Français. C'est un constat objectif."    
    Réagissant au vote britannique, François Hollande a de son 
côté affirmé dans la journée que les "relations étroites" avec 
le Royaume-Uni en matière de Défense, largement fondées sur des 
accords bilatéraux, seraient "préservées".  
    La posture française "devra de toute façon être affinée dans 
les prochains jours", selon l'entourage de Jean-Yves Le Drian.   
  
 
 (Simon Carraud, édité par Yves Clarisse) 
 
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  • bern1616 le vendredi 24 juin 2016 à 18:47

    les autres sont moinsC

  • bern1616 le vendredi 24 juin 2016 à 18:47

    la france toute seule c normal c'est la seule a aller dans des pays ou y a rien à gagner!

  • aerosp le vendredi 24 juin 2016 à 18:27

    pourquoi, ils veulent bombarder la libye de nouveau, ils n'ont pas suffisamment semé le chaos ?