Brexit-La campagne reprend, le "In" donné gagnant

le , mis à jour à 12:15
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    * Deux sondages donnent le "In" devant le "out" 
    * Un troisième donne les deux camps à égalité 
    * Le Mail on Sunday soutient David Cameron pour le maintien 
    * Le Sunday Times pour le Brexit 
    * La campagne reprend après trois jours de suspension 
 
 (Actualisé avec Osborne) 
    par William James 
    LONDRES, 19 juin (Reuters) - La campagne pour le référendum 
de jeudi sur le maintien du Royaume Uni dans l'Union européenne 
reprend dimanche, trois jours après le meurtre de la députée 
travailliste Jo Cox, alors que le "In", pour lequel elle 
militait, remonte dans les sondages.  
     "Nous serons jeudi face à un choix existentiel", écrit le 
Premier ministre David Cameron dans les colonnes du Sunday 
Telegraph. "Vous devez donc vous poser la question suivante: 
'Ai-je vraiment entendu un seul argument à même de me convaincre 
qu'une sortie serait la meilleure chose pour la sécurité 
économique de ma Famille ?'".  
    Michael Gove, l'un des porte-parole du camp du Brexit, y 
répond par l'affirmative, tout en minimisant le portée du 
scrutin.  
    "Je ne peux pas prédire l'avenir, mais je ne crois pas que 
le fait de quitter l'Union européenne affaiblirait notre 
économie. Je pense qu'il la renforcerait", dit-il dans un 
entretien accordé au même journal.  
    "L'estimation médiane est que notre PIB pourrait perdre 5 à 
6%. Je pense qu'il est possible que ce soit bien pire que cela", 
a quant à lui averti le ministre des Finances, George Osborne, 
interrogé dimanche par la chaîne ITV.  
    "Les gens anticipent déjà. Ils n'achètent plus ni maisons ni 
voitures. Ils reportent leurs investissements (...) C'est un 
avant-goût de ce qui nous attends", a-t-il ajouté.  
    Agée de 41 ans et mère de deux enfants, Jo Cox été tuée en 
pleine rue alors qu'elle se préparait à tenir sa permanence 
hebdomadaire dans sa circonscription de Birstall, près de Leeds. 
    Son agresseur, un homme de 52 ans nommé Thomas Mair, qui 
serait lié à l'extrême droite et aurait des antécédents 
psychiatriques, a été inculpé samedi.   
    La mort de l'élue considérée comme l'une des étoiles 
montantes du Labour a soulevé une vague d'indignation et aura 
sans doute des conséquences sur le scrutin. Deux sondages 
publiés samedi donnent d'ailleurs le maintien gagnant. 
     
    "RETOUR EN FORCE DU STATU QUO"  
    L'un, réalisé vendredi et samedi par l'institut Survation 
pour le Mail on Sunday, qui s'est prononcé en faveur de ce 
maintien, place le camp du "In" en tête avec 45% des suffrages 
contre 42% pour le "Out". 
    Le précédent sondage Survation, effectué pour le compte du 
cabinet d'analyse financière IG quelques heures avant le meurtre 
de Jo Cox, donnait exactement le contraire. 
    Le dernier sondage Yougov pour le Sunday Times, réalisé 
jeudi et vendredi, donne un point d'avance au camp du "In" avec 
44% contre 43% pour le "Out". 
    Les résultats du sondage ne reflètent toutefois pas l'impact 
du meurtre de la députée britannique, mais plutôt des 
inquiétudes pour l'économie, a dit le journal dominical. 
    "Nous vivons les derniers jours de la campagne pour le 
référendum et le retour en force du statu quo paraît être très 
marqué", souligne Anthony Wells de l'institut de sondage YouGov. 
    Un troisième sondage publié samedi en début de soirée pour 
le journal The Observer donne les deux camps à égalité, avec 
44%.  
    L'enquête a été effectuée par l'institut Opinium auprès de 
2.006 personnes entre le 14 et le 17 juin. La plupart des sondés 
ont répondu avant le meurtre de Jo Cox.  
    Le précédent sondage Opinium/Observer, publié le 11 juin, 
donnait le camp du "In" légèrement devant, avec 44% contre 42% 
au camp du "Out".  
    Le Daily Mirror publie quant à lui une enquête de l'institut 
YouGov réalisée les 15 et 16 juin (avant le meurtre de Jo Cox) 
et donnant aux partisans du Brexit une avance de deux points 
(44%) sur ceux du maintien (42%). 
    Contrairement au Mail on Sunday qui s'est prononcé en faveur 
d'un maintien, le Sunday Times s'est lui dit en faveur d'un 
"Brexit". 
    Le journal a appelé les électeurs à voter "non" afin de 
faire pression pour des réformes en profondeur, quitte à 
rejoindre ensuite l'UE avec un second référendum, une idée 
soutenue par l'ex-maire de Londres Boris Johnson, devenu dans 
les faits chef de file des partisans du Brexit. 
 
 (Julie Carriat, Jean-Stéphane Brosse et Jean-Philippe Lefief 
pour le service français) 
 
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