Brexit-La BCE discute avec des banques basées à Londres

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 (Actualisé avec autres déclarations de Sabine Lautenschläger et 
de Mark Carney) 
    FRANCFORT, 15 novembre (Reuters) - La Banque centrale 
européenne discute avec des banques cherchant à transférer une 
partie de leurs activités de Londres vers la zone euro à la 
suite du vote britannique en faveur d'une sortie de l'Union 
européenne, a déclaré mardi Sabine Lautenschläger, membre du 
directoire de la BCE et responsable de la surveillance bancaire. 
    Le gouverneur de la Banque d'Angleterre (BoE), Mark Carney, 
a prédit de son côté que des établissements basés à Londres 
pourraient commencer à transférer des activités dès fin 2017 si 
le scénario d'un Brexit "dur" se profile et si le gouvernement 
de Theresa May déclenche la procédure de sortie de l'UE en mars 
prochain comme prévu. 
    Les banques basées en Grande-Bretagne craignent de perdre 
leur passeport européen, qui leur permet de vendre leurs 
services dans toute l'UE, un marché de 450 millions de 
personnes, après le Brexit. Certaines pourraient délocaliser 
suffisamment d'actifs et d'opérations vers la zone euro pour 
être placées sous la supervision de la BCE. 
    "Il y a déjà de nombreuses banques qui nous demandent des 
entretiens et des réunions pour pouvoir identifier quels sont 
nos points de pression et où nos méthodes diffèrent de celles de 
la PRA", a dit Sabine Lautenschläger lors d'une conférence à 
Francfort. "Il est certain que nous nous préparons." 
    L'Autorité de régulation prudentielle (PRA) de la BoE est 
actuellement la principale autorité de tutelle non seulement 
pour les établissements britanniques mais aussi pour les 
activités européennes des banques américaines et asiatiques. 
    L'UE a prévenu à de multiples reprises la Grande-Bretagne 
que la liberté de circulation des capitaux ne pouvait pas être 
séparée de la liberté de circulation des personnes. Or, les 
banques installées à la City de Londres craignent que Theresa 
May privilégie la maîtrise de la politique d'immigration dans 
ses négociations avec l'UE sur le Brexit, quitte à perdre 
l'accès au marché unique européen. 
    "Nous avons un groupe de travail (...) qui examine tous les 
scénarios possibles, passeport européen ou non, autorisations, 
approbations de modèles (...) et voit quels types de préparatifs 
peuvent être effectués avec nos collègues de la PRA", a dit 
Sabine Lautenschläger. 
    A Londres, Mark Carney a déclaré que banquiers et assureurs 
se préparaient à divers scénarios face au risque d'une perte 
d'accès au marché unique européen. Il a toutefois jugé qu'il 
serait "précipité" de leur part de prendre des décisions 
définitives. 
    Le gouverneur de la BoE a estimé que les établissements 
financiers pourraient commencer à délocaliser leurs activités 
environ un an et demi avant la sortie effective de la 
Grande-Bretagne de l'UE si un Brexit "dur", avec perte du 
passeport européen leur semble probable. 
 
 (Francesco Canepa, Véronique Tison et Bertrand Boucey pour le 
service français) 
 
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  • doussine il y a 3 semaines

    oops! quelques commentaires avisés des pro-Brexit seraient le bienvenue;-)