Brexit : l'immobilier britannique ne séduit plus les investisseurs

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Les investissements immobiliers ont baissé de 25 à 30 % l'an dernier au Royaume-Uni. Les concurrent étrangers comptent profiter de ce trou d'air tandis que les Britanniques lancent une opération séduction au Mipim.Cette année au MIPIM, la délégation britannique sera plus étoffée que les précédentes années. En raison des incertitudes liées aux conditions de sortie du Brexit, le gouvernement représenté par le département du commerce international, a décidé de faire le déplacement à Cannes. Objectif: promouvoir l'attractivité de leur pays auprès d'investisseurs dans l'expectative. Il faut dire que depuis juin dernier, le vote en faveur du Brexit a jeté un froid sur le marché immobilier d'entreprise londonien, habituellement hyperactif, où les tours de bureaux poussent comme des champignons. «En 2016, le volume d'investissements a baissé de 25 à 30 % au Royaume-Uni et, dans une moindre mesure, en France et en Allemagne. Le Brexit a eu notamment pour effet de ralentir les velléités d'opérations spéculatives. Aujourd'hui, les promoteurs et les développeurs sont plus prudents», explique Anne Tolédano, responsable à Londres des activités de financement immobilier pour le Crédit agricole CIB. Tant que les acteurs du secteur n'en savent pas plus sur le scénario de sortie adopté, beaucoup adoptent la stratégie du «wait and see». » Lire aussi: Le Brexit coûterait cher aux propriétaires britanniques Dans un climat économique favorable, la City continue d'afficher de solides fondamentaux. Ses valeurs locatives sont stables. Le taux de vacance du parc immobilier du centre de Londres est au plus bas (4,3 %). Le rendement des actifs «prime» (les immeubles les mieux placés) remonte légèrement. «Avec la baisse de la livre sterling et malgré les incertitudes, ces rendements sont redevenus un peu plus attractifs pour les investisseurs étrangers», observe Neil Blake, chef économiste chez CBRE EMEA à Londres. Pour Jasper Gilbey, du fonds d'investissement TH Real Estate, «Londres devrait rester un marché important. Nous adoptons un comportement opportuniste d'acquisition en vue d'une détention à long terme». Ce qui pose un réel problème à tout ce monde de l'immobilier, c'est qu'il est difficile de quantifier les éventuels départs de la City, notamment ceux du secteur financier. «C'est complexe, car déménager est un long processus de décision. Il faut parfois de deux ans à deux ans et demi pour trouver un immeuble adéquat ailleurs et programmer le transfert de la société», souligne Magali Marton, à la tête du département Recherche de Cushman & Wakefield. Le broker Jones LangSalle (JLL) a envisagé trois scénarios: un Brexit «version douce» avec le «passeport financier» qui ne changerait pas la vie des entreprises européennes ; une sortie «modérée» avec de nouveaux traités commerciaux et enfin une issue plus dure. «Dans la première hypothèse, 10.000 emplois seraient amenés à quitter Londres. Dans la seconde, ce chiffre passerait à 60.000. Pour la troisième, le cap des 100.000 serait franchi», détaille Marie-Laure Leclercq de Sousa, directeur du département Agence chez JLL. Même sans connaître les modalités à venir, les villes européennes se sont déjà manifestées pour accueillir l'éventuel exode des cadres de la finance. Les représentants de la Mairie de Paris et de la région Ile-de-France feront le voyage au MIPIM pour louer les vertus du marché tertiaire francilien. «La présidente de la région, Valérie Précesse, a déjà adressé 4 000 lettres à des entreprises basées à Londres en vue d'une éventuelle relocalisation. Elle a aussi fait le déplacement dans la City, en février dernier, pour convaincre le secteur financier de choisir la France. Nous voulons vraiment attirer les investisseurs et nous le faisons savoir sans complexe», explique Othan Nasru, vice-président de la région Île-de-France en charge des affaires internationales. L'exil consécutif au Brexit ne s'est pas encore concrétisé. Les sociétés en sont toujours à l'étape de la réflexion. Toutefois, les premières décisions pourraient intervenir dès la fin de cette année.

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