Brexit-L'évaluation des modèles bancaires, botte secrète de la BCE

le
0
    par Huw Jones 
    LONDRES, 10 novembre (Reuters) - Une initiative de la Banque 
centrale européenne (BCE) destinée à uniformiser les méthodes de 
calcul des besoins en fonds propres des banques pourrait bien 
aider la zone euro à attirer les banques non britanniques 
opérant en Grande-Bretagne après la sortie de cette dernière de 
l'Union européenne (UE).  
    Ces dernières ont dit qu'elles pourraient transférer 
certaines de leurs opérations dans la zone euro en vue du Brexit 
si c'est le seul moyen de continuer à bénéficier du "passeport 
européen", leur permettant de servir leur clientèle dans 
l'ensemble de l'Union européenne quel que soit leur pays 
d'implantation. 
    C'est ce que compte faire en particulier Goldman Sachs 
 GS.N , selon des sources proches du dossier.   
    Paris, Francfort, Milan, Luxembourg, Dublin et Madrid sont 
sur les rangs pour attirer les banques londoniennes mais elles 
craignent que les instances de la zone euro n'aient pas 
l'expérience suffisante pour appréhender les modèles utilisés 
par les grands établissements afin de calculer leurs besoins de  
fonds propres. 
    Elles ne disposent pas non plus des effectifs adéquats pour 
délivrer les autorisations nécessaires en temps et en heure, 
ajoutent les banques, observant que, de ce fait, le nombre de 
villes dans lesquelles elles pourraient délocaliser est limité. 
    Un point que la BCE tente de rectifier. 
    La banque centrale a mis sur pied en décembre un projet 
appelé "examen ciblé des modèles internes" (TRIM), destiné à 
évaluer la fiabilité et la comparabilité des modèles bancaires 
et aligné sur les travaux similaires du Comité de Bâle. 
    Le TRIM, destiné entre autres choses à vérifier si certains 
établissements ne paramètrent pas leurs modèles de façon à 
minimiser leurs besoins en fonds propres, s'articule sur une 
batterie de modèles type élaborés par les régulateurs nationaux 
et la BCE elle-même. 
    "Le TRIM anticipe des examens sur place de modèles de 
crédit, de marché et de contrepartie du risque crédit choisis, 
de 2017 à 2018 (ou 2019 si le projet est prolongé pour le risque 
crédit)", avait dit la BCE en mars. 
    "La validation des modèles sera l'une des nombreuses 
questions à résoudre pour les banques qui songent à relocaliser 
après le Brexit mais je ne suis pas certain que ce soit la plus 
importante", a dit Thomas Huertas, associé du consultant EY.  
    Un responsable d'une banque américaine explique que les 
établissements espèrent que les autorités continentales 
proposeront soit une procédure d'autorisation fluide, soit 
accepteront pendant une période déterminée les autorisations 
déjà accordées par les régulateurs britanniques. 
    "Ça se fait discrètement en coulisses, et très 
sérieusement", ajoute-t-il, doutant que tous les efforts 
déployés pour attirer les opérations financières en euro dans la 
zone éponyme tombent à plat en raison d'équipes d'homologation 
insuffisantes. 
    L'oeuvre de normalisation de la BCE au niveau des 
régulateurs nationaux pourra s'appuyer par ailleurs sur 
l'Autorité bancaire européenne (ABE), qui entend harmoniser les 
méthodes employés par ces régulateurs pour jauger les modèles. 
    Les régulateurs nationaux jugent les modèles des banques 
dont l'actif ne dépasse pas 30 milliards d'euros, la BCE prenant 
le relais au-delà. 
    Toutefois, la BCE définit les procédures et les directives 
de validation des modèles bancaires dans l'ensemble de la zone 
euro et peut intervenir au niveau local si elle décèle des 
incohérences.   
     
 
 (Wilfrid Exbrayat pour le service français, édité par Marc 
Joanny) 
 

Valeur associée
  Libellé Bourse Dernier Var. Vol.
Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant