Brexit: l'économie britannique surprend encore par sa vigueur en octobre

le , mis à jour à 13:02
28
Les ventes au détail britanniques ont bondi, en volume, de 1,9%, en octobre sur un mois ( AFP/Archives / JUSTIN TALLIS )
Les ventes au détail britanniques ont bondi, en volume, de 1,9%, en octobre sur un mois ( AFP/Archives / JUSTIN TALLIS )

L'économie du Royaume-Uni a une nouvelle fois surpris par sa vigueur avec de robustes ventes au détail publiées jeudi pour le mois d'octobre, confirmant sa bonne santé depuis la décision des Britanniques de quitter l'Union européenne.

Ces ventes au détail, en volume, ont bondi de 1,9% en octobre sur un mois, dopées notamment par l'appétit des consommateurs pour les biens vestimentaires, a annoncé l'Office des statistiques nationales (ONS).

Les économistes interrogés par l'agence Bloomberg ne s'attendaient en moyenne qu'à une progression de 0,5%.

Les consommateurs n'ont pas semblé troublés outre mesure par les incertitudes entourant les conditions de sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne, alors que les négociations formelles entre Londres et Bruxelles n'ont pas encore commencé.

"Les dépenses hebdomadaires moyennes ont connu leur pic de l'année en octobre, dopées par les ventes liées à Halloween dans les supermarchés et des températures plus froides propices aux ventes de vêtements", a souligné James Hughes, analyste chez GKFX.

Le mois de septembre avait à l'inverse été particulièrement doux, ce qui a pu inciter certains consommateurs à attendre un refroidissement avant d'acheter des vêtements d'hiver. Les ventes dans les magasins de vêtements et de chaussures ont bondi de 5,1% en octobre, a précisé l'ONS.

Une bonne tenue d'ensemble dans les autres secteurs, y compris les commerces alimentaires, a permis in fine d'aboutir à une progression mensuelle dont la vigueur a surpris la plupart des analystes.

"La réalité, c'est que les gens n'ont pas vraiment de raison de réduire leurs dépenses, leur vie quotidienne n'a pas changé depuis le référendum", a expliqué Fabrice Montagné, économiste chez Barclays.

Les dépenses hebdomadaires moyennes ont leur pic de l'année en octobre, dopées par les ventes li&ea
Les dépenses hebdomadaires moyennes ont leur pic de l'année en octobre, dopées par les ventes liées à Halloween ( AFP/Archives / Daniel Leal-Olivas )

Sur un an, la progression des ventes au détail est même de 7,4%. "Elle atteint le double de l'augmentation des revenus disponible des ménages", note toutefois Alan Clarke, économiste chez Scotiabank. Il pense que ce rythme, insoutenable sur la durée, a bénéficié aussi des achats de touristes étrangers venus profiter de la dépréciation de la livre sterling.

Reste que la publication de ces données rassurantes intervient après l'annonce cette semaine de deux autres indicateurs plutôt favorables par l'ONS.

L'inflation a ainsi légèrement ralenti à 0,9% en octobre sur un an, tandis que le taux de chômage a un peu reculé à 4,8% lors de la période de trois mois achevée fin septembre, son plus bas niveau depuis 2005.

Pendant l'été déjà, l'économie britannique avait fait mentir la majorité des analystes qui avaient prévu des difficultés immédiates en cas de vote pour le Brexit. La croissance du produit intérieur brut au troisième trimestre (juillet à septembre) a atteint en effet le rythme vigoureux de 0,5%, d'un trimestre sur l'autre.

- Le pire à venir ? -

Mais nombre d'économistes préviennent que l'activité du pays devrait pâtir de premières conséquences fâcheuses du processus de Brexit l'année prochaine, les entreprises semblant se montrer plus réticentes à investir face aux incertitudes engendrées par cette sortie inédite.

Les consommateurs pourraient de surcroît pâtir de la nette hausse prévue de l'inflation, dopée par la chute de la livre sterling consécutive au vote pour le Brexit. Les analystes soulignent que les salaires risquent de ne pas suivre le rythme de la hausse des prix à la consommation, attendue à 2,8% en rythme annuel à la fin 2017 par la Banque d'Angleterre.

La croissance du produit intérieur brut au troisième trimestre a atteint le rythme vigoureux de 0,5%
La croissance du produit intérieur brut au troisième trimestre a atteint le rythme vigoureux de 0,5% ( AFP/Archives / Daniel Leal-Olivas )

"Les ventes au détail devraient freiner brutalement dès le début 2017, lorsque les distributeurs vont faire passer aux consommateurs la hausse des prix à l'importation" dopés par la dépréciation de la livre, a expliqué Samuel Tombs, de Pantheon Macroeconomics.

Au final, le pouvoir d'achat des ménages devrait diminuer, au risque de peser sur la consommation et donc sur l'activité du pays.

Pour tenter de parer à ce risque, le ministre des Finances, Philip Hammond, pourrait inclure dans son budget rectificatif attendu mercredi prochain des mesures de soutien aux familles les plus modestes.

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
  • mlaure13 il y a 3 semaines

    Rien d'étonnant...les gens continuent à vivre comme tout le monde ...:-)

  • frk987 il y a 3 semaines

    Pour simple info la GB : est toujours membre à part entière de l'UE, on en reparlera si un jour ils sortent, perso j'en doute énormément. Tout ce qu'ils ont réussi à faire pour l'instant c'est d'avoir dévalué la livre sterling de 15%, mais à part ça, rien n'est changé.

  • M2310631 il y a 3 semaines

    La baisse ou la montée du pound ne va pas effacer les éventuelles barrières protectionnistes qui vont s'élever.Réfléchissez un peu. Si on produit 20% moins cher et qu'il y a 30% de protection vous allez être trop cher. Le protectionnisme c'est faire des murs. Mais les murs existent dans les deux sens

  • M2310631 il y a 3 semaines

    La preuve ? alors que la Grande Bretagne n'est pas encore sortie et qu'elle bénéficie encore de l'Europe ?Moi je suis de ceux qui espèrent qu'elle s'en sortira au mieux. Et ceux qui invectivent ou répandent la F-Haine on les connait....

  • xenfab il y a 3 semaines

    RAPPEL: Le Brexit n'a pas eu lieu, pas plus que les 1eres mesures ou négociations avec l'Europe. Même si il y a eu un impact sur la monnaie, pour l'instant on n'en est qu'à une simple consultation.

  • restif1 il y a 3 semaines

    Ne sont surpris que les habituels prophètes de malheur

  • kejocol il y a 3 semaines

    Encore bravo pour les sondages !!! les anglais peuvent tres bien se passer de l'europe, la preuve est ici. ils ont les mains libres pour faire ce qu'ils veulent pour etre competitifs face aux europeens. c'est encore un argument positif pour Marine. on y arrive en 2017.

  • tchazard il y a 3 semaines

    le pound baisse , eux ils font de la croissance , l 'euro apatride se viande de 35% et l 'UE et la france rament pareil . pitoyable monnaie de ruine economique

  • dupon666 il y a 3 semaines

    le raisonnement de certains est tres curieux....quand ça va mal pour l'UK c'est à cause du brexit et c'est bien fait pour eux.....et quand ça va plutot bien alors c'est parce que c'est pas encore le brexit..

  • indyta il y a 3 semaines

    on sait pas quoi faire!il faudra shabituer a se faire exploser,le risque zero n existe pas..bon alors c est pas la peine d ecouter tout le monde..