Brexit : et la facture pour les Britanniques serait de ... 59 milliards de livres

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Quasiment une onde de choc à Westminster avec les prévisions budgétaires colossales dues à la sortie du l'Union européenne : la présentation d'une première facture a enflammé les eurosceptiques, et même le ministre des Finances a pris ses distances.

Le Brexit continue à enflammer les débats outre-Manche. ( AFP / ODD ANDERSEN )
Le Brexit continue à enflammer les débats outre-Manche. ( AFP / ODD ANDERSEN )

"C'est encore le scénario de la catastrophe totale" publié par une organisation "qui n'a rien compris" depuis le début, a dénoncé l'ancien ministre conservateur, Iain Duncan Smith, un des leaders eurosceptiques, dans le Daily Telegraph.

Mercredi, l'Office de responsabilité budgétaire, l'OBR, chargé de publier des prévisions de croissance, de recettes fiscales et d'endettement du gouvernement, a annoncé que le Brexit allait forcer les pouvoirs publics à emprunter quelque 59 milliards de livres supplémentaires en cinq ans, soit 69 milliards d'euros. Il a ajouté que Londres allait au total devoir recourir à 122 milliards de livres d'emprunt de plus, 143 milliards d'euros, d'ici à 2021 par rapport à sa précédente prévision de mars, en comptant l'effort financier de Londres pour doper l'investissement et soutenir le pouvoir d'achat des ménages.

L'office est un institut public mais indépendant du gouvernement. Créé en 2010, ses prévisions sont censées faire autorité, car elles ne sont pas concoctées par le pouvoir chargé de préparer et de présenter le budget.

Un autre député conservateur pro-Brexit, Jacob Rees-Mogg, a tout simplement rangé l'OBR au rang des "experts, devins et astrologues" aux intentions charlatanesques.

LA CRÉDIBILITÉ DE L'OBR EN QUESTION

L'ancien chef du Parti Travailliste Ed Miliband est l'un des rares à avoir volé au secours de l'OBR. "Et maintenant les Brexiters attaquent l'OBR. Ils ne peuvent gagner la partie sur leur Brexit dur et destructeur par la vérité, aussi essaient-ils de l'emporter par la fiction", a-t-il fustigé.

Mais le ministre des Finances lui-même, le conservateur Philip Hammond, a semblé prendre quelques distances jeudi avec les chiffres de l'OBR publiés mercredi au moment où il faisait sa déclaration budgétaire d'automne au Parlement. "La prévision économique n'est pas une science exacte et l'OBR souligne lui-même clairement dans son rapport qu'il y a un fort degré d'incertitude en raison des circonstances", a expliqué M. Hammond jeudi matin sur la BBC Radio 4. Il a ajouté que cette prévision n'était qu'"une des multiples possibilités" pour l'avenir.

Pour prévoir l'évolution des finances britanniques, l'OBR a notamment jugé que la croissance du pays n'atteindrait que 1,4% en 2017, bien moins que les 2,2% prévus encore en mars. Cela a d'autant plus choqué que l'activité britannique a pour l'instant bien résisté au choc du référendum du 23 juin.

L'OBR a mis en avant "l'incertitude" générée par le Brexit pour les entreprises qui va nuire aux investissements, une stagnation du pouvoir d'achat entraînée par une hausse de l'inflation et une moins bonne tenue du commerce extérieur pendant dix ans du fait de la sortie de l'UE.

Elle a ajouté que la raréfaction de l'immigration entraînerait un important manque à gagner pour le fisc.

DU MIEUX POUR PLUS TARD

Pour la suite toutefois, ses prévisions de croissance ne sont pas catastrophiques, avec 1,7% attendu en 2018 et surtout 2 à 2,1% lors des trois années suivantes.

Les analystes de Bank of America Merrill Lynch ont jugé ces estimations "optimistes", tout en disant "comprendre" cette prudence de l'OBR au vu "de l'absence de politique de sortie de la part du gouvernement".

Les annonces de mercredi n'ont en effet apporté aucune clarification sur la stratégie de négociations du gouvernement conservateur de Theresa May qui veut lancer formellement les négociations avec l'UE d'ici à fin mars.

La Première ministre semble toujours hésiter entre les partisans du "Brexit dur", qui sont prêts à renoncer à un accès privilégié au marché unique pour davantage contrôler l'immigration, et ceux qui favorisent une ligne plus conciliante avec Bruxelles au nom de la sauvegarde des intérêts économiques et financiers du Royaume-Uni.

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  • jmidy il y a 2 semaines

    Encore une prévision catastrophique a but pédagogique et en effet curieusement elles ne se réalisent jamais...

  • syjo il y a 2 semaines

    çà m'a tout l'air d'une punition arbitraire , histoire de décourager les prochains candidats à la sortie de l'euro !à surveiller

  • jk2016 il y a 2 semaines

    Facture salée de 69 milliards d'euros et ce n'est qu'un début ! De plus les investissements en provenance de l'étranger sont plombés (peur de la perte des avantages sur le marché européen). Et encore heureux que nous ne fassions pas de même car le franc serait attaqué et dévalué jusqu'à vider les comptes des épargnants français en faisant exploser la pauvreté et le chômage

  • pierry5 il y a 2 semaines

    jk bien sûr l'Euro est au pluis haut par rapport à une livre qui a dégringolé depuis le Brexit beaucoup du fait des charges intensives des médias contre les anglais. Mais cette £ commence se redresser. L'euro perd près de 30% par rapport au dollar sur 8 ans et près de 35% par rapport au FS sur 10 ans . La BCE ne fait rien car ça avantage l'industrie allemande mais ça ne va pas tenir longtemps encore.

  • npi6711 il y a 2 semaines

    rien n'est moins sure, ils en savent rien...

  • jk2016 il y a 2 semaines

    pierry la dette anglaise n'a rien à voir avec l'europe d'autant que le RU a conservé sa livre, sinon faudrait nous expliquer la dette américaine et japonaise (248%) alors qu'ils ne sont pas dans l'Europe.

  • jk2016 il y a 2 semaines

    pierryTu racontes n'importe quoi. L'euro est quasiment à ses plus hauts par rapport à la livre depuis 10 ans (1 € s'échange 0.84£ au lieu de 0.65£ en 2007) et la faiblesse de l'euro/dollar n'est que passagère : on avait eu de cesse de décrier la force de l'euro il n'y a pas si longtemps et il fut un temps ou la parité était parfaite.

  • pierry5 il y a 2 semaines

    lorant .. c'est les européens qui vont payer car ils ont un boni commercial de plus de 60 mlds sur la GB Si on prend la France par exemple c'est un des seuls pays avec lequel il font affaires en gagnant commercialement, plus de treize mlds de boni!!!!!!

  • sparre il y a 2 semaines

    J'attends les commentaires fumeux de la pme familliale Le PEN

  • pierry5 il y a 2 semaines

    lorant.. Vous n'avez pas regardé le niveau de la dette publique de la Norvège et de la Suisse respectivement 31% et 34% du PIB C'est le tiers de la France et des pays environnants.