Brexit-Cameron serait prêt à une concession majeure-presse

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    LONDRES, 13 décembre (Reuters) - David Cameron serait prêt à 
faire une concession majeure sur les prestations sociales dont 
bénéficient les ressortissants étrangers venant travailler au 
Royaume-Uni afin de faire progresser les négociations sur un 
nouveau statut de la Grande-Bretagne au sein de l'Union 
européenne, indiquent deux journaux britanniques, dimanche. 
    Le Premier ministre britannique réclamait, dans le cadre des 
nouvelles relations entre son pays et l'UE, que les 
ressortissants de l'espace communautaire soient soumis à une 
période de carence de quatre années avant de pouvoir prétendre à 
une couverture sociale en Grande-Bretagne. 
    Cette mesure était destinée à rendre la Grande-Bretagne 
moins attractive pour les migrants, en particulier ceux des pays 
d'Europe de l'Est moins fortunés, tentés par l'opportunité de 
s'y installer. 
    La question est devenue un sujet essentiel dans le débat 
actuel au sein de l'opinion publique britannique sur la remise à 
plat des relations entre Londres et Bruxelles. Elle est aussi un 
point d'achoppement majeur dans le processus de renégociation. 
    Citant des sources gouvernementales, The Telegraph et The 
Independent rapportent que Cameron aurait informé les dirigeants 
européens jeudi à Bruxelles qu'il était prêt à renoncer à ces 
exigences si un accord était conclu en vue d'une réduction de 
l'immigration vers son pays. 
    L'abandon de cette revendication, qui a largement fait la 
une des journaux britanniques, constituerait un recul pour le 
chef du gouvernement britannique et ne manquerait pas de ranimer 
les critiques de la frange la plus eurosceptique du parti 
conservateur. 
    Les travaillistes ont immédiatement réagi à cette 
information non confirmée en affirmant que Cameron avait été 
"défait" par son incapacité à constituer des alliances et par 
les réticences européennes. 
    "Il a choisi de placer les prestations sociales au coeur de 
la négociation mais réduire notre coopération avec l'Europe à 
cette simple question n'a jamais été une bonne idée en raison 
des emplois, de la croissance, de la sécurité et de l'influence 
que cela nous a apporté", a commenté Hilary Benn, porte-parole 
du Labour pour les questions internationales. 
    Selon lui, David Cameron doit tout faire pour maintenir la 
Grande-Bretagne dans l'Europe. 
     
    TOURNÉE EUROPÉENNE 
    Les deux journaux précisent que le chef du gouvernement 
britannique devrait informer ses partenaires lors du Conseil 
européen des 17 et 18 décembre à Bruxelles que sa demande 
concernant les prestations sociales demeurait d'actualité tant 
que des compensations n'avaient pas été trouvées sur la question 
plus large de l'immigration. 
    "Le plus important est de résoudre les problèmes et non la 
forme que prennent les accords", affirme une source au 10 
Downing Street citée par The Telegraph. 
    David Cameron, qui a effectué cette semaine une tournée dans 
plusieurs pays d'Europe de l'Est, a pu se rendre compte que sa 
demande sur les prestations sociales constituait un problème 
épineux pour les gouvernements de ces pays. 
    Le Premier ministre polonais Beata Szydlo a précisé qu'un 
accord n'avait pas pu être dégagé sur certaines questions après 
des entretiens avec Cameron à Varsovie, prenant en exemple la 
question des indemnités sociales. 
    Les Polonais sont les principaux bénéficiaires des mesures 
de libre circulation européennes depuis l'accession de leur pays 
à l'espace communautaire en 2004. 
    David Cameron a promis d'organiser d'ici 2017 un référendum 
sur le maintien de la Grande-Bretagne dans l'Union européenne. 
     
 
 (Estelle Shirbon; Pierre Sérisier pour le service français) 
 
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