Brexit-Cameron n'obtient aucune garantie du Parlement européen

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 (Actualisé tout du long) 
    par Alastair Macdonald 
    BRUXELLES, 16 février (Reuters) - David Cameron a repoussé 
mardi tout ajustement de l'avant-projet d'accord qu'il a arraché 
à l'Union européenne pour tenter de maintenir le Royaume-Uni 
dans l'ensemble communautaire, malgré la mise en garde du 
président du Parlement européen sur le fait qu'il n'était pas 
certain qu'il soit voté en l'état. 
    Au lendemain d'un entretien avec François Hollande, qui lui 
a fait part des réserves françaises sur le volet concernant les 
réglementations financières, le Premier ministre britannique a 
rencontré Martin Schulz et des représentants des principaux 
groupes politiques au Parlement, puis Jean-Claude Juncker, 
président de la Commission européenne.  
    Cameron n'a fait aucune déclaration publique pendant son 
déplacement à Bruxelles, où il reviendra dès jeudi pour un 
Conseil européen de deux jours qui sera presque entièrement 
consacré au risque de Brexit. 
    Selon une personne qui a assisté à l'un des entretiens, le 
chef du gouvernement britannique, qui s'est engagé à organiser 
un référendum sur le maintien du Royaume-Uni dans l'UE, 
peut-être dès le mois de juin, est apparu particulièrement 
nerveux pendant les rencontres du jour. 
    L'Allemand Manfred Weber, un allié de la chancelière 
allemande Angela Merkel qui préside le groupe conservateur au 
Parlement, dit l'avoir au contraire trouvé "sûr de pouvoir 
convaincre" les Britanniques de dire "non" au Brexit lors du 
référendum. 
    A Prague, où il assistait mardi à un sommet des pays 
d'Europe centrale, le président du Conseil européen, Donald 
Tusk, qui a présenté au début du mois l'avant-projet d'accord 
négocié avec Londres, a estimé que les dirigeants européens 
n'étaient plus très loin d'un accord définitif. 
    "Je suis convaincu qu'il ne nous reste que quelques pas à 
faire pour parvenir à un accord", a-t-il déclaré à l'issue d'un 
entretien avec le Premier ministre tchèque, Bohuslav Sobotka. 
    Tout en souhaitant le maintien du Royaume-Uni dans l'UE, les 
pays du Groupe de Visegrad (Pologne, Hongrie, République tchèque 
et Slovaquie) ont notamment réclamé des éclaircissements sur le 
versement de prestations sociales aux travailleurs immigrés 
originaires d'autres pays de l'UE, dont Londres veut être 
exempté. 
     
    "BOÎTE DE PANDORE" 
    Quelle que soit l'issue des ultimes négociations entre chefs 
d'Etat et de gouvernement, Martin Schulz a prévenu mardi qu'il 
ne pouvait pas garantir que l'accord serait ensuite entériné par 
le Parlement européen. 
    "Aucun gouvernement ne peut se présenter devant le Parlement 
en disant: 'voilà notre proposition. Pouvez-vous garantir le 
résultat?' Ce n'est pas possible dans une démocratie", a 
souligné le président allemand du Parlement européen à l'issue 
de son entretien avec Cameron. 
    Schulz a néanmoins assuré que le Parlement européen se 
prononcerait sur le texte "immédiatement après le référendum" 
organisé par Londres. 
    Cameron devait initialement rencontrer les chefs de file de 
tous les groupes parlementaires, mais le programme a été 
modifié, ce qui lui a permis d'échapper à une confrontation avec 
Nigel Farage, numéro un du Parti pour l'indépendance du 
Royaume-Uni (Ukip) et farouche partisan du Brexit.  
    Reconduit en mai dernier, le Premier ministre britannique 
veut renégocier les relations entre Londres et l'UE sur quatre 
points (législation/souveraineté, relations entre pays membres 
et non membres de la zone euro, compétitivité, immigration) 
avant de poser par référendum la question du maintien de la 
Grande-Bretagne au sein de l'UE. 
    Les chefs de file des groupes parlementaires ont depuis dit 
craindre que d'autres Etats membres s'engouffrent dans la brèche 
ouverte par Londres pour réclamer à leur tour un traitement 
préférentiel sur tel ou tel sujet. 
    "C'est la boîte de Pandore", a commenté un responsable du 
Parlement, interrogé sur l'issue possible du vote des 750 
députés. "Le Parlement est imprévisible", a-t-il souligné. 
    Guy Verhofstadt, chef de file du groupe libéral, a néanmoins 
estimé qu'il était dans l'intérêt des institutions européennes 
de coopérer pleinement avec Cameron pour ne pas faire le lit des 
eurosceptiques, comme l'Ukip, et celui du président russe 
Vladimir Poutine. 
    "Les seuls vainqueurs d'un Brexit seraient Nigel Farage et 
Vladimir Poutine, qui se délecterait d'une Europe divisée", a 
déclaré l'eurodéputé belge. 
     
    VOIR AUSSI 
    LE POINT sur les négociations entre Londres et l'UE: 
  
 
 (Avec Robert-Jan Bartunek et Philip Blenkinsop à Bruxelles, 
Robert Muller à Prague et Paul Taylor à Paris; Jean-Philippe 
Lefief et Tangi Salaün pour le service français) 
 
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