Brexit-Barack Obama lance un appel à la jeunesse britannique

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 (Actualisé avec précisions, contexte) 
    par Roberta Rampton et Sarah Bailey 
    LONDRES, 23 avril (Reuters) - Barack Obama a appelé samedi 
la jeunesse britannique à ne pas se couper du monde, insistant 
une nouvelle fois sur les conséquences qu'aurait une sortie de 
la Grande-Bretagne de l'Union européenne lors du référendum sur 
cette question le 23 juin. 
    Le président américain a suscité la controverse vendredi en 
demandant aux Britanniques de ne pas quitter l'UE et en disant 
qu'en cas de Brexit, un Royaume-Uni seul serait "en queue de 
peloton" des pays souhaitant conclure un accord commercial avec 
les Etats-Unis.  
    S'exprimant devant 500 jeunes Britanniques, Obama a cherché 
samedi à faire passer un message plus optimiste à la jeune 
génération, considérée comme plus pro-européenne quand il s'agit 
de se rendre aux urnes que celle de ses parents. 
    Le chef de la Maison blanche a demandé aux jeunes de rejeter 
le cynisme que leur renvoient la télévision et les réseaux 
sociaux et a souligné le rôle de l'Union européenne et de l'Otan 
pour assurer la paix et la prospérité en Europe après des 
siècles de guerre. 
    "Réfléchissez à cette chose extraordinaire : pendant plus de 
1.000 ans, ce continent a été assombri par la guerre et la 
violence. Cela semblait aller de soi. On estimait que c'était le 
destin humain", a déclaré Barack Obama à Londres. 
    "Nous observons de nouveaux appels à l'isolationnisme, à la 
xénophobie", a déclaré le président américain. "Lorsque je parle 
à des jeunes, je les implore, et je vous implore, de rejeter ces 
appels en faveur d'une sortie" de l'UE, a dit Barack Obama. 
    "(...) Je voudrais que vous ayez une vision optimiste à long 
terme de l'histoire", a-t-il poursuivi. 
    Revenant sur le passé colonial de la Grande-Bretagne et sur 
les relations particulières qui l'unissent aux Etats-Unis, il a 
rappelé la Partie de thé de Boston, révolte politique contre le 
Parlement britannique en 1773, et l'incendie de la Maison 
blanche par l'armée britannique en 1814. Les deux pays, a-t-il 
souligné, ont su dépasser leurs querelles pour travailler à un 
monde plus stable et plus libre. 
     
    INGÉRENCE 
    Vendredi, Barack Obama avait expliqué qu'en cas de Brexit, 
les Etats-Unis considéreraient un accord avec l'UE comme une 
priorité plus importante qu'un accord avec un pays représentant 
un marché plus petit, comme un Royaume-Uni hors de l'UE. 
    "Il est juste de dire qu'à un certain moment, il pourrait y 
avoir un accord commercial Royaume-Uni-USA, mais cela ne sera 
pas rapidement parce que, ce que nous voulons, c'est négocier 
avec un gros bloc, l'Union européenne, en matière d'accord 
commercial", avait déclaré le président américain. 
    "Et le Royaume-uni sera en queue de peloton, non pas parce 
que nous n'avons pas de relation spéciale, mais parce que compte 
tenu du poids des accords commerciaux en général, avoir pour 
nous accès à un grand marché avec beaucoup de pays plutôt que 
d'essayer de faire des accords commerciaux par petits bouts est 
extrêmement efficace", avait-il ajouté. 
    Les opposants à un maintien du Royaume-Uni au sein de l'UE 
font valoir que le pays, cinquième puissance économique, est à 
même de prospérer seul via des accords commerciaux bilatéraux. 
    "Son ingérence ne vient pas du fait qu'il se préoccupe du 
Royaume-Uni, ou même de l'Europe, mais de ses propres intérêts - 
l'Amérique -", a réagi Norman Lamont, ancien ministre des 
Finances britannique, favorable à un Brexit, dans les colonnes 
du quotidien eurosceptique Daily mail. 
    Selon un sondage YouGov, 53% des Britannique estiment que 
Barack Obama, tout en ayant fait du bon travail à la Maison 
blanche, n'aurait pas dû signaler sa préférence sur la manière 
dont les Britanniques devraient voter le 23 juin prochain. 
    Après une visite au théâtre du Globe pour marquer le 400e 
anniversaire de la mort de William Shakespeare  , le 
président américain a répondu à dix questions de l'assistance 
mais celle du maintien de la Grande-Bretagne au sein de l'Union 
européenne n'a pas été abordée.  
    Il a toutefois insisté sur le traité transatlantique de 
libre-échange entre les Etats-Unis et l'UE, reconnaissant que 
cet accord qui, selon lui, permettrait de créer des millions 
d'emplois et de générer des milliards de dollars de revenus pour 
les deux parties, se heurtait "à des intérêts de clocher". 
    "Aujourd'hui, les gens se méfient des accords commerciaux 
car ils considèrent que les accords commerciaux accélèrent la 
tendance à la mondialisation qui a affaibli les syndicats et qui 
a permis de délocaliser les emplois dans des pays à bas 
revenus", a-t-il dit. 
    "Dans le passé, certaines de ces critiques étaient 
légitimes. Parfois, ils ont servi les intérêts de grands groupes 
et pas nécessairement ceux des employés dans les pays 
participants", a-t-il reconnu. 
 
 (Pierre Sérisier et Danielle Rouquié pour le service français) 
 
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