Brève rencontre Sarkozy-Hollande au dîner annuel du Crif

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NICOLAS SARKOZY AU DÎNER ANNUEL DU CRIF
NICOLAS SARKOZY AU DÎNER ANNUEL DU CRIF

PARIS (Reuters) - Nicolas Sarkozy et François Hollande se sont serré la main mercredi soir au dîner annuel du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif), à deux mois et demi de l'élection présidentielle qui devrait les voir s'opposer.

Le président de la République et le candidat socialiste étaient placés à deux tables différentes, lors de ce rendez-vous traditionnel du tout Paris politique.

C'est François Hollande qui a rejoint Nicolas Sarkozy à la sienne vers la fin du repas, après le discours du président-invité d'honneur. Le chef de l'Etat s'est levé et les deux hommes, souriants et détendus, ont échangé une poignée de mains et quelques mots sous un déluge d'éclairs de flash.

Le président du Crif, Richard Prasquier, les a rejoints pour se faire photographier au milieu d'eux, avant que François Hollande s'éloigne, tandis que Nicolas Sarkozy se rasseyait.

La scène, guettée par tous les journalistes présents, à quelque jours de la probable déclaration de candidature de Nicolas Sarkozy, a duré au total moins d'une minute.

"Ce n'est pas la première fois qu'ils se voient, ce n'est pas la dernière fois qu'ils se voient. J'espère même qu'ils se verront entre les deux tours", a commenté le ministre des Transports, Thierry Mariani, qui figurait parmi les invités, comme la majeure partie du gouvernement mais également nombre de responsables socialistes.

VILLEPIN S'ÉCLIPSE

Deux "petits" candidats, l'ancien Premier ministre Dominique de Villepin et Corinne Lepage, écologiste venue du centre, avaient eu les honneurs des caméras à leur arrivée dans le pavillon du Bois de Boulogne où se déroulait le dîner.

Mais ils ont rapidement été rendus à un relatif anonymat, tant journalistes et invités n'avaient d'yeux que pour Nicolas Sarkozy, pas tout à fait candidat mais déjà en campagne, et pour François Hollande, le favori des sondages.

Dominique de Villepin, prétextant "d'autres engagements", n'est d'ailleurs pas resté pour écouter le discours de Nicolas Sarkozy, qui fut son ministre sous la présidence de Jacques Chirac dans les années 2002-2007.

"Je viens chaque année, il n'y a pas de raison en 2012 de modifier ce qui est pour moi un rendez-vous avec les Juifs de France", a pour sa part déclaré François Hollande à son arrivée, une demi-heure avant Nicolas Sarkozy. "Je ne sais pas qui prononcera le message en 2013."

Le chef de l'Etat est arrivé en compagnie des parents du soldat franco-israélien Gilad Shalit, libéré en octobre dernier contre des centaines de détenus palestiniens après plus de cinq ans de détention dans la bande de Gaza.

Il est monté à la tribune avec le père du soldat, dont il a dénoncé les ravisseurs au début de son discours.

"Honte à ceux qui ont fait cela", a-t-il déclaré. "Aucune idée, aucune idéologie, aucune situation ne peut justifier ce qui a été fait à Gilad Shalit", a-t-il déclaré.

Nicolas Sarkozy a réaffirmé qu'il serait intransigeant sur la sécurité d'Israël, qui "doit savoir qu'il ne sera pas seul" face aux menaces de l'Iran et de son programme nucléaire.

"L'acquisition de l'arme atomique par l'Iran est inacceptable", a déclaré le président français, qui a cependant réaffirmé que la solution n'était pas militaire mais résidait dans le renforcement des sanctions contre Téhéran.

Il a également de nouveau plaidé pour la création d'un Etat palestinien à côté de l'Etat israélien en invoquant l'exemple de la réconciliation franco-allemande et de l'amitié aujourd'hui "sacrée" entre la France et l'Allemagne.

Emmanuel Jarry, édité par Jean-Stéphane Brosse

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