Brève occupation des hauts-fourneaux de Florange

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DES SYNDICALISTES OCCUPENT BRIÈVEMENT LES HAUTS-FOURNEAUX DE FLORANGE
DES SYNDICALISTES OCCUPENT BRIÈVEMENT LES HAUTS-FOURNEAUX DE FLORANGE

FLORANGE, Moselle (Reuters) - Des ouvriers de Florange ont brièvement occupé jeudi les hauts-fourneaux du site sidérurgique lorrain de Florange pour exiger la renégociation de l'accord conclu entre Paris et ArcelorMittal, a constaté un journaliste de Reuters.

Ils ont mis fin à leur action après avoir obtenu l'assurance que l'alimentation en gaz ne serait pas coupée mais ont demandé à François Hollande de se saisir du dossier.

Parallèlement, une intersyndicale réunie jeudi pour la première fois à l'usine ArcelorMittal de Basse-Indre (Loire-Atlantique), près de Nantes, a lancé un appel à une grève de 24 heures lundi prochain.

Une soixantaine de postes vont être supprimés à Basse-Indre par le transfert à Florange des deux premières étapes de sa production.

Jean-Marc Ayrault a vanté mercredi l'accord conclu avec le groupe sidérurgique pour préserver l'emploi à Florange, mais des représentants des salariés le jugent totalement insuffisant et dénoncent une "tromperie".

Le syndicaliste de la CFDT du site Edouard Martin s'est adressé, devant les caméras, au président François Hollande.

"On vous y appelle solennellement, M. le président, reprenez le dossier en main. Dites à Mittal ça suffit, dehors! (...) Vous attendez quoi, qu'il y ait un malheur, ici?", a-t-il lancé.

"Nous, nous allons être votre malheur si vous ne cessez pas ce mensonge, cette tromperie. Et c'est une promesse, et nous on a l'habitude de tenir nos promesses".

IMBROGLIO AUTOUR DU PROJET ULCOS

La tension est montée d'un cran dans la matinée quand un porte-parole de la Commission européenne a annoncé qu'ArcelorMittal avait retiré la candidature du site de Florange pour le projet européen Ulcos de stockage de CO2.

Peu de temps après, le géant mondial de l'acier a assuré que le projet Ulcos n'était pas abandonné à long terme malgré le retrait de cette candidature.

"Cela ne signifie en aucun cas l'abandon du projet Ulcos. Cela signifie qu'aujourd'hui, dans l'état actuel des recherches, étant donné les difficultés techniques rencontrées, le projet Ulcos remis dans le cadre de l'appel d'offre NER 300 -phase 1- ne peut être mis en place", dit un communiqué.

Cette déclaration n'a pas rassuré les syndicalistes. "Mittal vient de montrer qu'il avait déjà le mensonge en tête avant de signer l'accord", a estimé Edouard Martin.

Une rencontre mercredi entre Jean-Marc Ayrault et les syndicats avait tourné au dialogue de sourds.

Le gouvernement n'entend pas demander à Lakshmi Mittal de revenir à la table des négociations et souhaite plutôt se concentrer sur la mise en oeuvre de l'accord, avait fait savoir Matignon dans la soirée.

Le Premier ministre, qui met en avant le fait d'avoir évité plus de 600 licenciements et prévu un comité de suivi des accords, a confirmé sa position lors d'une rencontre jeudi matin avec les élus de Moselle.

"Je ne suis pas rassuré, il y a un dispositif qui se met en place qui n'est pas encore installé. Moi, j'attends trois semaines, un mois, pour vérifier qu'il est mis en place", a dit à la presse Michel Liebgott, député PS de la Moselle.

"S'il est effectivement mis en place, on aura les moyens de vérifier qu'ArcelorMittal joue le jeu ou pas", a-t-il ajouté, précisant que dans le cas contraire, il voulait en revenir à l'idée d'une nationalisation temporaire.

Gérard Bon, avec Vincent Kessler à Florange, Guillaume Frouin à Nantes, édité par Yves Clarisse

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