Brésil-Une commission du Sénat approuve la suspension de Rousseff

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 (Actualisé avec déclarations, contexte) 
    BRASILIA, 6 mai (Reuters) - Une commission du Sénat 
brésilien a recommandé vendredi le renvoi devant la justice de 
la présidente Dilma Rousseff, dans le cadre de la procédure qui 
devrait conduire à sa suspension la semaine prochaine.  
    Les membres de la commission se sont prononcés par 15 voix 
contre cinq. Si leur recommandation est approuvée comme prévu 
lors de la séance plénière, mercredi, la présidente, soupçonnée 
d'avoir falsifié les comptes publics pour faciliter sa 
réélection en 2014, sera immédiatement relevée de ses fonctions 
et le vice-président Michel Temer assurera l'intérim. 
    Les députés brésiliens ont entériné le 17 avril à une très 
large majorité la procédure de destitution de la présidente. 
  
    "Je résisterai jusqu'au dernier jour", a déclaré la 
présidente brésilienne qualifiant la procédure engagée contre 
elle de "coup d'Etat". 
    Lors d'une manifestation au cours de laquelle elle 
présentait un projet immobilier à loyers modérés, Dilma Rousseff 
a répété qu'elle n'avait commis aucune irrégularité et qu'elle 
ne démissionnerait pas de son poste. 
    Les chances de la présidente de demeurer en fonction sont de 
plus en plus minces même si la destitution pour devenir 
effective doit être entérinée par le Sénat à la majorité 
qualifiée des deux tiers. 
    Les enquêtes de la presse locale montrent que l'opposition 
dispose de 50 des 54 votes requis. Une dizaine de sénateurs 
n'ont pas encore fait connaître leur position définitive mais la 
plupart d'entre eux seraient enclins à voter pour le départ de 
Rousseff. 
    Si la présidente était destituée, Michel Temer assurerait la 
fin du mandat présidentiel qui s'achève en 2018. 
    L'ambiance était morose au palais présidentiel vendredi bien 
qu'un conseiller ait affirmé que le personnel n'avait pas encore 
commencé à préparer son départ. "Il ne fait pas de doute qu'il 
faut commencer à organiser les choses", a-t-il pourtant reconnu. 
    Les partisans de Dilma Rousseff au sein de la commission 
sénatoriale ont demandé l'annulation de la procédure de 
destitution en faisant valoir que le président de la chambre des 
députés, Eduardo Cunha, à l'origine de la procédure lancée l'an 
passé, avait été destitué jeudi par la Cour suprême pour 
obstruction à la justice dans une enquête pour corruption le 
visant. 
    La Cour suprême a pour l'instant rejeté tous les demandes du 
gouvernement afin d'éteindre la procédure de destitution de 
Dilma Rousseff. 
         
     
 
 (Anthony Boadle, Jean-Philippe Lefief pour le service français) 
 
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