Brésil-Temer appelle au rassemblement derrière son gouvernement

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    * Rousseff qualifie sa mise à l'écart de "coup d'Etat" 
    * Nouveau gouvernement resserré à 23 ministres 
    * Temer prône une politique favorable aux entreprises 
    * Mais veut maintenir les programmes sociaux 
 
 (Actualisé avec précisions, contexte) 
    par Lisandra Paraguassu et Alonso Soto 
    BRASILIA, 13 mai (Reuters) - Le nouveau président brésilien 
par intérim, le centriste Michel Temer, a appelé jeudi le pays à 
se rassembler derrière son gouvernement de "salut national", 
quelques heures après la mise à l'écart par le Sénat de la 
présidente de gauche Dilma Rousseff en vue de sa destitution. 
    Le chef de l'Etat par intérim, qui est âgé de 75 ans, a 
déclaré jeudi aux Brésiliens qu'il allait travailler à restaurer 
la crédibilité de son pays, à la fois sur le plan national et à 
l'étranger et a appelé à l'unité des Brésiliens.  
    Il leur a demandé d'avoir "confiance". Le Brésil, a-t-il 
dit, saura surmonter la crise politique et économique. Le pays 
est également miné par une vaste enquête pour corruption menée 
autour de la compagnie pétrolière publique Petrobras  PETR4.SA . 
    "Il est urgent de calmer le pays et d'unir le Brésil", a 
déclaré le président après la présentation de son gouvernement. 
"Les partis politiques, les dirigeants, les organisations et le 
peuple brésilien vont coopérer pour tirer le pays de cette grave 
crise", a-t-il ajouté. 
    Michel Temer, professeur de droit constitutionnel, est 
membre du Parti du mouvement démocratique brésilien (PMDB). Il a 
été élu député à de nombreuses reprises. Il était jusqu'à 
présent vice-président. Il est lui-même visé par une enquête sur 
le financement de sa campagne électorale en 2014. 
    La mise à l'écart de Dilma Rousseff met fin de façon 
dramatique à 13 années de gouvernement du Parti des travailleurs 
(PT). Arrivé au pouvoir en 2003, avec l'élection de Luiz Inacio 
Lula da Silva, mentor et prédécesseur de Dilma Rousseff, le PT 
avait pu profiter du boom des exportations de matières premières 
de la région à l'époque pour mettre en place des politiques 
sociales ambitieuses. 
      
    SORTIR DE LA RÉCESSION 
    Mais, comme d'autres dirigeants de gauche dans la région, 
Dilma Rousseff, après quatre législatures consécutives du PT, 
s'est retrouvée confrontée à des temps plus difficiles avec la 
chute des prix des matières premières et l'incapacité de son 
gouvernement à soutenir la croissance.        
    Outre les difficultés économiques, la présidente, arrivée au 
pouvoir en 2011, s'est retrouvée aux prises avec ses opposants 
politiques déterminés à la faire chuter. 
    Aussitôt après la suspension de Dilma Rousseff, Michel Temer 
a demandé à ses nouveaux ministres de mettre en place une 
politique favorable aux entreprises tout en maintenant les 
programmes sociaux très populaires mis en place par le PT. 
    Signe de temps plus durs, le gouvernement a été réduit d'un 
tiers et ne compte que 23 ministres. 
    Le gouvernement Temer aura la difficile tâche de sortir le 
Brésil de la récession. La neuvième puissance économique 
mondiale devrait connaître une contraction de 3% de sa richesse 
cette année. 
    Le nouveau gouvernement devrait bientôt annoncer des mesures 
d'austérité pour aider à réduire le déficit public qui 
représente plus de 10% du produit intérieur brut (PIB). 
    Michel Temer a rapidement nommé au ministère des Finances 
l'ancien gouvernement de la banque centrale brésilienne, 
Henrique Meirelles. Il devra notamment s'attaquer à la réforme 
du système des retraites, avec peut-être, la fixation d'un âge 
minimum pour partir à la retraite, a déclaré un conseiller.     
    Le Sénat a délibéré pendant 20 heures avant de décider, par 
55 voix contre 22, de renvoyer Dilma Rousseff devant la justice. 
Elle est accusée d'avoir dissimulé l'ampleur du déficit 
budgétaire à la fin de son premier mandat pour faciliter sa 
réélection en 2014.     
    
    ROUSSEFF : "UN MOMENT TRAGIQUE" 
    Dilma Rousseff, qui est âgée de 68 ans, est suspendue de ses 
fonctions pendant les six mois que devraient durer son procès. 
    Avant de quitter le palais présidentiel de Brasilia, elle 
est apparue combative. Elle a qualifié sa mise à l'écart de 
"coup d'Etat" et estimé que la procédure engagée à son encontre 
en décembre dernier était "frauduleuse". 
    "J'ai peut-être commis des erreurs mais je n'ai pas commis 
de crime", a-t-elle lancé, tandis que son mentor, l'ancien 
président Luiz Inacio Lula da Silva, qui est lui poursuivi pour 
des faits de corruption, se tenait à ses côtés. 
    Plusieurs ministres du gouvernement sortant étaient 
également présents. Certains pleuraient. 
    "Je n'aurais jamais imaginé qu'il faudrait à nouveau 
s'opposer à un coup d'Etat dans ce pays", a déclaré la 
présidente, stoïque, en référence à l'époque de la dictature 
militaire qu'elle a connue dans sa jeunesse.  
    "C'est un moment tragique pour notre pays", a estimé celle 
qui fut membre de la guérilla marxiste et devint la première 
femme présidente du Brésil. 
    Le Parti des travailleurs est issu du mouvement travailliste 
des années 70 au Brésil. Il a aidé au renversement de généraux 
qui ont été au pouvoir pendant 20 ans jusqu'en 1985. 
    Malgré sa volonté de combattre, il est peu probable que 
Dilma Rousseff soit blanchie à l'issue de son procès devant le 
Sénat. Les résultats de sa mise à l'écart provisoire jeudi 
montrent que ses opposants disposent déjà de soutiens suffisants 
 pour atteindre la majorité des deux tiers nécessaires pour 
l'écarter définitivement du pouvoir. 
 
 (Avec Paulo Prada, Brad Brooks, Leonard Goy, Silvio Cascione et 
Guillermo Parra-Bernal; Jean-Stéphane Brosse, Pierre Sérisier et 
Danielle Rouquié pour le service français) 
 

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