Brésil-Soupçons de corruption dans le secteur de la viande

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    par Brad Haynes et Sergio Spagnuolo 
    SAO PAULO/CURITIBA, Brésil, 18 mars (Reuters) - La police 
brésilienne a perquisitionné vendredi dans les locaux des géants 
mondiaux du conditionnement de viandes JBS  JBSS3.SA  et BRF 
 BRFS3.SA  et de leurs concurrents sur des soupçons de 
corruption des autorités sanitaires. 
    L'enquête en cours, "Opération chair faible", a permis de 
mettre au jour le versement de dessous-de-table à des 
inspecteurs et à des politiques par des entreprises de salaisons 
pour que ceux-ci ferment les yeux sur des pratiques dangereuses 
pour la santé. Les entreprises sont soupçonnées d'avoir dans 
certains cas conditionné de la viande pourrie ou d'avoir pu 
obtenir l'autorisation d'exporter des produits contenant des 
traces de salmonelle, a indiqué la police.  
    Trois employés de BRF et deux de JBS ont été arrêtés, ainsi 
que 20 employés publics. 
    La filiale brésilienne du groupe français Carrefour 
 CARR.PA  a annoncé vendredi avoir demandé des informations à 
ses fournisseurs de viande. Elle précise exiger de tous ses 
fournisseurs qu'ils se conforment strictement à la 
réglementation en matière de sécurité alimentaire.  
    "Nous n'avons jamais vu tel scandale dans le secteur (...) 
C'est horrible", a déclaré Alex Silva, analyste chez Scot 
Consultoria. "Cela entache la totalité du système que le Brésil 
a mis des années à construire." 
    Le Brésil a exporté pour 6,4 milliards d'euros de volailles 
et 5,5 milliards d'euros de boeuf l'an dernier selon les 
chiffres de la profession, en raison notamment d'une hausse de 
la demande en provenance de Chine. 
    En Bourse, les cours de JBS et BRF ont chuté de 11% et 7% 
respectivement. JBS est le premier producteur mondial de viande 
avec un chiffre d'affaires de 170 milliards de réals (51 
milliards d'euros) réalisé dans 150 pays. BRF, premier 
exportateur de volaille, a affiché un chiffre d'affaires de 39 
milliards de réals (12 milliards d'euros) en 2016. 
     
    TRACES DE SALMONELLE 
    Les documents judiciaire mentionnent un enregistrement du 13 
mars dernier d'un responsable de BRF, Andre Luiz Baldissera, 
discutant de la manière dont les autorités sanitaires pourraient 
aider à défendre la société après la découverte en Italie de 
traces de salmonelle dans quatre conteneurs en provenance d'une 
usine de l'Etat de Goiás dans le centre du Brésil. 
    Le mandat de perquisition du juge fédéral Marcos Silva 
mentionne aussi une conversation du responsable des relations 
institutionnelles de BRF, Roney Nogueira, discutant de la 
manière de corrompre les inspecteurs de la santé, et notamment 
d'un inspecteur qui avait été appelé pour qu'il aide à éviter la 
fermeture de l'usine de l'Etat de Goiás. 
    Selon la police, des preuves montrent que les entreprises 
ont falsifié les documents d'exportation vers l'Europe, la chine 
et le Proche-Orient. 
    Selon le juge Silva, les faveurs accordées aux inspecteurs 
de la santé allaient de dons politiques, à des prêts bancaires à 
des conditions favorables en passant par de petits cadeaux comme 
du jambon et des produits carnés. 
    Dans certains cas, ces inspecteurs permettaient ensuite aux 
employés des entreprises de viande l'accès aux ordinateurs 
publics pour qu'ils émettent eux-mêmes leurs propres certificats 
à l'export, indiquent les enquêteurs. 
    Trois sites industriels cités dans l'enquête ont été 
temporairement fermés par le ministère brésilien de 
l'Agriculture, l'un géré par BRF et deux par un concurrent, 
Grupo Peccin. Leurs produits carnés ont commencé à être retirés 
des supermarchés. 
    Pour éviter que certains pays européens ne bloquent les 
importations de viande brésilienne, le ministre de l'Agriculture 
Blairo Maggi rencontrera lundi un certain nombre d'ambassadeurs. 
    Aux Etats-Unis, l'organisme chargé de la sécurité 
alimentaire, la FSIS, dit être en contact avec le gouvernement 
brésilien. Elle souligne que la chaîne alimentaire est sûre aux 
Etats-Unis parce que toutes les viandes importées sont à nouveau 
inspectées à leur arrivée aux Etats-Unis. 
 
 (Avec Pedro Fonseca à Rio de Janeiro, Guillermo Parra-Bernal, 
Brad Brooks, Marcelo Teixeira et Alberto Alerigi à Sao Paulo, 
Mark Weinraub à Washington; Danielle Rouquié pour le service 
français) 
 

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