Brésil-Rousseff connaissait le système de pots-de-vin-sénateur

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 (Actualisé avec démenti de la présidence §8) 
    SAO PAULO, 19 mars (Reuters) - Dilma Rousseff était au 
courant de l'existence d'un vaste système de corruption qui a 
contribué au financement de ses deux campagnes électorales, a 
déclaré le sénateur Delcidio do Amaral, un ancien dirigeant du 
Parti des travailleurs, dans un entretien publié samedi par le 
magazine Veja. 
     La présidente brésilienne a tenté d'empêcher la justice 
d'enquêter sur ce dossier, a ajouté Delcidio do Amaral, qui a 
reconnu son implication dans ce scandale politico-financier à 
l'origine d'une crise sans précédent au Brésil depuis le 
rétablissement de la démocratie. 
     Delcidio do Amaral était le chef de file du Parti des 
travailleurs au Sénat jusqu'à son arrestation en novembre 
dernier pour avoir tenté de verser des pots-de-vin à un ancien 
dirigeant du groupe pétrolier public Petrobras  PETR4.SA  en 
échange de son silence. 
     Il a quitté le parti cette semaine après avoir accepté une 
procédure de reconnaissance de culpabilité. 
    Ses propos sont susceptibles de fragiliser davantage encore 
la position de Dilma Rousseff, contestée dans la rue et dans les 
sondages, et qui doit faire face à une procédure de destitution 
lancée par des parlementaires. 
    Une majorité de plus en plus grande de Brésiliens sont 
favorables à une destitution ou à la démission de Dilma 
Rousseff, à en croire un sondage rendu public samedi par 
l'institut Datafolha. D'après cette enquête, 68% des personnes 
interrogées souhaitent que le Congrès destitue la présidente, 
tandis qu'elles sont 65% à penser que Rousseff doit 
démissionner. 
     
    "DILMA SAVAIT TOUT" 
    La cote de popularité de la présidente est en recul, 69% des 
sondés disant avoir une opinion négative de son gouvernement, ce 
qui est proche du record d'août 2015 (71%). 
    Dans un communiqué, la présidence rejette les accusations de 
Delcidio do Amaral et annonce que Dilma Rousseff va porter 
plainte contre lui. 
    Un porte-parole de l'ancien président Luiz Inacio Lula da 
Silva, également mis en cause dans l'entretien, a déclaré que 
Delcidio do Amaral n'avait aucune preuve de ce qu'il avançait 
dans l'interview parue samedi. 
    Delcidio do Amaral affirme que Lula a négocié l'entrée de 
directeurs au conseil d'administration de Petrobras pour le 
compte de partis politiques et qu'il était au courant des 
mécanismes utilisés par les formations politiques pour user de 
leur influence sur le groupe pour percevoir des 
rétro-commissions utilisées ensuite pour financer des campagnes 
électorales. 
    "Lula a négocié la désignation des directeurs de Petrobras 
directement avec les partis et il savait comment les partis les 
utilisaient, notamment pour le financement des campagne", a 
déclaré Delcidio do Amaral à Veja. 
    "Dilma a hérité de ce mécanisme et l'a utilisé, il a financé 
ses campagnes électorales. Dilma, elle aussi, savait tout." 
    Mis en cause par la Justice, Lula est entré cette semaine 
dans le gouvernement de Dilma Rousseff, une décision qui a 
suscité une nouvelle vague de protestations au Brésil où 
certains pensent qu'il s'agit là de mettre l'ancien dirigeant 
brésilien à l'abri des poursuites judiciaires. 
    Vendredi, un juge de la Cour fédérale du Brésil s'est 
prononcé contre la nomination de Luiz Inacio Lula da Silva au 
gouvernement afin de permettre la poursuite d'une enquête pour 
corruption éclaboussant Lula.       
 
 (Tatiana Bautzer,; Nicolas Delame et Eric Faye pour le service 
français) 
 

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