Brésil-Rejet d'appels contre la destitution de Dilma Rousseff

le , mis à jour à 18:03
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 (Actualisé avec démission d'un ministre, déclaration de 
Rousseff, § 7-8) 
    BRASILIA, 4 décembre (Reuters) - La Cour suprême du Brésil a 
rejeté vendredi deux appels présentés par des alliés de Dilma 
Rousseff pour bloquer une procédure de destitution engagée à 
l'encontre de la présidente par la chambre basse du Congrès 
brésilien. 
    Les juges Celso de Mello et Gilmar Mendes ont rejeté les 
pourvois présentés par des députés de la coalition 
gouvernementale, dont un soutenu par le Parti des travailleurs 
de Dilma Rousseff. 
    Une décision est toujours attendue sur un troisième appel 
introduit par le Parti communiste brésilien (PCdoB), a précisé 
un porte-parole de la Cour suprême. 
    Ces procédures d'appel constituaient la première ligne de 
défense de la présidente brésilienne et leur rejet laisse 
augurer une longue bataille politique au moment où le pays, 
première économie d'Amérique latine, est en proie à la récession 
et à une vaste affaire de corruption. 
    La demande de destitution a été formulée en septembre par 
l'opposition, qui accuse la présidente d'avoir fraudé le fisc et 
manipulé les comptes publics pour assurer sa réélection l'an 
dernier. La procédure a été officiellement lancée mercredi. 
(voir  ID:nL8N13S008 ) 
    Dilma Rousseff, en fonction depuis 2011 et réélue il y a un 
an, nie tout agissement frauduleux. 
    Dans un discours vendredi à Brasilia, elle a affirmé que la 
procédure visant à sa destitution "ne reposait sur rien" et 
qu'elle utiliserait tous les moyens légaux pour la combattre. 
    Pour compliquer sa tâche, le ministre de l'Aviation, Eliseu 
Padilha, a présenté vendredi sa démission, pour des motifs qui 
n'ont pas été précisés, selon deux sources au fait de sa 
décision. Padilha est membre du PMDB (Parti du mouvement 
démocratique brésilien), allié au Parti des travailleurs et 
dirigé par le vice-président Michel Temer. 
    Temer, qui remplacerait Rousseff si celle-ci était 
destituée, s'est gardé de toute apparition publique depuis 
mercredi et a souhaité que la procédure en cours permette de 
"pacifier" la vie politique brésilienne. 
    Pour bloquer la procédure, Dilma Rousseff doit être soutenue 
par 172 députés. Le gouvernement estime avoir déjà le soutien de 
140 élus à la chambre et pense parvenir à terme au seuil requis 
pour que la présidente reste au pouvoir. 
    Selon le journal O Globo, Rousseff obtiendrait même jusqu'à  
258 voix en sa faveur si le vote avait lieu aujourd'hui. 
    La présidente veut accélérer les choses à la chambre basse, 
a dit son directeur de cabinet, afin qu'une session 
extraordinaire du Congrès soit réunie en janvier pour organiser 
le vote sur l'"impeachment". 
 
 (Lisandra Paraguassu, avec Pedro Fonseca et Anthony Boadle; 
Pierre Sérisier et Guy Kerivel pour le service français) 
 
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