Brésil-Procédure de destitution ouverte à l'encontre de Rousseff

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 (Actualisé avec réaction de Dilma Rousseff, contexte) 
    par Lisandra Paraguassu et Anthony Boadle 
    BRASILIA, 2 décembre (Reuters) - Le président de la chambre 
basse du Congrès brésilien a lancé mercredi une procédure de 
destitution à l'encontre de la présidente Dilma Rousseff, 
faisant franchir une nouvelle étape à la crise politique dans 
laquelle s'enfonce le Brésil parallèlement à ses difficultés 
économiques. 
    La demande avait été formulée en septembre par l'opposition, 
qui accuse la présidente d'avoir fraudé le fisc et manipulé les 
comptes publics pour assurer sa réélection l'an dernier.  
    Une commission parlementaire spéciale formée de 
représentants de tous les partis doit désormais décider du 
bien-fondé de la destitution, qui devra ensuite être approuvée à 
la majorité des deux tiers.  
    Si les députés votent la destitution, la présidente sera 
suspendue le temps que le Sénat se prononce à son tour dans un 
délai de 180 jours. 
    Dans une allocution télévisée à la nation, Dilma Rousseff a 
exprimé son "indignation" face à l'initiative prise par le 
président de la chambre basse du parlement, Eduardo Cunha, 
assurant qu'il n'y avait pas le moindre début de preuve ou de 
soupçon de malversation de sa part. 
    La présidente brésilienne a en outre lancé une pique à 
l'encontre d'Eduardo Cunha, qui fait lui-même l'objet d'une 
enquête pour corruption et détention d'un compte bancaire en 
Suisse. 
    "Je n'ai pas de compte à l'étranger", a-t-elle lancé. 
    La classe politique brésilienne est déjà au bord de la 
paralysie en raison de la vaste enquête pour corruption présumée 
autour de la compagnie pétrolière publique Petrobras. 
    Contrairement à Eduardo Cunha, Dilma Rousseff n'est pas 
concernée par l'enquête même si les versements occultes présumés 
à destination de partis politiques se sont en grande partie 
produits alors qu'elle présidait le conseil d'administration de 
Petrobras. 
    Eduardo Cunha est issu du Parti du mouvement démocratique 
brésilien (PMDB), formation centriste membre de la coalition au 
pouvoir. 
    Cette dernière ne cesse toutefois de se fissurer en raison 
du scandale Petrobras et des difficultés économiques du pays, 
dont le produit intérieur brut (PIB) risque de se contracter 
nettement cette année et en 2016 au point de plonger le Brésil 
dans sa plus longue récession depuis les années 1930. 
 
 (Jean-Philippe Lefief et Bertrand Boucey pour le service 
français) 
 
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