Brésil-Petrobras a tourné la page du scandale, assure Rousseff

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BRASILIA, 9 avril (Reuters) - La compagnie pétrolière brésilienne Petrobras a fait le ménage et tourné la page du scandale de corruption qui l'a éclaboussée, a assuré jeudi la présidente Dilma Rousseff. L'inculpation d'anciens cadres dirigeants de Petroleo Brasileiro PETR4.SA et l'implication de dizaines d'alliés politiques de la présidente dans le scandale a plongé son gouvernement dans la crise et miné la confiance des investisseurs locaux et internationaux. Dilma Rousseff, qui a démenti avoir connaissance des rétrocommissions versées du temps où elle présidait le conseil d'administration de Petrobras entre 2003 et 2010, a assuré que la page était tournée. "Petrobras est toujours debout. Elle a nettoyé ce qui devait l'être et s'est débarrassée de ceux qui ont profité de leur position pour s'enrichir", a-t-elle dit à Rio de Janeiro après avoir lancé un projet de construction de logements bon marché. Signe de son renouveau, la compagnie a atteint une production record de 700.000 barils par jour dans les gisements qu'elle exploite en mer sous des couches de sel, a-t-elle dit. Petrobras a dû revoir ses investissements et des projets d'infrastructures ont été gelés en raison des enquêtes pour corruption visant des dizaines de sous-traitants. La compagnie fait aussi l'objet de poursuites lancées aux Etats-Unis par des actionnaires demandant des compensations pour la chute de son cours de Bourse. Du fait des pertes à recalculer, les comptes audités de Petrobras pour le troisième et quatrième trimestres n'ont toujours pas été publiés et le groupe a dit jeudi ne pas avoir de date pour leur sortie. Dilma Rousseff, réélue en octobre pour un deuxième mandat à l'issue d'un scrutin serré, a vu sa cote de popularité plonger et les sondages montrent qu'une majorité de Brésiliens la tiennent pour responsable du scandale de corruption qui a fait vaciller la première entreprise du pays. A ce jour, le scandale implique 39 entreprises et 97 personnes font l'objet de poursuites pénales pour racket, corruption et blanchiment d'argent. Quarante-sept responsables politiques sont aussi dans le viseur de la justice, tous sauf un membre de la coalition au pouvoir, accusés d'avoir perçu des commissions sur des contrats de construction et d'ingénierie en lien avec Petrobras. Jeudi, João Vaccari, le trésorier du Parti des travailleurs -- la formation de Dilma Rousseff -- a assuré à une commission parlementaire que toutes les donations reçues de ces sous-traitants avaient été légalement enregistrées. Dans une interview accordée au service espagnol de CNN, Dilma Rousseff s'est dit "absolument certaine" qu'aucun argent provenant des rétrocommissions n'avait servi à financer sa campagne électorale. (Anthony Boadle, Véronique Tison pour le service français)


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