Brésil-Les menaces de la banque centrale font remonter le réal

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par Alonso Soto et Walter Brandimarte BRASILIA/SAO PAULO, 25 septembre (Reuters) - Le réal brésilien a nettement rebondi jeudi après que la banque centrale du Brésil eut déclaré qu'elle emploierait tout moyen à sa disposition pour défendre la monnaie nationale. Le président de l'institut d'émission Alexandre Tombini a dit qu'il n'hésiterait pas à puiser dans les réserves de change du pays, qui représentent plus de 370 milliards de dollars, pour calmer les marchés. "Tous les instruments sont à la disposition de la banque centrale", a-t-il dit lors d'une conférence de presse impromptue. "Les réserves de change constituent une assurance qui peut et doit être utilisée". Ces déclarations ont eu pour effet de propulser le réal au-delà de ses plus bas records touchés dans le courant de la journée en raison des craintes des cambistes pour l'avenir de la première économie latino-américaine. Une crise politique qui prend de l'ampleur, au point de menacer la présidente Dilma Rousseff, et une récession qui s'aggrave ont entraîné le réal BRL= à ses niveaux les plus bas depuis sa création en 1994. Il a inscrit un nouveau plancher de 4,248 par dollar avant de rebondir et de terminer la journée à 3,99 par dollar. Le redressement du réal, qui a enregistré un gain de 3% sur la journée, s'est accompagné de celui de la Bourse, avec un indice Bovespa .BVSP qui a gagné jusqu'à 2,0% en séance. Le Trésor brésilien a également joué un rôle dans cette remontée en annonçant un programme d'adjudications quotidiennes afin de fournir de la liquidité au marché obligataire local. Lors de sa conférence de presse, Alexandre Tombini a confirmé que la banque centrale comptait maintenir ses taux directeurs aux niveaux actuels pour une période prolongée même si cette dernière a relevé sa prévision d'inflation de 2016 dans son rapport trimestriel, à 5,3% contre 4,8%, soit bien au-delà de son objectif officiel. Cette évolution de l'inflation est un souci de plus pour la banque centrale, peu encline à renchérir le loyer de l'argent en période de vive récession. Des économistes pensent toutefois que le réal risque de souffrir encore si elle ne relève pas ses taux directeurs lors de sa prochaine réunion de politique monétaire prévue le 21 octobre. La crise fait craindre qu'une autre agence de notation imite Standard & Poor's en ramenant la dette du Brésil à une catégorie d'investissement spéculatif ("junk"). Pour Marcelo Saintive, le directeur du Trésor brésilien, ce n'est pas à craindre pour autant que le prochain programme budgétaire soit adopté et que le pays tienne son engagement de rééquilibrer ses financers publiques. (Avec les bureaux de Londres, Sao Paulo, Brasilia et Rio de Janeiro, avec Christian Plumb, Wilfrid Exbrayat pour le service français)


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