Brésil-Le Sénat se prononce sur la destitution de Rousseff

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    * Le vote est prévu mercredi soir vers 20h00 (23h00 GMT) 
    * En cas de vote positif, la présidente sera suspendue jeudi 
    * Elle sera remplacée par le vice-président Michel Temer 
 
 (Actualisé tout du long) 
    par Brad Brooks et Lisandra Paraguassu 
    BRASILIA, 11 mai (Reuters) - Le Sénat brésilien se 
prononcera mercredi soir sur la suite à donner à la procédure de 
destitution de la présidente Dilma Rousseff qui pourrait ainsi 
devenir la première dirigeante du pays à être démise de ses 
fonctions depuis plus de deux décennies. 
    Si ses opposants réunissent une majorité simple des 81 
sénateurs, la présidente sera suspendue de ses fonctions pour 
une période de six mois maximum, le temps d'un procès en 
destitution, et sera remplacée pendant ce temps par le 
vice-président Michel Temer, membre du Parti du mouvement 
démocratique brésilien (PMDB). 
    La première femme à avoir été élue à la tête de la première 
puissance économique d'Amérique latine est soupçonnée d'avoir 
manipulé les comptes publics pour faciliter sa réélection en 
2014. 
    Plus de la moitié des sénateurs ayant déclaré aux journaux 
qu'ils voteraient pour que Rousseff soit jugée, la présidente 
devrait quitter le Planalto, le palais présidentiel, jeudi, 
marquant la fin de 13 années au pouvoir du Parti des 
travailleurs (PT, gauche). 
    Les débats au Sénat devraient commencer à 09h00 (12h00 GMT), 
le vote définitif étant prévu pour 20h00 (23h00 GMT). 
    Dilma Rousseff, qui a qualifié sa destitution de "putsch" 
illégal, a montré sa volonté de combattre jusqu'au dernier 
moment. Son gouvernement s'est tourné mardi vers la Cour suprême 
pour contester la procédure. 
    "Je ne démissionnerai pas; cela ne m'a jamais traversé 
l'esprit", a déclaré Dilma Rousseff lors d'un discours mardi, 
sous les vivats de ses partisans. 
    Malgré son ton combatif, la présidente de gauche, dont c'est 
le deuxième mandat, semblait résignée mardi à un départ. Dans 
son bureau du Planalto, le palais présidentiel, ses conseillers 
ont rangé ses affaires et débarrassé les étagères.  
     
    APPEL À LA GRÈVE 
    Le Brésil, qui doit accueillir les Jeux olympiques d'été à 
Rio au mois d'août, est également en crise économique. Le pays  
connaît sa récession la plus grave depuis les années 30. Il est 
aussi aux prises avec une vaste affaire de corruption impliquant 
la compagnie pétrolière nationale, Petrobras  PETR4.SA . 
    A l'approche du vote au Sénat, les partisans de Rousseff ont 
commencé à se mobiliser. Ils ont brûlé des pneus et bloqué la 
circulation autour de Sao Paulo, de Brasilia et d'autres villes. 
Des heurts se sont produits avec la police. 
    Le Parti des travailleurs et plusieurs syndicats ont pour 
leur part appelé à une grève nationale. 
    Le vote de mercredi soir viendra couronner une semaine riche 
en rebondissements qui avait commencé lundi avec la décision 
annoncée par le nouveau président de la Chambre des députés, 
Waldir Maranhao, d'annuler la décision de destitution de la 
présidente prise par les députés le 17 avril dernier. Il avait 
mis en avant un vice de procédure. 
    Certains l'ayant accusé d'avoir pris une décision illégale, 
Waldir Maranhao a retiré sa décision mardi. 
    Sans attendre ce revirement, Renan Calheiros, le président 
du Sénat, membre, comme le vice-président Temer, du Parti du 
mouvement démocratique brésilien (PMDB), avait annoncé que le 
vote prévu mercredi à la chambre haute serait maintenu, accusant 
Maranhao de "jouer avec la démocratie. 
    Après le revirement de Waldir Maranhao, le real s'est 
nettement redressé mardi, gagnant 1,6%. La Bourse de Sao Paulo 
 .BSVP  a fini en hausse de 3,8%, les marchés anticipant une 
destitution de Rousseff par le Sénat et un gouvernement Temer 
plus favorable aux milieux d'affaires. 
    Mesure symbolique, Michel Temer a confirmé mardi son 
intention de ramener le nombre de ministres du gouvernement de 
32 à 22 pour montrer sa volonté de réduire les déficits publics. 
    Si Rousseff est jugée lors d'un procès au Sénat, sous la 
présidence du président du Tribunal fédéral suprême, les 
sénateurs devront réunir deux tiers des 81 sénateurs, soit 54 
voix, pour que la présidente soit définitivement condamnée et sa 
destitution confirmée.  
    Dans cette hypothèse, Michel Temer assurera la présidence 
jusqu'à la fin du mandat de Dilma Rousseff, le 31 décembre 2018. 
  
 
 (Avec Leo Goy et Silvio Cascione; Eric Faye et Danielle Rouquié 
pour le service français) 
 

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