Brésil-Le Parti progressiste quitte le gouvernement

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 (Actualisé avec précisions) 
    par Anthony Boadle et Alonso Soto 
    BRASILIA, 13 avril (Reuters) - La présidente du Brésil Dilma 
Rousseff, qui lutte pour sa survie politique, a subi un nouveau 
dur mardi avec le départ du gouvernement du Parti progressiste 
du Brésil (PP, centre droit). 
    L'annonce de la défection du PP a été faite par son 
président Ciro Nogueira au lendemain de la décision d'une 
commission parlementaire recommandant la destitution de la 
présidente de gauche pour manipulation des comptes publics dans 
le but de favoriser sa réélection en 2014.  
    Le PP renonce à tous les portefeuilles ministériels qu'il 
détient, a indiqué Ciro Nogueira aux journalistes. 
    Le parti est un important allié de Dilma Rousseff et de son 
Parti, le Parti des travailleurs (PT, gauche), avec 49 députés à 
la Chambre des députés. 
    Le chef du groupe PP à la Chambre des députés, Aguinaldo 
Ribeiro, a déclaré aux journalistes à Brasilia que son parti 
était majoritairement favorable à la destitution de la 
présidente. 
    Le mois dernier déjà, la formation du vice-président de la 
République Michel Temer, le Parti du mouvement démocratique 
brésilien (PMDB), avait quitté la coalition gouvernementale, ce 
qui avait considérablement fragilisé la présidente. 
    La Chambre des députés dans son ensemble doit maintenant se 
prononcer sur la destitution. Le vote est prévu dimanche. 
    Aidée par son mentor et prédécesseur Luiz Inacio Lula da 
Silva, Dilma Rousseff tente de rassembler des soutiens 
suffisants pour bloquer sa destitution. 
     
    COMPLOT 
    Un conseiller de Dilma Rousseff a expliqué que Lula, qui 
reste le politique le plus influent du Brésil bien qu'il fasse 
l'objet d'une enquête pour corruption, discutait avec des petits 
partis dont le soutien à la présidente apparaît vacillant et 
leur offrait des postes au gouvernement. 
    Les consultants spécialisés estiment à 60-65% la probabilité 
que la destitution soit votée par la chambre basse dimanche. 
    Mardi, Dilma Rousseff s'est dite victime d'un complot 
fomenté notamment par le vice-président Michel Temer. 
    "Ils conspirent désormais au grand jour pour déstabiliser 
une présidente légitimement élue", s'est-elle indignée, évoquant 
un message audio que Michel Temer a adressé lundi aux membres du 
PMDB dans lequel il laisse entendre que cette destitution est 
acquise. 
    Dans son message audio, qui aurait été adressé par erreur 
aux membres du PMDB via les réseaux sociaux avant le vote de la 
commission, le vice-président prône la formation d'un 
gouvernement d'union nationale pour surmonter la crise 
politique, comme si la présidente était déjà destituée. 
    "Les conspirateurs ont été démasqués", a poursuivi mardi 
l'intéressée, sans toutefois le citer nommément. "Ils cherchent 
à renverser un président élu par 54 millions d'électeurs", a 
ajouté Dilma Rousseff, pour qui la procédure de destitution 
équivaut à un coup d'Etat. 
    A moins de 100 jours des Jeux olympiques d'été, le Brésil 
doit aussi faire face à une grave récession et à la vaste 
affaire de corruption autour de la compagnie pétrolière publique 
Petrobras. 
    Le ministre des Finances Nelson Barbosa a annulé un 
déplacement à la réunion de printemps du Fonds monétaire 
international à Washington pour être à Brasilia dimanche le jour 
du vote sur la destitution. 
 
 (Jean-Philippe Lefief et Danielle Rouquié pour le service 
français) 
 
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