Brésil : la religion du ballon rond

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Passion nationale, le football ne se vit que dans la démesure. De la liesse populaire au désespoir collectif, ce sport rythme les états d'âme de tout un peuple.

«Au Brésil, la peine majeure pour un crime est de trente ans de prison. Moi, il y a quarante-trois ans que je paye pour un crime que je n'ai pas commis.» C'est en 1993 que Moacir Barbosa Nascimento lâche cette réflexion pleine d'amertume; le président de la Fédération brésilienne de football vient de lui interdire de commenter un match à la télévision. Jusqu'à sa mort, en avril 2000, les Brésiliens auront reproché au gardien de but de l'équipe nationale d'avoir commis, face à l'Uruguay, l'erreur qui coûta la Coupe du monde 1950 à la Seleção. On ne plonge pas impunément les 200.000 spectateurs du stade Maracanã dans le désespoir et le chagrin. Verdict: cinquante ans de pénitence sans pardon... «C'est ça la religion du foot au Brésil, commente Juninho Pernambucano, l'ancienne star de l'Olympique lyonnais, revenu à Rio l'an dernier pour jouer au Vasco de Gama, dont il est capitaine. Ce pauvre vieux a porté cette faute jusqu'à la tombe. Dans la rue, on le mon

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