Brésil-La coalition de Dilma Rousseff sur le point d'éclater

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 (Actualisé avec informations sur le PMDB) 
    par Anthony Boadle 
    BRASILIA, 29 mars (Reuters) - Le premier parti politique 
brésilien devrait décider ce mardi de quitter la coalition 
dirigée par Dilma Rousseff, ont déclaré plusieurs de ses 
dirigeants, accroissant encore la probabilité d'une destitution 
de la présidente.  
    La direction nationale du Parti du mouvement démocratique 
brésilien (PMDB) se réunit dans la journée pour se prononcer sur 
son maintien au gouvernement, au sein duquel il détient sept 
portefeuilles en plus de la vice-présidence.  
    Une rupture formelle semble désormais inévitable, avec pour 
conséquence d'accroître encore l'isolement de Dilma Rousseff 
tout en laissant les parlementaires du PMDB libres de voter 
éventuellement sa destitution.  
    Des responsables du parti estiment que 70 à 80% des 119 
membres de la direction du PMDB devraient se prononcer pour la 
fin de l'alliance avec Rousseff et son Parti des travailleurs 
(PT). L'un d'eux a déclaré à Reuters que 75 d'entre eux 
s'étaient déjà engagés à approuver la rupture.  
    Un vote sur la destitution de la présidente pourrait avoir 
lieu début mai au Congrès. Au cas où Dilma Rousseff serait 
suspendue de ses fonctions dans l'attente d'une décision du 
Sénat, c'est son vice-président, Michel Temer, chef de file du 
PMDB qui assurerait l'intérim.  
    Lundi déjà, le ministre PMDB du Tourisme, Henrique Eduardo 
Alves, a annoncé sa démission. "Le dialogue, j'ai le regret de 
le dire, est arrivé à son terme", a-t-il écrit dans sa lettre de 
démission à Dilma Rousseff. 
    Des conseillers de Temer ont déclaré que le vice-président 
était prêt à assumer les fonctions de chef de l'Etat et à tenter 
de sortir le pays de la récession. Plusieurs médias brésiliens 
ont rapporté pendant le week-end que l'entourage de Temer était 
en train d'élaborer un programme de travail pour ses premières 
semaines de présidence.  
     
    NOUVELLE DEMANDE DE DESTITUTION 
    La Bourse de Sao Paulo a gagné plus de 2% lundi et le réal 
s'est apprécié face au dollar, bénéficiant des informations sur 
un possible départ de Dilma Rousseff.  
    Cette dernière est accusée d'avoir maquillé les comptes 
publics pour faciliter sa réélection en 2014, des faits qui 
s'ajoutent à la crise politique liée à l'enquête sur un système 
de corruption à grande échelle impliquant plusieurs des 
principales entreprises du pays, à commencer par le géant 
pétrolier Petrobras.  
    L'ordre brésilien des avocats (OAB) a réclamé lundi 
l'ouverture d'une nouvelle procédure de destitution à l'encontre 
de Dilma Rousseff, qu'il accuse aussi d'obstruction à la justice 
et d'avoir accordé des exemptions fiscales à la Fédération 
internationale de football (Fifa) lors de la Coupe du monde 
2014. 
    Des partisans de la présidente ont tenté lundi d'empêcher 
physiquement l'OAB de déposer sa requête devant la chambre basse 
du Parlement brésilien aux cris de "Não passaram" (ils ne 
passeront pas), cri de ralliement traditionnel de la gauche. 
    Parmi les éléments présentés par l'OAB, la question de 
l'obstruction à la marche de la justice est peut-être la plus 
sensible pour la présidente. L'accusation est fondée sur les 
aveux du sénateur Delcidio Amaral, ancien allié de la 
présidente. 
    L'OAB reproche en outre à Dilma Rousseff d'avoir fait entrer 
dans son gouvernement son prédécesseur, Luiz Inacio Lula da 
Silva, afin de le préserver des poursuites judiciaires. 
    L'organisation, qui représente un million d'avocats 
brésiliens, accuse également la présidente d'avoir attenté aux 
intérêts du pays en dispensant la Fifa d'impôts lors de la Coupe 
du monde 2014. 
    Cette nouvelle requête vient s'ajouter à la dizaine d'autres 
que le président de la chambre basse, Eduardo Cunha, doit 
examiner. Eduardo Cunha, adversaire farouche de Dilma Rousseff, 
est lui même visé dans le scandale Petrobras  PETR.SA . 
 
 (Nicolas Delame et Marc Angrand pour le service français) 
 
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