Brésil-L'ancien président Lula devrait entrer au gouvernement

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    par Caroline Stauffer et Lisandra Paraguassu 
    SAO PAULO, 15 mars (Reuters) - L'ancien président du Brésil 
Luiz Inacio Lula da Silva va vraisemblablement accepter un poste 
dans le gouvernement de celle qui lui a succédé, Dilma Rousseff, 
mais il va d'abord se rendre mardi à Brasilia pour discuter avec 
elle de ses options, a dit une source lundi. 
    Auparavant, trois journaux brésiliens de premier plan 
avaient rapporté que Lula allait accepter un poste de ministre 
dans les jours à venir, alors que l'ancien président est accusé 
de blanchiment d'argent et d'usurpation d'identité visant à 
dissimuler la possession d'un appartement en front de mer. 
    Au vu de ces accusations, des procureurs ont lancé la 
semaine dernière une procédure demandant l'arrestation de Lula. 
 ID:nL5N16I6RT  
    Les efforts visant à aboutir à l'arrestation de l'ancien 
président dramatisent les enjeux d'une crise menaçant d'emporter 
Dilma Rousseff. 
    Des centaines de milliers de personnes ont défilé dimanche 
dans les grandes villes du Brésil pour exiger le départ de la 
Dilma Rousseff, menacée par une procédure de destitution sur 
fond d'accusation de corruption, de crise économique et 
d'incertitude politique.  ID:nL5N16M00E  
    Dilma Rousseff et Lula, qui fut son mentor, sont éclaboussés 
par le scandale Petrobras  PETR4.SA , qui porte sur un système 
complexe de surfacturations et de dessous-de-table au sein de la 
compagnie nationale des pétrolière.  ID:nL5N16G52P  
    L'enquête, en cours depuis près de deux ans, a déjà conduit 
à l'inculpation de plusieurs dizaines de cadres d'entreprises. 
Des alliés politiques et d'anciens collaborateurs de la 
présidente Dilma Rousseff ont été arrêtés. 
    L'affaire remonte à la présidence Lula et à une époque où 
Rousseff présidait le conseil d'administration de Petrobras. 
     
    LE PARTENAIRE POLITIQUE DE ROUSSEFF VA VOTER SA DESTITUTION 
    En acceptant d'entrer au gouvernement, Lula bénéficierait 
d'une immunité par rapport au juge fédéral Sergio Moro, qui 
coordonne l'enquête Petrobras depuis la ville de Curitiba et qui 
serait celui susceptible d'ordonner son arrestation. 
    L'ancien président ne serait toutefois pas à l'abri d'une 
éventuelle procédure de la Cour suprême du pays. 
    La source a déclaré qu'il n'avait pas encore été décidé si 
Lula allait devenir chef de cabinet de Dilma Rousseff ou 
remplacer Ricardo Berzoini, le ministre des Affaires 
législatives. 
    Auparavant, le gouvernement brésilien a dit que Dilma 
Rousseff avait nommé son deuxième ministre de la Justice en un 
mois. 
    Dilma Rousseff a annoncé que le procureur Eugenio Jose 
Guilherme de Aragao remplacerait Wellington Cesar Lima, qui 
avait été désigné le 29 février.  
    La Cour Suprême brésilienne avait décidé par voie de référé 
de bloquer la nomination de Cesar Lima, qui devait lui-même 
succéder à Jose Eduardo Cardozo, lequel avait dû démissionner, 
lassé des attaques venant de sa propre formation politique, le 
Parti des travailleurs (PT). 
    Au sein du Parti des travailleurs, on reprochait au ministre 
de la Justice démissionnaire de ne pas être parvenu à contrôler 
ce que certains qualifient de chasse aux sorcières visant 
l'ancien président Lula. 
    L'ampleur des manifestations de dimanche semble avoir 
convaincu des élus du Parti du mouvement démocratique brésilien 
(PMDB), le principal allié du Parti des travailleurs (gauche) au 
pouvoir, de voter en faveur de la destitution de Dilma Rousseff, 
ont dit des sources du parti. 
    "La destitution est inévitable", a dit une de ces sources 
sous couvert d'anonymat. 
    Même si le PMDB traîne une réputation de versatilité et a 
depuis longtemps fait preuve de sa capacité à changer 
d'orientation pour se mettre dans le sens du vent politique 
dominant, le parti s'est récemment montré de plus en plus 
réticent de continuer à soutenir Dilma Rousseff. 
    Samedi, lors d'une convention du parti, le PMDB s'est donné 
30 jours pour prendre une décision définitive au sujet du 
maintien de ce soutien. 
 
 (Avec la contribution d'Anthony Boadle, Benoit Van Overstraeten 
pour le service français, édité par) 
 

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