Brésil-Discorde entre chambres du parlement sur le vote de destitution

le , mis à jour à 23:02
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 (Actualisé avec maintien du vote au Sénat) 
    par Maria Carolina Marcello et Leonardo Goy 
    BRASILIA, 9 mai (Reuters) - Le président par intérim de la 
Chambre des députés brésiliens a annoncé lundi avoir annulé le 
vote intervenu le 17 avril dans cette chambre sur la procédure 
de destitution engagée contre la présidente Dilma Rousseff, mais 
quelques heures plus tard, le Sénat a annoncé qu'il maintenait 
son propre vote sur cette question. 
    Le président du Sénat, Renan Calheiros, a dit rejeter la 
décision du président de la chambre basse et maintenir son 
scrutin, prévu cette semaine, pour décider si Dilma Rousseff 
doit ou non être renvoyée devant la justice.  
    Waldir Maranhao, président par intérim de la chambre des 
députés, a annulé le vote des députés en faisant état 
d'irrégularités lors du scrutin du 17 avril, au cours duquel les 
députés s'étaient majoritairement déclarés favorables à une 
destitution de la présidente, accusée d'avoir maquillé des 
comptes publics pour favoriser sa réélection en 2014. Maranho a 
appelé de ses voeux la tenue d'un nouveau vote sur la question. 
    Après décompte des voix, le 17 avril, 367 députés s'étaient 
prononcés favorablement à la motion qui devait être adoptée par 
au moins deux tiers des voix, soit 342 suffrages. 
    Alors vice-président de la chambre des députés, Waldir 
Maranhao, contrairement aux autres élus de son Parti 
progressiste (centre droit), avait voté le 17 avril contre une 
destitution de Dilma Rousseff. Il a succédé le 5 mai à titre 
intérimaire à la présidence de la chambre des députés à Eduardo 
Cunha, démis de ses fonctions par la Cour suprême pour 
corruption. 
    Implacable adversaire de Dilma Rousseff, Eduardo Cunha était 
celui-là même qui avait initié la procédure en destitution. 
     
    DÉCEPTION DES MARCHÉ FINANCIERS 
    Après le vote de la chambre des députés, le processus de 
mise en destitution a été transmis au Sénat, dont une commission 
a recommandé vendredi dernier le renvoi devant la justice de la 
présidente, pour infraction aux règles budgétaires. 
    Une parti d'opposition a demandé à la Cour suprême 
d'invalider la décision prise lundi par Waldir Maranhao, et le 
sénateur Aecio Neves, un des chefs de file de l'opposition battu 
par Rousseff à la présidentielle de 2014, a demandé au Sénat de 
s'en tenir à son projet de vote de cette semaine. 
    Dilma Rousseff a paru surprise d'apprendre l'annulation par 
Waldir Maranhao du vote des députés, annoncée alors qu'elle 
prononçait un discours au palais présidentiel. L'assistance a 
vivement acclamé la nouvelle, mais la présidente a préconisé la 
prudence. 
    "Un appel a été accepté et le processus est suspendu", 
a-t-elle dit à l'assistance. "Ce n'est pas officiel, et je n'en 
connais pas les conséquences, aussi restons prudents", 
a-t-recommandé. 
    La monnaie brésilienne a perdu jusqu'à 5% et les marchés 
financiers ont chuté à l'annonce de l'annulation du vote des 
députés, car cette décision éloigne la perspective d'avènement 
d'un gouvernement plus tourné vers le monde de la finance. 
    Le sénateur Humberto Costa, du Parti des travailleurs 
(gauche au pouvoir) a en revanche dit croire que la présidence 
Rousseff pouvait être sauvée. "C'est un premier pas vers une 
annulation définitive du processus de destitution", a-t-il 
estimé.        
 
 (Anthony Boadle; Pierre Sérisier et Eric Faye pour le service 
français) 
 
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