Brésil-Dilma Rousseff se dit victime d'un complot

le , mis à jour à 22:10
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 (Actualisé avec réaction de Rousseff) 
    par Maria Carolina Marcello et Lisandra Paraguassu 
    BRASILIA, 12 avril (Reuters) - La présidente brésilienne 
Dilma Rousseff se dit victime d'un complot fomenté notamment par 
le vice-président Michel Temer, au lendemain du vote d'une 
commission parlementaire en faveur de sa destitution.  
    "Ils conspirent désormais au grand jour pour déstabiliser 
une présidente légitimement élue", s'est-elle indignée mardi, 
évoquant un message audio que Michel Temer a adressé la veille 
aux membres de sa formation, le Parti du mouvement démocratique 
brésilien (PMDB), dans lequel il laisse entendre que cette 
destitution est acquise. 
    La commission parlementaire s'est prononcée par 38 voix pour 
et 27 contre. Ses membres issus du PMDB ont voté pour.  
    La formation a quitté le mois dernier la coalition 
gouvernementale, ce qui a considérablement fragilisé la 
présidente, soupçonnée d'avoir manipulé les comptes publics pour 
favoriser sa réélection en 2014. La procédure de destitution 
doit maintenant suivre son cours à la chambre basse, où le vote 
devrait avoir lieu ce week-end.  
    A condition que les deux tiers des députés se prononcent 
pour, ce sera ensuite au tour du Sénat, où la majorité simple 
suffit.  
    Si les sénateurs décident de renvoyer Dilma Rousseff devant 
la justice, elle sera immédiatement suspendue pour six mois et 
Michel Temer sera alors appelé à assurer l'intérim. 
     
    "LES CONSPIRATEURS DÉMASQUÉS" 
    Dans son message audio, qui aurait été adressé par erreur 
aux membres du PMDB via les réseaux sociaux avant le vote de la 
commission, le vice-président prône la formation d'un 
gouvernement d'union nationale pour surmonter la crise 
politique, comme si la présidente était déjà destituée.  
    "Les conspirateurs ont été démasqués", a poursuivi mardi 
l'intéressée, sans toutefois le citer nommément.  
    "Ils cherchent à renverser un président élu par 54 millions 
d'électeurs", a ajouté Dilma Rousseff, pour qui la procédure de 
destitution équivaut à un coup d'Etat. 
     A moins de 100 jours des Jeux olympiques d'été, le Brésil 
doit aussi faire face à une grave récession et à la vaste 
affaire de corruption autour de la compagnie pétrolière publique 
Petrobras. 
    Selon l'accusation, des dessous-de-table conséquents ont été 
versés pendant plusieurs années. Sont concernés, non seulement 
des membres du Parti des travailleurs, mais aussi, dans 
l'opposition, le président de la chambre des députés Eduardo 
Cunha qui mène l'enquête pour la destitution de la présidente. 
    Il est soupçonné d'avoir accepté des pots-de-vin dans 
l'affaire Petrobras. Le président du Sénat fait également 
l'objet de l'enquête. 
    Pour tenter de convaincre les députés de voter contre la 
destitution ou de s'abstenir dimanche prochain, le gouvernement 
leur propose les postes devenus vacants après la rupture avec le 
PMDB. 
 
 (Avec Brad Brooks à Brasilia et Pilar Olivares à Rio de 
Janeiro; Danielle Rouquié et Jean-Philippe Lefief pour le 
service français) 
 
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