Bresil-Débat musclé entre Rousseff et Neves avant le second tour

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par Anthony Boadle BRASILIA, 15 octobre (Reuters) - Dilma Rousseff et Aecio Neves se sont mutuellement accusés de mensonges, de corruption et de népotisme lors d'un débat télévisé musclé qu'aucun ne peut prétendre avoir remporté, à moins de deux semaines du second tour de la présidentielle brésilienne. La présidente sortante, chef de file de la gauche, a affirmé qu'une victoire de son adversaire centriste, favori des milieux d'affaires, aurait un effet néfaste sur l'emploi et mettrait en péril les avantages sociaux acquis depuis l'arrivée au pouvoir du Parti des travailleurs, il y a 12 ans. Neves l'a en retour accusée de mentir aux électeurs, par exemple lorsqu'elle prétend que certaines allocations seraient suspendues et les banques publiques privatisées s'il l'emporte le 26 octobre. Le sénateur a en outre parlé de financement occulte du Parti des travailleurs et de ses alliés au sein de la coalition gouvernementale par le biais de la compagnie pétrolière publique Petrobras. Rousseff a riposté en rappelant l'existence d'un aéroport que Neves, alors gouverneur de l'Etat de Minas Gerais, a fait construire à proximité de l'exploitation agricole d'un de ses oncles et lui a reproché d'avoir placé plusieurs de ses proches dans la fonction publique. COMBAT DE BOXE A la fin de chacune des séquences du débat, leurs conseillers se sont précipités autour d'eux comme des soigneurs pendant un combat de boxe. Sur la lancée de sa deuxième place surprise du 5 octobre, le candidat centriste, qui a devancé l'écologie Marina Silva, un temps favorite, progresse dans les intentions de vote au point de faire désormais jeu égal avec Dilma Rousseff. "Les Brésiliens ont très peur", a affirmé cette dernière, rappelant que le chômage touchait 11 millions de personnes en 2003, quant son parti est arrivé aux affaires. "La peur de la société brésilienne aujourd'hui, c'est que le Parti des travailleurs reste au pouvoir quatre années de plus", a rétorqué le candidat du changement. Sans nier les succès de la politique sociale menée par sa rivale et son prédécesseur Luis Inacio Lula da Silva, qui a sorti nombre de Brésiliens de la pauvreté, Aecio Neves leur a reproché la stagnation de la croissance et l'inflation galopante. Il a nié vouloir limiter le rôle d'institutions publiques telles que la Banque brésilienne de développement économique et social (BNDES), dont le portefeuille de prêts est presque trois fois supérieur à celui de la Banque mondiale, mais a prôné davantage de transparence. Un sondage Vox Populi publié lundi crédite Dilma Rousseff de 45% des intentions de vote, soit un point de plus que son rival, qui a reçu dimanche le soutien de Marina Silva. (Jean-Philippe Lefief pour le service français)

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  • M3182284 le mercredi 15 oct 2014 à 10:47

    Jeu de dupes. Les dictateurs n'ont plus à faire ces postures. La multitude ignorante doit choisir sur des sujets qui la dépassent celui/celle qui préserve l'intérêt de la génération qui vote, au détriment des futures=dette