Bratislava? Juste une jolie croisière sur le Danube, regrette Renzi

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    ROME, 18 septembre (Reuters) - Le sommet européen de 
vendredi à Bratislava n'était rien de plus qu'"une jolie 
croisière sur le Danube", a regretté dimanche le président du 
Conseil italien Matteo Renzi, accentuant ses critiques à 
l'encontre d'Angela Merkel dont il dit ne pas comprendre 
l'optimisme. 
    "Je ne sais pas à quoi Merkel fait allusion quand elle parle 
de l''esprit de Bratislava'", dit-il dans une interview publiée 
dimanche par le Corriere della Sera. "Si les choses continuent 
ainsi, au lieu de l'esprit de Bratislava, nous parlerons du 
fantôme de l'Europe." 
    Dès vendredi soir, Renzi s'était dit mécontent des 
conclusions du sommet européen de Bratislava, où il avait été 
tenu à l'écart de la conférence de presse commune donnée par 
Angela Merkel et François Hollande. 
    Le sommet censé préparer l'avenir de la construction 
européenne à l'heure du Brexit et de la montée des partis 
eurosceptiques n'a marqué, ajoutait-il, aucune avancée 
significative notamment sur le dossier de la crise migratoire où 
son pays est en première ligne.  
    "Dire que le document d'aujourd'hui est un pas en avant sur 
la question des migrants relèverait de l'imagination ou de 
l'acrobatie verbale", ajoutait-il. 
    Dans l'interview accordée au Corriere della Sera, il va plus 
loin. "Si nous devons passer l'après-midi à écrire des documents 
sans âme ni horizon, qu'ils le fassent eux-mêmes", dit-il de ses 
partenaires européens. 
    "A Bratislava, nous avons eu droit à une jolie croisière sur 
le Danube, mais j'espérais des réponses à la crise provoquée par 
le Brexit, et pas simplement un tour en bateau." 
    Il explique par ailleurs, en pleine préparation de son 
budget 2017, qu'il prévoit d'exclure des règles budgétaires 
européennes les dépenses consacrées à l'immigration et au 
renforcement des normes parasismiques des bâtiments. 
    Et, prévient-il, "pas question de négociations" avec la 
Commission européenne quand d'autres pays européens dépassent 
plus largement que l'Italie les règles limitant les déficits 
publics. 
    Au pouvoir depuis février 2014, Renzi jouera son avenir 
politique lors du référendum de cet automne sur la réforme 
constitutionnelle. La consultation n'a pas encore été fixée, 
mais devrait avoir lieu fin novembre, début décembre. Le 
président du Conseil s'est engagé à démissionner si les Italiens 
ne votent pas majoritairement en faveur de son projet 
institutionnel.   
 
 (Gavin Jones; Henri-Pierre André pour le service français) 
 
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